Archive | 25 février 2020

Trouille Académie – La Boîte maléfique par Bertrand Puard

édition Poulpe fictions – 168 pages.

Présentation de l’éditeur :

Dans une vieille malle du grenier, Emma trouve une drôle de poupée dans un coffret ouvragé. Que fait-elle là ? Et surtout, pourquoi lui ressemble-t-elle tant ? Intrigué, la jeune fille la rapporte dans sa chambre. Mais bientôt une voix sinistre s’insinue dans ses pensées et une ombre menaçante pèse sur ses proches… Convaincue d’avoir affaire à un jouet maléfique, Emma saura-t-elle se libérer de son emprise ?

Merci à Netgalley et aux éditions Poulpe fictions pour ce partenariat.

Mon avis :

Je dois dire que c’est la première fois que je ne suis pas totalement séduite par un livre édité par Poulpe fictions – et pourtant, j’en ai lu, des livres publiés par cette maison d’édition.
Pourquoi donc ? Tout avait pourtant bien commencé. Ce livre d’horreur pour enfants (non, je n’ai pas inventé cette catégorie) revisitait pourtant des thèmes classiques : la poupée maléfique, la fête foraine hantée (ou pas). Il était à la fois ancré dans le réel et intemporel : Emma est la descendante de riches industriels, qui, grâce à leur usine, font vivre toute la commune, et ont ainsi le droit de faire ce qu’ils veulent ou presque. Note perso : et aussi le droit, pour les habitants, de ne pas envisager une autre orientation professionnelle que travailler dans cette usine. Aussi, Emma ne fréquente pas le collège de la ville – pas question de se mêler au petit peuple (oui, encore une tranche de réel), ses amies non plus – vive les cours à domicile, qui, en plus, permettent à Emma de prendre des cours de golf, sport dans lequel son père entend bien la voir exceller. J’ajoute que presque tout le monde se montre très obséquieux avec ce bon monsieur Salpêtre, et que son personnage m’a rappelé celui de Guillaume Daubray-Lacaze, joué par Louis de Funès dans la Zizanie, ce patron à qui personne ne peut rien refuser.
Puis, j’ai un peu décroché, parce que, justement, je me sentais un peu hors de notre temps., Le fantastique a fait irruption aussi, entraînant quelques catastrophes, dont les blessures du boulanger ou du professeur de golf, deux personnages qui n’ont rien fait de mal. Et c’est justement ce qui me dérange, c’est que toutes les personnes blessées à cause de la magie mise en oeuvre dans l’histoire n’ont rien à voir avec le mal initial qui a été fait, qui était grand, et qui a encore de lourdes conséquences au moment du récit. Emma, après avoir subi bien des épreuves (et remercions au passage papa qui l’a bien préparée sans le lui dire explicitement), posera d’ailleurs directement la question : « Pourquoi m’avoir jeté un sort avec cette poupée, à moi qui ne vous ai rien fait ? » J’ai toujours du mal avec cette thématique de l’innocent sur lequel la personne, qui a des reproches légitimes à adresser à son père, se venge pour faire souffrir le responsable de ses malheurs. Quant à la réponse « tu sortiras grandie, tu verras« , c’est tout de même un peu facile. Oui, les épreuves font grandir, c’est ce que les adultes répètent aux enfants depuis des générations. Certes. Cependant, la vie est assez chargée d’épreuves sans qu’on en rajoute.
Reste, heureusement, Claude Dieuleveut (je ne peux pas m’empêcher de penser à Philippe quand j’entends ce nom de famille), professeur de la Trouille Académie, et les précieux adjuvants qu’il envoie pour soutenir Emma, j’ai nommé Mina et Mariana.

Trouille académie : l’école de toutes les peurs de Bertrand Puard

Présentation de l’éditeur :

Il se passe des choses étranges au collège de Victor et Leïla : des voix dans les murs, des créatures terrifiantes qui rôdent dans les couloirs une fois la nuit tombée… Et ce n’est pas tout : un garçon que personne ne connaît est apparu sur leur photo de classe ! Décidés à découvrir ce qui se trame, les deux amis vont devoir affronter leurs plus grandes peurs !

Merci à Poulpe fictions (j’adore le poulpe) et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

Je vais me faire une joie de partager ce titre avec mes élèves. Si, si. Premier tome d’une série, la trouille académie ouvre ses portes, et si les enseignants sont aussi perchés que ceux d’autres académies très célèbres (et que mes élèves actuels sont trop jeunes pour avoir connu), ils ont un objectif plus louable : Il ne faut jamais accepter d’avoir peur et toujours se rebeller ! Contre toutes les situations injustes, et surtout contre ceux qui nous les font subir….
Oui, il ne s’agit pas ici de lister des phobies, mais de prendre le taureau par les cornes, et se rebeller. Note perso : nous vivons dans une société qui a peur, nous vivons avec des gens qui veulent nous terroriser et nous forcer à vivre autrement. IL est bon de commencer tôt à parler de surmonter ses peurs que je qualifierai de « sociale ». Peurs et lutte contre cette peur qui évolue en même temps que notre société.
En effet, comment en est-on arrivé là ? Nous commencions par une histoire des plus ordinaires : une rentrée en sixième, une photo de classe, et un élève mystérieux qui est en photo dessus. Comment est-il arrivé là ? Et surtout, comment a-t-il fait disparaître l’élève dont il a pris la place ? Certes, cet élève est fort peu sympathique, lui qui a une forte tendance à s’en prendre à son souffre douleur attitré, ce n’est pas une raison pour le faire disparaître de la photo – ne le faire disparaître tout court, ce qui ne manque pas de survenir.
Victor et Leïla vont donc mener l’enquête. Ils sont tous les deux issus d’une famille décomposée : Leïla est élevée par un père seul, Victor aussi, sa mère ayant fondé une nouvelle famille « ailleurs ». N’allez pas croire cependant que leurs pères soient laxistes : Odin, le père de Victor, impose des règles pleines de bons sens (un cas rare pour un magicien professionnel) et entend bien faire respecter ses règles ! Comme dans les bons vieux romans pour la jeunesse, Victor et Leïla doivent donc trouver des parades quand ils veulent enquêter en dehors des heures ouvrées.
Ce qu’ils découvrent ? Il faut d’abord se plonger dans le passé, une époque où, quand on était différent, pas assez costaud, pas assez dans les normes, on était harcelé, avec la bénédiction de la plupart des professeurs, et même de ses parents. Oui, c’est possible, et si j’ose croire que les temps ont changé, j’espère fortement avoir raison. Victor et Leïla découvriront bien d’autres choses, qui permettront à cette histoire – à ces histoires – de se terminer, pas forcément de la façon dont on aurait pu le penser. Malgré le passé, il est important de penser que l’on peut changer, et surtout, faire changer les comportements d’autrui.