Archive | 5 juin 2020

Lynwood Miller de Sandrine Roy

Présentation de l’éditeur :

Elle est jeune, belle et capable de déplacer des objets à distance et de guérir par l’impositions des mains. On cherche à la tuer. Il est beau, américain et coule une retraite paisible et prématurée dans les montagnes françaises. Lynwood Miller est un ancien des forces spéciales. Il veut la sauver. Ils se sont rencontrés dans des circonstances peu communes : deux malfrats avaient kidnappé la belle et projetaient de l’exécuter. Pas de chance, ils opéraient à deux pas de la bergerie de l’ancien soldat… Gravitent autour de ce duo, deux psychiatres allemands au passé chargé ; un jeune hacker un brin introverti partageant son temps entre balades en montagne et curieuses missions à travers le monde ; une brigade de policiers d’outre-Rhin ; un commissaire français débonnaire et un sacré nombre de gens bien décidés à faire disparaître définitivement l’héroïne.

Livre acquis lors de Polar’Osny.

Mon avis :

Passer sa retraite dans les montagnes françaises semble une bonne idée – d’un premier abord. Les habitants du lieu, en tout cas, se questionnent fortement sur l’acquéreur et le restaurateur de cette maison isolée. Parmi ceux qui se questionnent, nous trouvons Simon – il est hacker, et effectue parfois des missions qui lui permettent de bien vivre, tout en voyageant. Il a 37 ans, mais se comporte comme un adolescent attardé, alors que sa soeur Marie est divorcée et mère de famille, en étant à peine plus âgée que lui. Ah si, Simon est tout de même responsable d’un charmant chien nommé Maurice – mais il n’est pas question pour lui d’avoir une femme ou un enfant. Aussi, est-il intrigué par ce nouveau voisin, qui répond (ou pas) au nom de Lynwood Miller. Celui-ci a à peine le temps de découvrir les joies de la montagne, qu’il découvre une jeune femme torturée par deux hommes, qui l’avaient préalablement enlevé. Il est un ancien des forces spéciales : il les neutralise. Homme logique, il conduit la jeune femme, gravement blessée, à l’hôpital, et prévient la police : oui, il arrive parfois que les choses soient faites normalement.

Il apparaît cependant que pas grand chose n’est normal autour de cette jeune femme, Elisabeth dite Eli. Lynwood découvre peu à peu les pouvoirs qui sont les siens, un peu comme si une X-men s’invitait dans la vie de Chuck Norris – une X-men qui n’aurait pas le pouvoir de se guérir elle-même. Reste une énorme question : qui a bien pu vouloir l’enlever et la tuer ? Tout comme Simon, ado trentenaire, Eli a 27 ans mais ne connait pas grand chose de la vie, surprotégée qu’elle a été par ses parents. Elle ne connaît pas grand chose de sa vie non plus, et là, c’est peut-être le pire.

Lynwood Miller est un roman qui mèle les genres, entre policier et romance paranormal. Le mélange fonctionne et l’intrigue questionne aussi sur la résilience, la capacité qu’ont les parents à faire de leurs enfants des adultes responsables – ou pas. Quant à la résolution de l’enquête, elle rappelle un fait que beaucoup d’aspirants criminels oublient : on n’est jamais si bien servi que par soi-même, ou, si l’on renverse la tendance, il ne faut pas hésiter à se salir les mains – un criminel ne peut se permettre d’être délicat. Lynwood, le personnage, ne craint pas de tout faire pour protéger/délivre Eli. Quant au père de la jeune femme, il confond hélas respect de l’autre et volonté de ne pas bousculer ses propres habitudes : protéger l’autre, c’est aussi lui donner les moyens de se protéger soi-même et de prendre les bonnes décisions.

Une lecture agréable, qui nous questionne aussi sur ce que l’on veut transmettre ou pas aux siens.