Archive | 20 avril 2020

Tsunami mexicain (Captains outrageous) de Joe R. Lansdale

édition Folio policier – 400 pages

Présentation de l’éditeur :

Que faire quand on vous donne 100 000 dollars? Pour Hap Collins et Leonard Pine, la réponse est évidente : une croisière entre potes au Mexique. Très vite leur voyage prend une tournure inattendue lorsque le Sea Pleasure lève l’ancre en les oubliant à Playa del Carmen… Est-il utile de préciser que les ennuis n’ont que faire des frontières? Dans le golfe du Mexique comme au Texas, les méchants, les mafieux, les flics véreux et les bagarres sont au rendez-vous.

Mon avis :

Qu’il fait bon de retrouver de vieux amis ! Si, si, je vous assure, il est agréable de retrouver Hap et Leonard, et leur capacité à se retrouver dans des situations totalement inimaginables. Toute personne partant en croisière en revient – eux aussi, mais de manière très particulière, après moults bagarres, coups de machettes, et autres blessures qui furent soignées à la dure. Hap rencontra aussi une femme fatale, une femme qui se retrouve dans une position impossible, parce qu’elle ne savait pas trop ce qu’elle voulait faire dans la vie, parce qu’elle n’était pas allée au bout des choses qu’elle avait commencées, parce qu’elle a joué double jeu aussi. Oui, Leonard avait vu plus clair dans son jeu que Hap mais Leonard ne se laisse pas éblouir par les femmes, et si cela devait arriver, j’en serai la première catastrophée : Leonard est unique, qu’il conserve sa singularité et son humour.

Alors oui, Hap et Leonard  auraient espéré faire des pauses dans cette affaire, pour ne pas dire la laisser derrière eux, notamment quand ils sont revenus aux Etats-Unis. Hap s’est mis en ménage avec Brett, infirmière de son état qui ne mâche pas ce qu’elle a à dire, et Leonard est retourné avec John – jusqu’à ce que le Mexique vienne les rattraper. Ce n’est pas que les deux amis vont prendre leur temps, c’est plutôt qu’ils vont se faire aider, par Hanson, par Jim Bob, par tous ceux qui veulent que justice soit faite. Enfin… la justice, ce n’est pas vraiment possible, sauf à la rendre eux-mêmes. Ils se gardent bien de juger les autres, ce qui ne veut pas dire que le bien ou le mal les indiffère. Il est des personnes qui ont eu des raisons de faire tel ou tel métier, de choisir tel ou tel moyen pour gagner de l’argent, il est des compromissions, des petites lâchetés quotidiennes. Seulement, Hap n’est pas le genre à laisser faire, si laisser faire, c’est être d’accord, par omission, avec les abus que l’on voit. Il est d’autres choses avec lesquelles il n’est pas d’accord, et Leonard non plus, seulement, ils n’ont plus vraiment la main sur la dernière partie de ce roman noir – jusqu’à un certain point. Hap est partisan d’aller au plus simple, au plus sûr, tant que l’on obtient un résultat. D’autres veulent faire des coups d’éclats, veulent que tout se sache, or le corps même de l’intrigue prouve que parler, bavarder est tout le contraire d’agir – à croire que certains ne savent pas tirer les leçons de ce qu’ils ont vécu. D’autres ont la naïveté de préférer l’argent à … et bien à tout. Pour reprendre une formule bien connue, on n’emporte pas l’argent dans la tombe.

Tsunami mexicain est une intrigue mouvementée, sanglante, violente, où la corruption règne, où la justice ne sera rendue qu’au péril de la vie. Autant dire que nos deux héros ne sont pas rendus. Mais, au moins, ils ne savent pas encore que le prochain volet de leurs aventures leur fera rencontrer Vanilla Ride.

 

PS : et un avis de roman publié, un !