Archive | 15 mai 2020

Souviens-toi de River Falls d’Alexis Aubenque

Présentation de l’éditeur :

Désormais séparé de sa compagne, Jessica Hurley, le shérif Mike Logan a du mal à cacher son mal-être. Son caractère bougon a repris le dessus, pour le grand désespoir de ses proches, en particulier de sa fidèle lieutenante Lindsay Wyatt, qui est prête à tout pour lui faire retrouver le sourire. Pour sa part, elle file le parfait amour avec le journaliste Stephen Callahan, avec qui elle vient d’emménager.
C’est dans ce contexte que le tournage d’un film, inspiré des hauts faits de Logan et Hurley, commence à River Falls. Ulcéré par ce choix, Logan n’a pas de mots assez durs contre les producteurs, qu’il accuse de vouloir faire de l’argent sur la tragédie des autres. En grand fan des acteurs principaux, Stephen Callahan est en revanche ravi de réaliser une série de reportages en plateau. Il fait équipe avec Marion, « l’enfant sauvage », qui l’a déjà secondé, quelques mois plus tôt.

Mon avis :

Ce sont des choses qui arrivent. J’avais choisi ce livre parce que j’ai quasiment lu tout ce qui se passe à River Falls, toutes les aventures, les enquêtes qui s’y sont déroulées, et que, pour moi, lire ce livre était la certitude de passer un bon moment, avant de me lancer dans la découverte de nouveaux auteurs post-confinement. Le moins que je puisse dire, c’est que je n’ai pas accroché, et que les causes sont multiples. D’abord, voir patauger le héros dans ses problèmes conjugaux n’est pas franchement agréable. Même l’amour heureux de Lindsay pour Stephen, qui a une bonne part d’ombres (et ce n’est rien de le dire) n’est pas non plus agréable, plutôt banal.

Et là, nous avons une mise en abîme, qui n’est pas sans rappeler (un peu) le commissaire Montalbano qui râle parce que Livia veut assister au tournage de la série Montalbano. En effet, un tournage a lieu à River Falls, fortement inspiré par ce qui s’est passé dans cette ville – et il s’en est passé, des événements. Bien sûr, ils optent pour un film d’horreur, et une approche « fidèle » des personnages. Je n’ai pas vraiment vu d’originalité dans ce choix, même pas quand la productrice est assassinée, ou qu’un autre crime survient. Oui, pas de surprise pour moi, même si les rebondissements sont bien là, mais assez attendus pour moi. J’ai plutôt eu l’impression qu’on plaquait l’actualité sur l’intrigue, sans vraiment l’intégrer : le mouvement metoo, les journalistes qui investiguent et piègent certaines personnes pour démontrer les violences qu’ils font subir aux femmes, la nécessité de rester dans le placard quand on est homosexuel, etc, etc… Oui, même si, pour ce dernier point, on se dit tout de même qu’à notre époque, cela paraît hautement improbable. Et bien : si. Du moins, dans ce roman.

Restent les personnages féminins, qui sont souvent d’une incommensurable naïveté, comme Tawny ou Marion – des midinettes dans toutes leurs splendeurs, à croire qu’elles n’ont jamais vécu à River Falls, centre de vacances pour tueur en série, ou qu’elles n’ont jamais eu à subir la moindre remarque ou le moindre geste déplacés de leur vie. Elles seraient bien les seules dans le roman.

Et s’il est un mot que j’utiliserai pour qualifier à la fin ce roman, c’est « immatériel » : nous avons un tueur qui tue (logique, c’est le tueur) sans que ses motivations, son mobile soit si important que cela. Il est cependant de belles pages dans ce roman : les deux dernières.