Archive | 2 février 2020

Souffler n’est pas jouer de Michel Boujut

édition Rivages/noir – 152 pages

Présentation de l’éditeur :

Eté 1934. Après une tournée harassante, Louis Armstrong coule des jours tranquilles à Bougival avec sa smala, dans une villa mise à sa disposition par la pétulante Bricktop, reine des nuits de Pigalle. Le géant du jazz vient de couper les ponts avec son imprésario mafieux qui ne l’entend pas de cette oreille et lance à ses trousses deux malfrats newyorkais, Lepinski et Di Maggio. A peine débarqués au Havre, ceux-ci ne vont pas tarder à semer les cadavres derrière eux, au fil d’une grande vadrouille qui les mènera de Paris aux rives du Léman.

Mon avis :

Je n’aime pas rédiger des avis en forme de constat d’échec. Et pourtant…. J’ai lu ce livre d’une traite, entourée par Annunziata, Rossignol et Duchesse, et là, c’est un point très positif. En revanche, le fait que je n’ai pas apprécié ce livre n’en est pas un.

Oui, nous sommes en France, oui, nous nous promenons entre Le Havre et Bougival, et quelques villages aussi. Des noms, mais pas tant de ressenti que cela qui permettent de reconnaître véritablement les villes où se passe l’action : on y passe sans s’y arrêter, sans voir véritablement leurs spécificités. Un roman très court, mais beaucoup de meurtres « pour rien », gratuits comme l’on dit – mais la mort, la violence sont-elles aussi gratuites que certains veulent bien le laisser entendre ? Alors oui, l’on peut se concentrer sur le parcours des deux tueurs opportunistes, qui ne voient dans la mort qu’un moyen de se débarrasser d’un ou de plusieurs problèmes, après avoir cédé à leurs pulsions ou avoir dégagé la route pour leur étape suivante. On ne pense pas assez à ceux qu’ils laissent derrière eux, qui ne sont que brièvement évoqués. Un peu comme leur patron qui cède lui aussi, de son côté, à la tentation du meurtre – non, parce que Louis Armstrong, il suffisait simplement de l’intimider, au départ, pas de semer des cadavres sans rapport avec lui. Armstrong : je l’avais presque oublié à la lecture ! Il faut dire qu’il joue peu, le pauvre, il est souffrant, mais bien accompagné par un garde du corps efficace et dévoué, sans oublier un petit chien charmant.

Nous verrons dans ce roman beaucoup de figurants célèbres, telle Joséphine Baker (celle que l’on verra le plus) ou Robert Desnos. Hélas, ce ne sont que des figurants, et même le jazz passe souvent à l’arrière-plan, a contrario de la vie sentimentale agitée d’Armstrong.
Bref, si vous souhaitez découvrir un roman qui parle de jazz, préférez plutôt un autre roman.