Vents de carême de Leonardo Padura

Présentation de l’éditeur :

« Voila l’histoire : une prof de lycée, 24 ans, militante de la Jeunesse communiste, célibataire. On l’a tuée, asphyxiée avec une serviette. » Mario Conde écoute le commissaire d’un air las. Sale affaire. Pour la résoudre, il lui faut garder la tête froide. Ce qui est loin d’être facile quand son coeur s’enflamme pour une saxophoniste rousse qui va compliquer bien des choses …

Mon avis :

J’avais pourtant dit que je ne relirai pas de romans de Léonardo Padura avant un certain temps… et j’ai enchaîné le tome 2 des enquêtes de Mario Conde après le tome 1. J’avais déjà lu le 3, et je l’avais si peu apprécié que j’avais renoncé à le chroniquer. Quant au tome 4, je l’ai purement et simplement abandonné en cours de route, alors que j’étais dans un bus me menant à Rouen.

Ai-je aimé ? Non, pas vraiment. Ce roman comporte une certaine langueur, comme si Conde ne s’était toujours pas remis de sa précédente affaire, qui l’a vu enterrer certains rêves de jeunesse. L’affaire sur laquelle il est présentement sent très mauvais, et le vent du Carême tourne certaines têtes. Cela nous sera rappeler assez souvent que « l’affaire sent mauvais » et de mon côté, j’avais envie de dire « pas plus que cela », eu égard à un dénouement assez décevant, ne remuant pas autant de choses qu’il était prévu, ou du moins, que l’on pouvait s’y attendre au vue de la position de la jeune victime. Pensez donc ! Une réputation sans aucune tâche, un poste dans un établissement urbain, là même où Conde a étudié – relançant ainsi la nostalgie qui ne le quitte pas. Alors oui, la jeune femme n’est pas du tout celle qu’elle paraissait être, et elle montre assez les failles cubaines. Lissette était une professeure populaire ? Elle se conduisait en copine avec ses élèves, avec plus si affinités, n’hésitait pas à donner les sujets du contrôle à l’avance à ceux avec qui elle était le plus « proche », et n’hésitait pas non plus à être extrêmement proche de tout homme qui pourrait lui procurer des avantages. Une qualité ? Même pas. Ses parents étaient trop occupés pour s’occuper d’elle, sa mère n’éprouve pas de réel chagrin à sa mort, et continue à écrire des articles que je qualifie de « réactionnaires » – et à l’opposé du mode de vie de sa propre fille, qu’elle ne connaissait même pas, d’ailleurs. Son voisin, à qui l’âge n’a pas ôté son humour, dresse d’elle un portrait sans concession, et ne cache pas son absence totale d’émotion face à la mort de cette jeune femme qui se sentait très supérieure aux autres.

Les meilleurs moments sont, finalement, ceux qui ne sont pas liés à l’enquête : la vie et la mort des policiers en dehors du commissariat, les moments que Conde partage avec El Flaco et Josefina, sa mère, qui prend soin de lui comme s’il était son fils, la volonté de Conde d’être enfin heureux. Je n’oublie pas, aussi, les moments où il se retrouve au lycée, à la recherche, finalement, de sa jeunesse, du moment où lui et surtout El Flaco avaient encore des rêves, un avenir.

Un roman policier à lire pour tout ce qui n’est pas policier.

 

2 réflexions sur “Vents de carême de Leonardo Padura

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