Archive | 11 avril 2020

Lisson grove d’Anne Perry

Présentation de l’éditeur :

Un vent révolutionnaire souffle sur Londres : certains groupes d’anarchistes semblent déterminés à faire trembler la Couronne, et ce malgré la vigilance de Thomas Pitt et celle de son supérieur à la Special Branch, Victor Narraway.
À Londres, Victor Narraway, victime d’un piège, est démis de ses fonctions.
N’écoutant que son courage, Charlotte décide de lui venir en aide et de l’accompagner à Dublin, où les rancunes contre les Anglais et le chef de la Special Branch en particulier sont extrêmement vivaces. de salles de théâtre en salons de thé, Charlotte va découvrir que la bonne société irlandaise de cette fin de XIXe siècle n’a rien à envier à l’Angleterre en matière de mensonges et de faux-semblants…

Mon avis :

A Londres, rien ne va ou presque. Thomas Pitt doit recevoir des informations importantes de la part d’un indicateur, au sujet d’un attentat anarchiste. Et là, c’est l’accident : leur informateur est assassiné. La poursuite de son assassin mèneront Pitt et Grover, son adjoint, jusqu’en France, à Saint-Malo pour être précise.
Et là, plus rien si j’ose dire, plus rien pendant un certain temps du côté de la petite Bretagne : nous retournons en Grande-Bretagne où Victor Narraway informe Charlotte de ce qui est arrivé à Thomas. Puis, tout s’accélère : Victor est mis à pied, il lui est interdit de retourner à la Special Branch, il est soupçonné ni plus ni moins d’être un traitre. Comme par hasard, l’un des seuls homme en qui il a confiance est loin. Pire : Thomas est privé de l’appui de Narraway,et ne sait absolument pas ce qui s’est passé en Angleterre. Oui, cela sent le pièce à plein nez. Qui a intérêt à neutraliser Narraway, et pourquoi ?
La première piste est à chercher dans le passé de Victor, passé qui, ont s’en doute, est particulièrement chargé, et pas toujours racontable pour cause de secrets d’état. Elle le mène, lui et Charlotte, en Irlande, nation qui réclamait à corps et à cri son indépendance, et qui était prêt à tout pour l’obtenir, y compris la violence. Non, Victor ne regrette pas ce qu’il a fait vingt ans plus tôt. Personne n’a oublié cependant, et tous lui en veulent encore, simplement certains ne le montrent pas ouvertement. Qui avait raison, qui avait tort à l’époque ? Le vrai coupable a-t-il été arrêté et condamné, ou certains faits auraient-ils été passé sous silence ? La logique de Victor a été celle d’un agent anglais qui voulait éviter le plus de morts possibles, et s’il a manipulé, il n’a pas été le seul à utiliser cette technique : ne regrette de l’avoir fait que ceux qui n’ont pas obtenu ce qu’ils voulaient. Pour ma part, j’affiche des regrets pour ceux que l’on nomme les « dommages collatéraux », à savoir les enfants, qui n’ont rien demandé et subissent quand même. Charlotte, elle, a pris soin avant de quitter Londres de confier ses enfants à des personnes en qui elle a confiance, ou dont une autre (la regrettée Gracie, désormais mariée) se porte garant. Tous les parents n’ont pas pensé à ce qu’il adviendrait de leur enfant s’ils décédaient, ce qui est possible quand on tente une action violente.
Et l’on finit par retrouver Thomas qui tourne en rond sur les ramparts de Saint-Malo. Il se questionne beaucoup. Il se questionne tellement qu’il a soudain une illumination, qui l’amène à rentrer en Angleterre, provoquant le chaos, découvrant la catastrophe : ce qui se passe en Angleterre, les causes du complot contre Narraway, sont bien plus complexes, les conséquences, plus graves.
Je pourrai terminer en vous disant que c’est un très bon roman historique. Je vous dirai plutôt que cela faisait bien longtemps que je n’avais lu un roman de la série Thomas et Charlotte Pitt.