Le club des chasseurs de fantômes, tome 1 : Le navire des disparus de Paul Beorn

édition Rageot – 160 pages

Présentation de l’éditeur :

Sacha, son cousin Nicolas et Camille, une amie, se lancent à la recherche de Louisa, la petite sœur de Sacha, qui a été enlevée par des fantômes. Cette enquête leur fait découvrir les recoins les plus mystérieux de La Rochelle, où ils sont en vacances.

Mon avis :

Sacha et Louisa vivent des moments difficiles : ils ont été envoyés à La Rochelle parce que leur grand-mère est mourante. Je me suis cependant demandée pourquoi ? Leur oncle doit partir au chevet de sa mère (c’est normal) et sa femme n’a pas vraiment envie de s’occuper de ses neveu et nièce, pas plus que de son fils Nicolas, d’ailleurs, à qui elle raccrochera directement au nez quand il l’appellera, sans même lui demander le motif. Avec une mère et une tante pareille, qu’on ne cherche pas pourquoi des problèmes arrivent. Dure ? Non. Si l’on ne peut même pas appeler ses parents à l’aide en cas de gros problèmes, on appelle qui, je vous le demande un peu ?

Certes, cela sent un peu le prétexte narratif pour faire démarrer l’action, puisqu’à cause de la disparition de Louisa, Sacha se rend compte qu’il peut voir lui aussi des fantômes, et permettre à ceux qui l’entourent, son cousin Nicolas en tête, de les voir. Ils rencontrent également Camille, une adolescente dont le père, chasseur de fantôme, a disparu lui aussi.

Ai-je aimé le livre, lu en un peu plus de quarante minutes ? (Oui, je lis vite) Ce n’est pas si simple avec moi, vous vous en doutez. J’ai aimé certains passages, comme les évocations du passé de la ville de la Rochelle par Nicolas. J’ai été marqué, étant enfant, par le siège de la Rochelle par le cardinal de Richelieu – vu dans une adaptation des Trois mousquetaires d’Alexandre Dumas. J’ai aimé « voir » le cardinal, avec Nicolas, j’ai aimé aussi l’histoire de ce jeune mousse courageux, ou celle des époux Aufrédy, qui ont su aider, une fois redevenus riches, ceux qui les avaient aidés quand ils n’avaient plus rien. Le message est toujours valable de nos jours : qui regarde les SDF dans la rue ? Pas grand’monde.

Venons-en maintenant à ce que j’ai moins aimé – pour ne pas dire énervée : Camille et son père. Celui-ci préfère les morts aux vivants. Je veux bien que l’idée de faire un dernier adieu soit … et là, je bloque, l’adjectif me manque. Séduisante ? Agréable ? Cela ne convient pas. Je comprends le concept de vouloir dire tout ce que l’on n’a pas pu, ou pas réussi à dire du vivant de la personne, c’est tout de même un peu tard. Scio vitam esse brevem, comme on disait en cours de latin, alors disons ce que nous avons à dire maintenant, n’attendons pas. Et surtout, ce n’est pas parce qu’une personne est morte qu’il faut oublier les vivants qui nous entourent, cela peut causer de grosses catastrophes – je reste toujours méfiante face à ceux qui préfèrent le souvenir de leurs morts à la présence des vivants. Quant à Camille, elle m’a hérissée, c’est aussi simple que cela : dire « La ferme » p.89 à quelqu’un, même dans l’urgence, alors qu’un renseignement important allait être communiqué, c’est non seulement frustrant pour l’intrigue (je me doute tout de même que c’est fait exprès), mais aussi horripilant. « Tais-toi » est tout aussi rapide – et Camille de rester énervée, et Sacha de présenter ses excuses. Et je n’en présenterai à personne pour ne pas avoir apprécié.

Le second tome est dans ma PAL, je le lirai aussi, en espérant simplement que la part belle sera faite à Nicolas.

8 réflexions sur “Le club des chasseurs de fantômes, tome 1 : Le navire des disparus de Paul Beorn

  1. Au lieu de dire « la ferme » il faut dire comme la marionnette Malvira « Vous, ta gueule ! ».

    Attends, tu nous explique que lorsque tu étais enfant, tu as assisté au siège de la Rochelle par le cardinal de Richelieu ?? Tu es bien conservée, pour ton âge 😆 Non, non, ne nie pas.

    Une des filles de Michel Fugain avait dit qu’après le décès de sa soeur, elle n’avait plus existé tant ses parents étaient tournés vers la disparue. :/

    • Oui, c’est mieux.
      Oui, comme je le précise, dans l’adaptation des Trois mousquetaires – mais je serai bien en peine de citer précisément de quelle version il s’agit.
      Voir aussi sur ce sujet le livre qu’Annie Ernaux consacre à sa soeur aînée qu’elle n’a pas connu, et que ses parents ont gardé « pour eux ». Ils lui ont même dit que, si Ginette n’était pas morte, Annie ne serait jamais née.

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