Archive | 11 mars 2020

Santa Muerte de Gabino Iglesias

Présentation de l’éditeur :

Santa Muerte, protegeme…
Austin, Texas. Tu t’appelles Fernando, et tu es mexicain. Immigré clandestin. Profession ? Dealer. Un beau jour… Non, oublie « beau ». Un jour, donc, tu es enlevé par les membres d’un gang méchamment tatoué qui ont aussi capturé ton pote Nestor. Pas ton meilleur souvenir, ça : tu dois les regarder le torturer et lui trancher la tête. Le message est clair. Ici, c’est chez eux.
Fernando croit en Dieu, et en plein d’autres trucs. Fernando jure en espagnol, et il a soif de vengeance. Avec l’aide d’une prêtresse Santeria, d’un chanteur porto-ricain cinglé et d’un tueur à gages russe, il se résout à déchaîner l’enfer.
Écartelé entre deux pays, deux cultures, deux traditions, Fernando est un héros des temps modernes. Quand toutes les frontières se brouillent, géographiques, morales, spirituelles, seul un nouveau genre littéraire peut dessiner le paysage.

Mon avis :

Court et percutant, à l’image de ses titres de chapitres qui nous annoncent le menu.

Santa Muerte, c’est d’abord le rapport entre Fernando et sa religion, la Santeria. J’ai été à la fois fascinée et horrifiée par le rapport que Fernando entretient avec sa religion. A une époque où l’on ne jure que par le matérialisme, j’ai trouvé intéressant ce jeune homme qui voue un culte sincère à la Santa Muerte, se réconforte en la priant, lui qui sait qu’il ne pourra jamais retourner dans son pays natal. Être immigré clandestin est une chose, avoir dû quitter son pays en catastrophe en est une autre. Oui, j’ai été émue par sa foi, par la neuvaine qu’il commence à réciter, par le lien très fort qui l’unit à Consuelo, la prêtresse de la Santeria, qui est une mère pour lui, avec laquelle il est indéfectiblement lié, bien au-delà de ce que l’on pourrait penser. J’ai presque envie d’ajouter : il suffit d’y croire.

Fernando menait une vie des plus ordinaires, finalement, cumulant deux métiers, dont celui de vendeur de drogue – ce sont des choses qui arrivent, dans l’économie souterraine. Il effectuait son travail en respectant les règles, il n’avait pas de soucis particuliers, jusqu’au jour où d’autres trafiquants décidèrent de récupérer le territoire de son chef Guillermo. Non, ne cherchez pas des négociations commerciales polies. C’est violent, c’est cruel, c’est le monde dans lequel Fernando se retrouve plongé, et il n’était pas vraiment préparé – même s’il en a vu d’autres.

Dans ce tourbillon de violence et de sang, Fernando se livre ensuite à sa vengeance, que personne ne pourra arrêter. Un échec ne l’arrête pas non plus, il s’obstine, il continue, telle une machine de guerre lancée à plein régime, dans un univers où tout, même le pire, peut survenir. Il peut compter sur lui, il peut compter sur la Santa Muerte, il peut compter aussi sur des tueurs prêts à surmonter tous les défis, à affronter toutes les horreurs – ou pas d’ailleurs. Il faut être fou, comme beaucoup d’autres, pour aller au bout, pour être fidèle, pour continuer quand même – après.

Merci aux éditions Sonatine et au PicaboRiverClub pour ce partenariat.