Archive | 26 mars 2020

Madame B de Sandrine Destombes

Présentation de l’éditeur :

Mon avis :

« Allo ? Oui, j’ai un petit souci, j’ai un cadavre dans mon salon. Il est en train de saloper totalement mon canapé neuf ! Je peux compter sur vous, merci ! »

C’est à peu près les phrases que l’on pourrait dire à madame B.
Madame B, c’est Blanche Barjac. Elle a 39 ans, et, en matière d’orientation professionnelle, elle a choisi un métier pour le moins rare : nettoyeuse de scène de crime. Attention ! elle n’est pas aux services de la police, elle travaille pour des particuliers, des gens très bien renseignés, qui ont eux aussi choisi des métiers assez parallèles à ceux que l’on propose d’habitude dans les forums des métiers. Comment a-t-elle eu l’idée d’excercer son métier ? C’est son beau-père qui lui a mis le pied à l’étrier. Mieux : c’est lui qui a pris soin d’elle depuis le suicide de sa mère, suicide causée par la crainte de ne plus pouvoir faire face à la maladie mentale qui gagnait du terrain. Oui, c’est tragique, et je ne peux m’empêcher de penser qu’un beau-père nettoyeur n’est pas forcément une garantie contre cette maladie, apparemment héréditaire. Je dis « apparemment » parce que les zones d’ombre sont déjà là, pour moi : il prend soin d’elle mais la crainte du diagnostique fait qu’elle ne consulte pas.
Et les embêtements commencent. Un maître chanteur est bien décidé à ruiner sa réputation, à la faire douter encore plus de sa santé mentale et, qui sait ? de l’envoyer en prison. Elle a beau puiser dans son carnet d’adresse bien fourni de personnes qui ont un service à lui rendre – c’est bien de tenir ses archives à jour – il n’est pas facile de démêler le vrai du faux, l’aide du coup de pied en douce. Blanche s’aperçoit finalement qu’elle n’en sait pas tant que cela sur ceux qui l’entourent. Ne pas en savoir trop sur les affaires dont elle s’est occupée était un choix de sa part – choix qu’elle regrette presque, au fur et à mesure du déroulement de son enquête.
Oui, ce livre est prenant, parce que nous avons une héroïne terriblement solitaire, qui s’est construit son monde sans jamais le remettre en cause, un monde, finalement, dépeuplé. Il est difficile de vivre en ne se préoccupant pas des autres. Il n’est pas aussi simple de vivre en accordant de l’importance qu’à une seule et unique personne. Regarder en face ce que l’on a fait, ce que l’on a causé, c’est ce que Blanche fera dans ce livre.
Madame B – un roman prenant.