Archive | 15 mars 2020

Tout est bon dans l’boulon de Cicéron Angledroit

édition Palémon – 254 pages

Présentation de l’éditeur :

Un industriel qui pète un boulon, ça peut arriver… Mais quand c’est le roi du boulon, à qui tout a réussi, qui se tire une balle dans la tête – comme ça, pour rigoler, pour voir ce que ça fait – c’est plus difficile à avaler.
La police a classé l’affaire puisque le bonhomme a revendiqué son geste dans une lettre voyageuse. Sauf que personne n’y croit.
Alors, automatiquement, je me retrouve le nez dans ce merdier qui va me balader de Roseraie en Golf et de surprise en surprise. tout en supportant la gastro de René et l’infarctus de Saint-Antoine. Manquerait plus que Momo perde l’autre bras.
Devenez actionnaire, lisez ce bouquin industriel qui vous donnera envie de vous mettre au vélo.
On retroussera ses manches et on y va !

Mon avis :

Les personnes pour qui toute lecture se doit d’être sérieuse, passez votre chemin, merci. Ce livre a un double défaut à vos yeux, non seulement c’est un roman policier, mais en plus, il est drôle.
Pourtant, cela commençait mal, très mal : le commissaire Saint-Antoine a dû subir une opération du coeur. Il a survécu, il a vécu deux moins de convalescence, et a pu reprendre son poste mais en son absence, narrée en une très belle ellipse (et oui, pas de récit sans Saint-Antoine pour Cicéron Angledroit). Mais, en son absence, son remplaçant s’est contenté du minimum. Le suicide d’un industriel ? Eh bien, c’est un suicide, ce n’est pas la peine d’aller enquêter plus loin, surtout si celui-ci a laissé derrière lui une lettre expliquant son geste. Tant pis si les circonstances dans lesquelles la lettre a été retrouvée sont un peu nébuleuse. Tant pis si les deux enfants ne sont pas d’accord – leur père n’avait aucune raison de mettre fin à ses jours. Tant pis si le commissaire, qui le connaissait depuis l’enfance, ne le croit pas non plus. J’entends les psys à deux balles qui hantent les réseaux sociaux et la réalité, ceux qui s’auto-proclament connaisseurs de l’âme humaine parce qu’ils ont lu deux/trois bouquins de développement personnel et pas mal de téléfilms de TF1 (parfait si vous voulez vous abrutir un bon coup ou rigolez, cela dépend de votre état d’esprit) : un suicide, c’est imprévisible. Justement : quand on annonce son suicide trois semaines à l’avance, c’est plus que douteux, et la théorie selon laquelle on est parfaitement heureux et l’on souhaite, du coup, mourir, je n’y adhère pas vraiment.
Le commissaire ne peut pas vraiment rouvrir l’enquête comme ça, ce serait compliqué. je vous laisse deviner à qui il fait appel, tout essayant d’être le plus discret possible dans ses démarches. Il est tant de choses que son remplaçant aurait dû faire : vérifier que l’arme du suicidé était bien celle qui avait tiré, par exemple, faire une analyse poussée de la lettre de suicide, interroger les proches, et pas seulement les enfants, rapidement. Ils sont d’ailleurs sympathiques, ces deux enfants largement adultes : leur père leur a cédé les rennes de la société, n’est pas sur leur dos pour leur demander des comptes, et vit sa passion pour le vélo sans les ennuyer. Il a quelques secrets – qui n’en a pas ? Et Cicéron de regretter de ne pas l’avoir connu : il aurait pu lui donner des conseils pour gérer sa vie privée ! Si vous ne connaissez pas le détective, vous saurez qu’il jongle entre plusieurs obligations personnelles, et que, si son agenda professionnel est un peu vide, son agenda personnel, s’il en tenait un à jour, serait extrêmement rempli !

Un moment de lecture policière très agréable. Que faut-il de plus ?