Archive | 23 janvier 2020

Elite – Au fond de la classe par Abril Zamora

Présentation de l’éditeur :

Paula souffre parce qu’elle ne peut parler à personne de son amour impossible.  Janine garde un lourd secret qui la mettrait en danger si elle le révélait.  Gorka,  son ami obsédé par le sexe, tombe amoureux de la personne qu’il ne faut pas et Mario, le redoublant habitué à harceler les autres, se retrouve pour la première fois victime de chantage. María Elena que tout le monde à Las Encinas surnomme Melena, la Mèche, parce qu’elle a perdu ses cheveux suite à des problèmes émotionnels, porte une triste histoire de famille, derrière sa façade glamour et pleine de fric. Tous ont de sérieux problèmes à affronter, mais à la fin de l’année scolaire,  lors de la fête du lycée, un drame survient… Marina est trouvée morte au bord de la piscine et l’inspectrice en charge de l’enquête reçoit un mystérieux journal  intime, bourré de phrases haineuses à propos de l’adolescente assassinée. Quelqu’un la détestait et tout indique que l’auteur de ce journal était dans la même  classe que la victime. Les cinq protagonistes, Melena, Janine, Mario, Paula et Gorka, se verront mêlés d’une manière ou d’une autre à l’affaire. L’auteur du journal a-t-il quelque chose à voir avec le crime ? Qui a anonymement apporté ce cahier rose à la police ? Pourquoi l’auteur détestait-il tant Marina ? Comment les choses en sont-elles arrivées là ? Pour assembler les pièces du  puzzle, il va falloir remonter au tout début de l’année scolaire.*

Merci à Netgalley et aux éditions Hachette pour ce partenariat.

Mon avis : 

Bienvenue. Bienvenue en Espagne dans le monde des adolescents privilégiés, qui ne manquent quasiment de rien. Mario, le beau gosse redoublant, a un ego surdimensionné par la faute de sa famille, qui lui a tout passé. Janine n’a pas vraiment de soucis, si ce n’est que sa famille, aimante, fait partie des nouveaux riches, et que Janine ne porte pas du 32 – la littérature espagnole est remplie de ses filles stigmatisées parce qu’elles ne sont pas anorexiques. Ménéla, Paula, Gorka, presque tous cachent un secret, et sont en tout cas tous mal dans leur peau. Nous les découvrons presque à rebours, après l’assassinat de leur camarade de classe Marina. Camarade… c’est beaucoup dire, et la police ne peut que constater l’étendue de la haine générée par la jeune fille. Son meurtre en est la preuve.

Une voix s’élève, une voix qui nous annonce le devenir de certains personnages, comme Gorka, par exemple. Plutôt rassurant pour lui, parce que, même s’il n’est pas parfait, il est capable d’apprendre de ses erreurs, et de se mettre en quatre pour ses ami(e)s, à l’opposé de Mario, de plus en plus imbuvable. Le lycée ne dure pas toute la vie, il ne faut surtout pas l’oublier – heureusement, ai-je envie de dire – et ceux qui ont développé des qualités, des compétences, pourront s’en sortir, et même mener une vie parfaitement heureuse. Les autres, ceux qui ont cru qu’ils seraient les rois toutes leurs vies, sans penser à l’avenir, sont plutôt mal partis.

Je ne connais pas la série – c’est ce que je dis à chaque fois – mais le portait de la jeunesse qui nous est donné est assez désespérant. Mais le déclic, l’espoir est possible – quand on a touché le fond, il est possible de remonter, encore faut-il avoir suffisamment de lucidité, de désir d’avancer, pour y parvenir.

Un roman bien écrit, bien mené, qui donne envie de parcourir un bout de chemin avec ses grands adolescents.