Archive | 16 avril 2020

Fatal fengshui de Nury Vittachi

Edition Philippe Picquier – 380 pages.

Présentation de l’éditeur :

Muni de sa boussole de maître de fengshui et de sa perspicace sagesse chinoise, C.F. Wong résout des énigmes criminelles aussi embrouillées qu’un bol de nouilles. Cette fois-ci, M. Pun, son principal employeur et mécène, a décidé d’offrir pour Noël une séance de fengshui gratuite aux membres de
son conseil d’administration international. Wong se retrouve donc avec une série de missions à accomplir, à Singapour, en Inde, Thaïlande, aux Philippines, en Australie. Seule ombre au tableau : il va aussi devoir emmener avec lui son écervelée de jeune assistante, Joyce McQuinnie… Elle aura pourtant son rôle à jouer, qu’il s’agisse de
retrouver des voitures de luxe qui se volatilisent, ou de démêler un attentat contre un informaticien de Hyderabad, revendiqué par plus de cent cinquante personnes…

Mon avis :

Misogyne, le maître du fengshui l’est complètement. C’est une composante assumée de sa personnalité, tellement assumée qu’il ne se questionne jamais sur ce sujet. Voici d’ailleurs ce qu’il pense des femmes et des adolescents en général, et de son assistante en particulier : Wong décida de laisser son assistante se débrouiller. Selon lui, les adolescents et les femmes étaient des créatures avec lesquelles les adultes masculins étaient dans l’impossibilité de dialoguer. D’ailleurs, son assistante, il ne l’a pas choisie, elle lui a été imposée par un gros, très gros client dont elle est la fille, et comble de catastrophe pour notre maître du feng shui, elle a décidé de rester, tant elle aime ce qu’elle fait ! Pauvre maître du fengshui  ! Il a une assistante qui, il faut bien le dire, est plus douée que lui pour comprendre l’être humain, ses travers, peut-être parce qu’elle est plus proche du réel que lui, ne serait-ce que par les éléments du langage. Oui, la langue peut être une barrière, quand on ne possède pour se faire comprendre que d’un guide la conversation déjà périmée. Le point positif est que les contresens du maître Wong sont des sources irrésistibles de quiproquo, le plus souvent résolu par Joyce – et tant pis si C.F. Wong ne comprend pas l’expression « c’est du gâteau ».

Au cours de ces neuf enquêtes, dont le fil conducteur est M. Pun, son principal employeur et mécène, Wong parcourra, avec Joyce, plusieurs pays d’Asie : l’Inde, la Thaïlande, les Philippines, et ne pourra que constater que la nature humaine est la même partout. Il devra aussi enquêter, sous peine de ne pas être payé – et même en enquêtant ou en trouvant le coupable, il ne sera pas vraiment sûr de recevoir ses honoraires. Un vrai scandale ! Il est vrai que faire arrêter son client n’est pas le meilleur moyen de rentrer dans ses frais. cependant, le maître trouve très souvent le moyen d’empocher quelques à côté – ce n’est pas de sa faute si certains veulent lui faire des cadeaux, ou lui permettent de rencontrer des personnes qui ont un besoin impérieux de faire analyser leur logement.

Ses neuf enquêtes sont suivies par un épilogue en guise de point final, qui nous montre les suites et les perspectives de ses enquêtes. Pas de chance pour le maître du fengshui.