Archive | 10 avril 2020

La colline aux coquelicots de Chizuru Takahashi

édition Delcourt – 312 pages

Présentation de l’éditeur :

Umi a seize ans et fréquente le lycée Kônan. Son père, marin, n’est pas rentré à la maison depuis que son bateau a disparu en mer. Umi croit encore qu’un jour, il reviendra, et c’est pour cela qu’elle garde impeccable la maison familiale sur la Colline aux Coquelicots. Souvent à l’étranger, sa mère photographe la laisse se débrouiller avec sa jeune sœur, son petit frère, et les étudiants à qui elle loue des chambres pour joindre les deux bouts. Malgré ce contexte familial déjà bien difficile, Umi doit de plus faire face aux bouleversements qui sont en train de naître au lycée. Entre révoltes et débats de société lancés par le club de journalisme, mais aussi et surtout sa vie sentimentale, comment Umi pourra-t-elle trouver son équilibre ?

Mon avis :

Ce manga est resté huit ans dans ma PAL – je crois que c’est un record. Pour quelles raisons ? Difficiles à dire, je l’ai acheté alors que mon projet de construction se concrétisait, j’ai ensuite déménagé dix-huit mois plus tard, la collègue avec laquelle j’échangeais autour des mangas a changé de voie professionnelle. J’ai cependant vu le film qui en a été tiré, j’en suis certaine.

Ce manga a été publié – au Japon – en 1980. Oui, il est le reflet d’une époque, ce n’est pas pour autant à prendre comme un défait. Umi est l’aînée d’une fratrie de trois enfants. Son père a disparu en mer, et pourtant, Umi veut que tout soit impeccable au cas où il rentrerait. A mes yeux, elle est la seule personne responsable au milieu de cette maisonnée. Son frère et sa soeur, plus jeunes, sont excusables. Sa mère, moins : elle est photographe, elle prépare une exposition, et ne sait pas du tout tenir le budget de la famille, je dirai même qu’elle dépense sans compter, sans se préoccuper de la manière dont l’argent rentre. La grand-mère ? Elle se plaint du régime auquel l’astreint sa petite-fille, pour cause de budget déficitaire. Elle préfère nettement la vodka au petit déjeuner – trois verres, merci. Un peu tôt pour commencer ? Peu importe). Le grand-père ? Il vit ailleurs. Il n’a pas accepté l’union de sa fille, il a donc préféré déménagé, et ce, depuis de longues années.

Umi continue à mener sa vie de lycéenne, dans un établissement relativement ouvert d’esprit. Pourtant, la révolte gronde, instrumentalisé par le club vie scolaire et par le journal du collège. En effet, les deux leaders de ses clubs, rivaux, font tout ce qu’ils peuvent pour faire parler d’eux, pour promouvoir leur club, leur journal, tant pis pour les risques pris, tant pis pour les autres aussi. Et pour quelles raisons ? Nous le découvrirons au fil du récit, Umi aussi, et si je ne peux dire « elle se vengera », elle saura du moins faire ce qu’elle a à faire, provoquer des interrogations – dans le bon sens du terme.

Alors oui, c’est un shojo, et oui, certains dessins m’ont fait penser à  la série Candy. Cependant, les sujets évoqués ne sont pas tous « jolis » – ceux évoqués dans Candy non plus. Umi souligne que ceux qui, dans son lycée, se révoltent contre le port de l’uniforme, alors qu’ils ont une uniformité de pensée, et sont incapables d’être autonomes. Le sort des enfants orphelins est des plus compliqués – peu ont la chance d’avoir quelqu’un qui décide de prendre soin d’eux. Il n’est pas forcément facile de gagner sa vie, et certains métiers flirtent dangereusement avec la légalité.

Un beau et tendre manga à découvrir.