Archive | 21 avril 2020

L’art d’échouer d’Elizabeth Day

Présentation de l’éditeur :
Avec beaucoup d’humour et une courageuse sincérité, Elizabeth Day s’inspire de ses propres déboires personnels, mais aussi de son célèbre podcast How To Fail qui a vu défiler des célébrités telles que Phoebe Waller-Bridge, Alastair Campbell et David Nicholls, pour nous livrer un puissant manifeste aux accents féministes et s’élever contre les diktats de la perfection.
À l’heure des réseaux sociaux, difficile d’échapper à ce flux constant de photos de stars en bikini, de bébés joufflus et de plages paradisiaques. Si la vie ressemble vraiment à une série de hashtags tonitruants, #lovemyjob, #holidays, #bestmum, alors tant mieux ! Mais quand le travail pèse, que la charge mentale s’accumule, quand la tristesse et la colère s’installent, que le bébé tant attendu ne vient pas et qu’on est sur le point de signer les papiers du divorce, comment ne pas voir sa vie comme une succession de ratages ?
Ce sentiment d’échec, Elizabeth Day, brillante journaliste, l’a longtemps éprouvé. Jusqu’à ce qu’une rupture amoureuse dévastatrice la pousse à tout reconsidérer : et si échouer était en réalité une chance unique de se réinventer ?
Merci aux éditions Belfond et à Netgalley pour leur confiance.
Mon avis :
L’art d’échouer. Tout un programme. Des choses dont on ne parle pas, mais alors pas du tout, surtout pas dans notre société. Partout, l’on ne voit que réussite, quel que soit le niveau : ouvrez le moindre magazine, le moindre compte instagram, et vous verrez des réussites à tout point de vue, que ce soit la nouvelle recette de cuisine, votre mariage ou la naissance de bébé (forcément parfait lui aussi).
Alors oui, Elizabeth Day, dont j’avais déjà apprécié un des romans, dénote, détonne dans cette univers, quand elle crée un podcast où elle demande à ses invités de parler de ses échecs, où elle-même parle de ses échecs, dont le plus grand est sans doute le fait de ne pas avoir pu devenir mère. Oui, de nos jours où on nous dit en long, en large et en travers « un enfant quand je veux », on ne vous montre pas, ou très rarement, le protocole à suivre lors d’une fécondation in vitro, les échecs, et la fausse couche toujours possible – c’est ce qui est arrivée à l’autrice, qui ne cache pas les douleurs éprouvées (physique et morale).
Elle montre aussi que l’échec n’est pas une fin, mais peut être le point de départ d’autre chose. Elle montre aussi que l’échec est ce que l’on ressent soi, et qu’il ne faut pas laisser le regard des autres vous affecter. Plus facile à dire qu’à faire, et l’autrice a effectué un long parcours pour en arriver là.
L’art d’échouer est un livre féministe. Point. Je rappelle que le féminisme est le fait de vouloir les mêmes droits pour les hommes et les femmes. Or, Elizabeth Day nous montre à quel point les attentes envers les femmes, leurs obligations, leurs contraintes sont plus fortes que pour les hommes. Un homme a le droit d’échouer, une femme, nettement moins. Un homme peut attendre d’être prêt pour avoir un enfant, une femme n’a pas toute la vie devant elle. Un homme peut montrer sa colère, elle sera valoriser, une femme en colère sera une hystérique, il ne faut surtout pas qu’elle montre ce sentiment. Bref, une femme doit être dans le contrôle permanent, de son apparence, de ses sentiments, de sa carrière, de sa vie familiale et amoureuse. En prendre conscience, c’est aussi vouloir faire changer les choses – et montrer aussi qu’en dépit de décennies de combat féministes, il reste encore beaucoup à faire.
Je terminerai par deux citations :
Vivre en fonction de ce que les autres peuvent penser de nous, c’est céder le contrôle sur ce que nous sommes. C’est déléguer la perception de soi à des inconnus qui ne nous connaissent pas.
De même que la génération de ma mère s’est battue pour le droit de leurs filles à avoir une carrière, je me bats pour le droit de chaque femme à ne pas avoir d’enfants sans être jugée pour cela. Je me bats pour le droit d’être reconnue, valorisée et entendue, au lieu d’être traitée comme quelqu’un d’incomplet, qui passe à côté de quelque chose de fondamental.
En vérité, mon échec à avoir des bébés n’est pas un échec. La seule à échouer, c’est la société qui m’a donné le sentiment que je ne parvenais pas à remplir des critères imaginaires. Peut-être est-ce un échec de ma part d’avoir laissé cette opinion m’affecter. Mais pour ce qui est de la rencontre hasardeuse et extraordinaire entre le bon spermatozoïde et le bon ovule pile au bon moment de mon cycle biologique ? Nul ne peut m’en tenir pour responsable.

Fablehaven – tome 4 de Brandon Mull

édition Nathan – 540 pages

Présentation de l’éditeur :

Si la société de l’Etoile du Soir s’empare des artefacts cachés à travers le monde, elle plongera l’humanité dans le chaos. Les gardiens de Fablehaven, refuge de créatures magiques, doivent absolument l’en empêcher. Rendra a appris qu’un de ces objets est dissimulé clans une réserve australienne. Pour y accéder, il faut d’abord s’introduire à Wyrmroost, sanctuaire de dragons interdit aux humains. Accompagnés de leurs amis, Kendra et son frère Seth tentent alors l’impossible : pénétrer le temple des dragons, récupérer l’artefact… et rester en vie.

Mon avis :

Ce roman est resté dans ma PAL depuis quasiment sa parution. Pourtant, une première tentative de lecture avait été faite, et j’avais abandonné la lecture à la page cent, environ. Pour quelles raisons ? Je n’accrochais pas à la nouvelle péripétie, à savoir l’enlèvement de Kendra, et la manière dont ses kidnappeurs l’ont dissimulé. J’ai vécu nettement moins d’aventures dans ma vie que les personnages de cette saga de fantasy, et pourtant, j’aurai eu davantage de doutes quant à la disparition de Kendra, personnage qui a beaucoup trop d’importance aux yeux du Sphinx pour qu’il en fasse si peu de cas. Heureusement, ai-je envie de dire, il y a Seth, toujours prêt, quoi qu’il arrive.

Oui, Seth est mon personnage préféré, parce que, même s’il a commis quelques erreurs, quelques bêtises dans le passé, avec des conséquences qu’il paie encore aujourd’hui, il est toujours partant. Ne comptez surtout pas sur lui pour reculer, quelle que soit la mission qui lui est confiée. Même Kendra le reconnaît, et pourtant, elle sait à quel point son frère aime à flirter avec le danger et l’interdit. Les mots sont un peu forts pour un enfant si jeune ? Allons donc ! Vu tout ce qu’il a vécu, cela ne l’est pas.

Ce que j’aime, malgré tout, dans cette saga, est le fait que l’on n’est jamais tranquille. Le lecteur n’est pas sûr de retrouver tous les personnages vivants, ou simplement en bonne santé à la fin du livre. Il ne sait pas jusqu’où les personnages vont l’entraîner, quels nouveaux alliés ou ennemis ils vont rencontrer. A vrai dire, il ne sait pas non plus sur qui Kendra, Seth et les autres peuvent réellement compter : une trahison est toujours possible. Mention spéciale cependant pour un des dragons que nous rencontrerons au cours de cette aventure. Non, je ne vous dirai pas lequel, si ce n’est qu’il est bourré de complexes, pire qu’un ado humain.

J’espère lire le tome 5 bientôt….