Archive | 15 avril 2020

L’homme de la montage de Joyce Maynard

Présentation de l’éditeur :

Été 1979, Californie du Nord. Rachel, treize ans, et sa sœur Patty, onze ans, se préparent à passer leurs vacances à vagabonder dans la montagne comme d’habitude. Échappant à la surveillance d’une mère aimante mais neurasthénique depuis son divorce, et d’un père amoureux de toutes les femmes, le flamboyant inspecteur de police Torricelli, elles se cachent dans les arrière-cours pour regarder la télé par la fenêtre des voisins, inventent blagues et jeux à n’en plus finir, rêvant de l’inattendu qui pimenterait leur existence. Et l’inattendu arrive. Cauchemardesque, une succession de meurtres de jeunes femmes, tuées dans la montagne selon un même mode opératoire : la chasse à l’Étrangleur du crépuscule commence, menée par l’inspecteur Torricelli.

Mon avis :

Livre lu dans le cadre du challenge Un mot des titres organisé par Azylis.

Je l’ai donc lu avant le confinement, n’ai pas pris de notes, n’ai pas rédigé mon avis à l’avance, et donc, c’est un peu la galère pour écrire maintenant. Le problème est le peu de souvenir que m’a laissé ce livre. Peut-être en attendais-je trop, parce que l’on m’avait toujours dit beaucoup de bien de cette autrice.

Ce que je retiens ? En tant que professeur de français, c’est la narration rétrospective : Rachel, la narratrice, devenue adulte, devenue même romancière, nous raconte cette histoire, son histoire, celle de ce tueur en série que son père n’a pas réussi à arrêter, celle de ce tueur auxquelles elle et sa soeur sont sûres d’avoir échappé. Elle nous raconte aussi son enfance, dans ces montagnes justement, avec sa soeur, avec laquelle elle trouvait les moyens de vivre bien, malgré la pauvreté. Toutes deux se questionnaient sur les personnes qui vivaient dans leur quartier résidentiel, elles enquêtaient, à leur manière, comme pour suivre les traces de ce père qu’elles admiraient tant. Un portait d’une petite ville de Californie, de la médiatisation, déjà, des tueurs en série. Un rappel aussi de l’identité des victimes, qui sont trop souvent oublié au profite de celle du tueur.

Une scène du livre m’a profondément émue, mais je ne peux pas la raconter, ce serait spoiler.

Un rendez-vous littéraire manqué, en quelque sorte.

Moving Forward, tome 1 de Nanaji Nagamu

Présentation de l’éditeur :

Sourire pour quoi ? Sourire pour qui ?
Pour masquer ses blessures… ou exprimer sa joie ?
Kuko, jeune lycéenne, affiche toujours un sourire radieux ! Mais autour d’elle, personne ne semble soupçonner que derrière cette apparente bonne humeur se cache une profonde douleur. Ni son père. Ni Kiyo, son voisin métisse. Ni Ibuki, son amie d’enfance fan de shôjo mangas. Seul Outa, jeune étudiant en école d’art, réussit à lire en elle, au-delà des apparences. Car en réalité, depuis sa plus tendre enfance, Kuko souffre d’une absence : de celle d’une mère décédée lors du grand séisme de Kobé. Alors, pour exorciser tout son mal-être, la jeune fille aime tenir son blog photo, sur lequel elle poste « sa vision du monde », à travers le regard des animaux. Mais l’arrivée dans son quartier d’un garçon plus perspicace que les autres pourrait bien chambouler son quotidien…

Mon avis :

Manga lu pendant le confinement grâce aux éditions Akata et son opération Reste chez toi avec un manga (les éditions Glénat et Pika la font aussi).
Ce qui m’a attiré en premier, c’est la couverture, avec le chat dessus, mais aussi ce personnage féminin qui va de l’avant.
Tout d’abord, en lisant ce manga, j’ai aimé certaines pages, aux dessins absolument superbes.
Mais il n’y a pas que les dessins, il y a l’histoire aussi, celle de Kuko, qui sourit tout le temps, parce qu’elle pense qu’elle n’a pas le choix, que ce sourire, c’est elle, c’est sa personnalité, c’est ce qui fait que son père ne va craquer, lui qui, il me semble, boit un peu plus que raison depuis la mort de sa femme.
Dans ce coin de campagne, Kuko prend des photos, en se mettant à la place des animaux. Elle n’est pas la seule artiste, nous trouvons aussi un peintre insatisfaisant de son oeuvre et un saxophoniste, nouvel arrivant, qui n’apprécie pas la ville où il loge et qui bouscule le quotidien si bien huilé de Kuko : C’est plus simple d’être tel qu’on est, non ? lui dit-il.
Ce manga nous interroge sur qui l’on est, qui l’on veut être, quelle image on veut donner aux autres, même si le terme image n’est pas celui qui convient pour Kuko : elle pense qu’il est nécessaire qu’elle soit toujours forte, courageuse pour les autres. Et qui le sera pour elle ?
Une oeuvre dont j’ai très envie de découvrir la suite, après le confinement.