Orange, tome 1 de Ichigo Takano

Présentation de l’éditeur :

Un matin, alors qu’elle se rend au lycée, Naho reçoit une drôle de lettre… une lettre du futur ! La jeune femme qu’elle est devenue dix ans plus tard, rongée par de nombreux remords, souhaite aider celle qu’elle était autrefois à ne pas faire les mêmes erreurs qu’elle. Aussi, elle a décrit, dans un long courrier, les évènements qui vont se dérouler dans la vie de Naho lors des prochains mois, lui indiquant même comment elle doit se comporter. Mais Naho, a bien du mal à y croire, à cette histoire… Et de toute façon, elle manque bien trop d’assurance en elle pour suivre certaines directives indiquées dans ce curieux courrier. Pour le moment, la seule chose dont elle est sûre, c’est que Kakeru, le nouvel élève de la classe, ne la laisse pas indifférent…

Mon avis ;

Attention ! Manga fortement émouvant, vous êtes prévenu.

En commençant à rédiger mon avis, je pense à cette question, qui était systématique de la part des journalistes quand ils interrogeaient une star d’âge mûr : si vous aviez la possibilité, est-ce que vous referiez tout ? Toutes ces artistes (oui, la question est souvent posée à des femmes) répondent alors d’un ton passionné : oui, tout. Pour ma part, il est des petites choses que je changerai – il vaut mieux vivre avec des remords qu’avec des regrets.

Or, Naho, seize ans, reçoit une lettre du futur. Elle a beau ne pas y croire au début, c’est pourtant bien la réalité : tout ce qui est écrit dans cette lettre s’accomplira au cours de la journée. Naho n’osera pas, cependant, obéir à son moi du futur, et commence déjà à se questionner sur les conséquences de ce qu’elle n’a pas osé faire. La clé est là. Naho n’ose pas. Elle a peur de déranger, peur d’avouer ses sentiments, peur de l’échec aussi. Pourtant, elle pense toujours aux autres avant de penser à elle-même, à leur bien être. S’immiscer dans leur vie, même pour les aider, même pour (se) faire plaisir, elle n’ose pas. Et les lettres qu’elle continue à recevoir de la Naho du futur lui montre l’étendue de ses regrets, qui l’étouffent littéralement. Au fur et à mesure de ce premier tome, nous comprendrons pourquoi le regret est si vif.

Alors, bien sûr, Naho peut se voir avec le recul du temps, se dire qu’elle aurait dû faire cela – mais sur l’instant, ce n’est pas facile, il faut du courage, il faut « y aller », oser – et j’ai beaucoup aimé le personnage de Suwa. Naho se rend compte, paradoxalement, qu’en croyant aider Kakeru, qu’en s’éclipsant parce que sa petite amie ne l’aimait pas, elle n’a pensé à ce que lui voulait vraiment. Cela m’a questionnée aussi sur ce qu’est une relation amoureuse toxique (à mes yeux). Non, il n’est pas normal qu’une petite amie refuse que son copain parle à une autre fille, non, il n’est pas normal qu’une camarade de classe n’ose pas parler à un garçon parce qu’il est en couple, et c’est bien qu’un des personnages (Suwa, donc) soulève la question.

Nous retrouvons aussi les personnages dans le présent (ou le futur, comme l’on veut) avec leurs rêves pas toujours réalisés, leurs regrets, aussi, encore. Ils sont confrontés à leur moi du passé, une lettre qu’ils avaient écrite et qui exprimait ce qu’ils désiraient devenir. Le jeu entre les deux espace/temps est vraiment réussi – mais tout, dans ce manga, est vraiment réussi.

Une saga que je poursuivrai après le confinement.

4 réflexions sur “Orange, tome 1 de Ichigo Takano

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