Archive | 25 avril 2020

Ris – police scientifique, saisons 7 et 8 (approximativement)

Bonjour à tous

Je n’ai pas fermé l’oeil de la nuit, ou presque pas, et du coup, je suis tombée sur la rediffusion de RIS – police scientifique, ou, si vous préférez, la version française des Experts (charisme en moins, forcément, même si, à mon avis, certains acteurs ont dû se demander ce qu’ils venaient faire dans cette galère).
Avantage de cette série, comme toute série policière française digne de ce nom : vous pouvez la regarder d’un seul oeil, l’écouter d’une seule oreille, non seulement vous comprendrez quand même, mais en plus, vous aurez plein de choses qui vous dérange – du moins moi, cela a été mon cas.

Première chose qui m’a dérangé, et cela tiendra une grande place : le rôle des femmes. Même si, au cours de la dernière saison, une femme prendra la tête du RIS, elle sera en talon aiguille, en robe, bras nu et somptueusement pomponnée, le RIS reste un monde d’homme. Je commence la joyeuse énumération :

– Julie, pour qui en ont pincé successivement plusieurs enquêteurs de la brigade, a été assassinée dans l’explosion de son appartement. Elle est la deuxième membre du RIS à mourir d’une explosion. Fatalité ? C’est comme vous voulez.

– le docteur Alessandra Joffin est enceinte. Primo, elle ne veut pas dire qui est le père de son enfant (en quoi cela intéresse quelqu’un, je vous le demande). Deuxièmement, elle prend très mal que l’on remette en cause ses compétences. Attention ! Ce n’est pas parce qu’un officier anglais critique tout ce qu’elle a fait qu’elle le prend mal, ce sont ses hormones qui parlent, donc il ne faut pas en tenir compte. Ou comment annuler les compétences d’une femme. Du coup, au tribunal, tiendra-t-on compte de son rapport d’autopsie ou dira-t-on : « on ne sait pas de quoi la victime est morte, problèmes d’hormone ? »

– Emilie Durringer se plaint de la manière de se comporter des hommes mais elle se comporte comme un homme – du moins, c’est un homme qui le lui dit. Primo, une femme a parfaitement le droit d’avoir une aventure d’un soir et ô surprise ! de très bien se porter après, d’en être même heureuse. Par contre, le commentaire du collègue, frustré au fond de ne pas avoir été ce coup d’un soir, c’est moche.

– les femmes policières ont forcément des liaisons avec leurs collègues, et s’en remettent moins bien que leurs collègues après rupture. Vous pouvez prendre n’importe quelle série policière, cette vérité scénaristique peut s’appliquer quasiment à toutes, du moment que la série, bien sûr, comporte un personnage féminin.
Prenons à cet égard le personnage de Marie, dont j’ai totalement oublié le grade, si ce n’est qu’elle est à la crim’, qu’elle a eu une liaison avec Maxime Vernon (comme la ville), l’actuel patron du RIS, qui l’a quitté quand « elle avait le plus besoin de lui » – note, lui venait de perdre son fils, et il « essayait de sauver son mariage » – je vous le dis tout de suite, cela a raté. Pour faire bonne mesure, elle s’est mariée, elle est très heureuse avec son architecte de mari, ils sont même en train de creuser une piscine. Pas de bol : le tueur en série qui avait fait sombrer Maxime Vernon trois ans plus tôt a la délicatesse de lui laisser un cadavre dans la poubelle devant chez lui. Je vous spoile un peu (si vous aviez décidé de regarder, tant pis) : Marie, trois ans plus tôt, a assassiné celui qu’elle suspecté (à juste titre) d’être le tueur en série. Pas de bol (bis) : il avait un amant, et l’amant est venu se venger. j’ai presque envie de dire « normal, quoi », et de me demander par quel mécanisme mental on en arrive à penser que :

– tuer quelqu’un dont on ne parvient pas à trouver suffisamment de preuves pour l’arrêter est normal. Je vous renvoie à cet égard à L’affaire de leur vie qui montre que des grands policiers n’ont pas toujours réussi à arrêter leur suspect, faute de preuve, faute de la prescription aussi. Ils ne sont pas devenus des assassins pour autant.

– être suffisamment sadique pour le torturer avant de tuer et ne pas éprouver de remords est normal. Ne surtout pas être suspectée aussi.

– continuer à vivre malgré tout avec mariage et projet bébé : c’est une femme. Et ce n’est même pas une bonne policière entre autre, puisque, en plus d’être largement sortie des clous, elle n’est pas capable de travailler en équipe.

Pour terminer, n’oublions pas que les filles des enquêteurs aussi sont tout à fait capables de se mettre dans des situations impossibles, la fille de Maxime Vernon ne fait pas exception, digne émule des filles de Julie Lescaut.

Peut-être d’autres défauts me reviendront, mais je crois que j’ai tout de même fait le tour.

Edit de 13 h 50 : en faisant réchauffer ma ratatouille dans le coaltar, je me suis souvenu que l’un des enquêteurs, ramenant une belle témoin chez elle (non, parce qu’elle aurait été moche, elle aurait pu y aller à pinces), se fait carjacké son véhicule avec toutes les preuves dedans. Je ne sais pas s’il faut lui donner le prix de flic le plus maladroit, surtout que son agresseur n’est pas très doué, ou le prix du scénario le plus débile. Je pense lui attribuer les deux, et écrire une petite chanson : « promenons-nous dans Paris, avec les preuves dans le coffre aussi. Si le voleur y est, il les trouvera, si le voleur n’y est pas, il ne les trouvera pas ».