Archive | 2 mai 2020

Cassandra Darke de Posy Simmonds

Présentation de l’éditeur :

Cassandra Darke, Londonienne pur jus, vieille teigne misanthrope, mauvaise coucheuse en surcharge pondérale, n’est pas sans rappeler le célèbre Scrooge de Dickens. Elle ne pense qu’à elle-même et aux moyens de préserver le confort dont elle jouit dans sa maison de Chelsea à 8 millions de livres. La galerie d’art moderne de son défunt mari a été le théâtre de fraudes qui l’ont mise en délicatesse avec la justice et au ban de son milieu. Mais Cassandra s’accorde le pardon, au prétexte qu’«à côté de tous ces meurtriers récidivistes, on se sentirait presque comme Blanche-Neige». Ses fautes n’impliquent «ni violence, ni arme, ni cadavre». Hélas, dans son sous-sol, une ex-locataire, la jeune et naïve Nicki, a laissé une surprise qui pourrait bien s’accompagner de violence et d’au moins un cadavre…

Mon avis :

Encore une « lecture confinée ». Oui, je le note, parce que mon blog sert aussi à se souvenir de cette dimension si particulière. J’ai donc lu en ligne ce roman graphique grâce au site de la SNCF, et j’ai écrit la chronique dans la foulée, sans recul, volontairement.
Cassandra Darke est un être particulier. Directrice d’une galerie d’art depuis que son ex-mari est atteint de la maladie d’Alzheimer, elle a un peu fraudé, un peu beaucoup, et a été condamné – amende, prison. Elle ne voit pas ce qu’elle a fait comme quelque chose de grave – et moi non plus, sans doute parce que l’art contemporain ne m’intéresse pas vraiment. Elle a aussi donné un coup de main à Nicki, sa nièce, fille de son ex-mari (oui, Fred l’a quitté pour Margot, sa soeur). Celle-ci se veut artiste, performeuse si j’ose dire, dénonçant les violences faites aux femmes en « performant » devant les tableaux, s’attirant un commentaire bien senti de Cassandra – oui, pour le coup, je suis un peu du côté de Nicki, même si je me dis qu’effectivement, les gens peuvent voir les violences représentées sur les tableaux, et pas forcément celles qu’ils cotoient dans la vie de tous les jours.
La preuve ? Le cadavre d’une jeune femme, ou plutôt ce qu’il en reste, a été trouvé, et personne de la réclamer, personne de s’inquiéter – on saura pourquoi lors du dénouement, qui montre à quel point la violence ordinaire frappe les femmes. Oui, ordinaire, parce que tout au long de ce roman, on voit à quoi Nicki et ses copines, et Cassandra, par extension, peuvent se retrouver confronter. Etre une femme, c’est devoir prendre beaucoup plus de précautions si l’on souhaite sortir le soir, c’est devoir faire attention à qui l’on parle, à ce que l’on dit, ce que l’on accepte, parce que certains hommes ne comprendront pas qu’une femme a le droit de s’habiller, de se comporter, de parler comme elle veut, et que rien de tout cela ne signifie « oui ».
La fin peut-elle être qualifiée d’heureuse ? A chacun de juger.

Princesse Sakura, tome 1 de Arina Tanemura

Présentation de l’éditeur :

Cette aventure prend place dans l’ère Heian (794 – 1185). La princesse Sakura est une jeune fille orpheline vivant dans un palais retiré au fin fond de la montagne. Ayant perdu ses parents ainsi que son frère, elle est entretenue financièrement par le prince Ora auquel elle est fiancée depuis le berceau. Mais alors qu’elle va atteindre ses 14 ans, un messager du prince Ora vient la chercher pour la ramener à la capitale en vue du mariage promis. Chérissant sa liberté, Sakura refuse ce mariage forcé, et décide de fuir par une nuit de pleine lune. Pourtant, depuis son enfance, on lui a inculqué que jamais elle ne devait sortir les nuits de pleine lune car un mystérieux secret pèse sur sa naissance ! Un démon immortel apparaît alors devant elle dans l’intention de la tuer.

Mon avis :

Encore un manga que j’ai découvert grâce à l’opération Reste chez toi avec un manga, parce que je ne serai pas spontanément allée vers lui : les princesses, même combattantes, ce n’est pas trop mon genre littéraire. Sakura est une orpheline, elle a été élevée pour épouser le prince Ora, qu’elle ne connait pas puisqu’il n’a jamais trouvé le temps de venir la voir. Elle n’a donc pas très envie de l’épouser et l’envoyé du prince a plutôt l’impression de se trouver face à un ours plutôt qu’à une douce princesse – la vie d’émissaire est parfois fort compliquée. Surtout, Sakura doit respecter un interdit : ne pas sortir les nuits de pleine lune. Mais il est comme tous les interdits : on a fortement envie de le transgresser. Sakura apprend ainsi sa vraie nature, celle de sa mère par la même occasion.

Alors…. il y a des combats, des retournements de situation, une alliance inattendue. Mais je n’ai pas été transportée plus que cela par les développements de l’intrigue. Même si Sakura se rebelle, même si elle doit faire avec « sa vraie nature », le moment que j’ai préféré se situe au tout début du roman :

Je suis venu chercher la future épouse de mon maître, je ne m’attendais pas à un ours enragé. Comment suis-je sensé annoncer cela ?

Même quand Sakura combattra, même quand elle devra se confronter à sa vraie nature et surtout, à ses peurs, je n’ai pas vraiment été séduite, ni n’ai eu envie de savoir comment l’intrigue allait évoluer, ne serait-ce que parce que j’ai eu beaucoup de mal à m’attacher aux personnages, y compris aux proches de Sakura, celles qui sont prêtes à l’aider quoi qu’il arrive. Il est curieux pour moi de constater, en rédigeant cet avis, que je serai bien en peine de me souvenir de leurs caractéristiques, qu’ils soient physiques ou moraux, des actions qu’elles ont accompli ou pas, tout est resté dans un certain flou narratif pour moi, alors que les fans de cette catégorie de manga devraient sans doute comprendre mieux que moi les particularités de ce manga.