Archive | 30 mars 2020

Le monde de Llena de Fabien Clavel

Présentation de l’éditeur :

Dans notre monde, un auteur entreprend l’écriture d’un roman de fantasy en s’inspirant de sa fille, Léna.
Dans ce roman, Le monde de Lléna, Fidnuit, un orphelin, est approché par des Dormants, des moines qui maîtrisent la magie du Dérêve. Ils lui ordonnent de rallier le Refuge de Lléna, leur déesse. Poursuivi par des créatures de cauchemar, Fidnuit s’enfonce dans une étrange forêt aux arbres inclinés…
Au même moment, la jeune Fadlune, perturbée par des rêves prémonitoires, apprend de l’uraus Timagro qu’elle aussi doit se rendre au Refuge de Lléna.
Bientôt, le déroulement du roman semble interférer avec la réalité et Léna est victime d’une étrange maladie qui la plonge dans un sommeil sans fin…

Merci à Netgalley et aux éditions Rageot pour leur confiance

Mon avis :

Etre écrivain, c’est tout sauf facile. Demandez à monsieur Clavel, marié, un enfant, qui n’a pas hésité à se mettre en scène dans son propre roman : que faire, comment réagir quand votre propre femme, qui n’a pas trouvé le temps de lire votre dernier roman, lit et surtout apprécie fortement le roman d’un certain Fabrice C*** ? Et bien, on peste, on râle, on continue à raconter des histoires le soir à sa petite fille de quatre ans, et surtout, à partir de ses histoires, on se met à écrire un roman de fantasy pure.

C’est ainsi que nous nous plongeons dans le monde de Lléna, qui doit son nom au prénom de la fille de l’écrivain. Nous découvrons un héros, Fidnuit, et une héroïne, Fadlune. Nous découvrons surtout comment l’auteur construit un univers, son univers, comment il bâtit l’intrigue, avec des passages obligés, qu’il traite de manière originale (la rencontre entre les deux héros). Il montre aussi les ingrédients qui font partie de tout bon roman de fantasy. Ces chapitres ne sont jamais invasifs, et créent, finalement, du suspens entre les pans du roman principal – comme si nous étions invités en cuisine avant que chaque plat ne nous soit servi, non sans que l’auteur cuisinier ne fasse preuve d’une bonne dose d’auto-dérision.

Le monde de Llena  emprunte à de nombreux classiques de la fantasy – j’ai pensé à Princess Bride avant qu’il ne soit cité, et même à Edward aux mains d’argent, bien que ce soit un film. Il montre comment les rêves, les cauchemars envahissent le monde, comment, aussi, il est important de garder l’espoir, et de ne pas se laisser dévorer par son ambition. Surtout, rien n’est figé puisque l’auteur joue avec les attentes du lecteur, en le surprenant à chaque fois.

Le monde de Llena est un livre très réussi : j’espère qu’il trouvera un large public en dépit d’une date de sortie compliquée.

Et surtout, surtout : n’oubliez pas les dragons.