Western tchoukoutou de Florent Couao-Zotti

édition Gallimard – 176 pages

Présentation de l’éditeur :

À Natingou City, ville montagneuse dans le nord du Bénin, trois personnages singuliers, répliques parfaites des caractères du Far West, tiennent sous leur joug la population par leurs actes excentriques. Un vacher bagarreur, un inspecteur de police teigneux et un homme d’affaires, desperado amorphe et vif à la fois. Apparaît soudain une jeune femme vengeresse donnée pour morte dans des circonstances fort troubles, Nafissatou Diallo, sous le nom de Kalamity Djane, pistolet au poing, annonçant bien haut dans le mythique « Saloon du Desperado » son désir, sa décision irrévocable d’abattre les trois terreurs.

Mon avis :

Cela vous est-il déjà arrivé ? Vous rangez votre bibliothèque, tranquillement, et là, vous tombez sur un livre dont vous ne savez pas vraiment comment il est arrivé là. Vous avez beau demander à vos proches « ce n’est pas toi ? Non ? Toi non plus ? Mais alors qui ? » vous en êtes toujours au même point, et cela ne vous aide pas vraiment. Surtout, le titre de ce roman est vraiment original, et l’auteur est pour vous un parfait inconnu, vous êtes donc sûre de ne pas avoir acheté ce livre, c’est forcément un cadeau.

Ce livre est donc un western, classique : une personne, assoiffée de vengeance, s’en prend aux trois méchants qui l’ont laissée pour morte trois ans plus tôt. Qu’a fait la police ? Et bien justement, l’un des trois méchants est un inspecteur de police, Boni Touré, très bien placé pour modifier les actes de manière à ce que personne ne se rende compte de son application dans la mort de Naffissatou. Les deux autres ? Nous avons un homme d’affaires, Ernest Vitou qui tient avec son épouse un saloon qui rapporte gros, et un vacher sans véritables scrupules. Classique, donc. Petit détail, qui a son importance : l’action se passe au Bénin, et non aux Etats-Unis. Les cow boys solitaires et vengeurs sont des femmes, qui n’enfourchent pas leur monture, mais une moto, et leurs adversaires doivent se contenter de splendides deux chevaux, qui ne démarrent pas toujours alors qu’ils en auraient bien besoin.

Reposant, ce livre ? Non, pas vraiment. Bien sûr, le lecteur qui connaît les règles du genre a une petite idée de la manière dont l’intrigue se terminera – les vengeances se terminent toujours ou presque de la même manière, avec un poor lonesome cow boys (ou girl) qui s’en va vers le soleil couchant. Il reste cependant à savoir de quelle manière Kalamity Djane (telle est le nom que la vengeresse a choisi) parviendra à se débarrasser de ce trio, plus préoccupé par découvrir comment elle est arrivée là que sur les moyens de se protéger. Quant à leur culpabilité, bien réelle, ou leur complicité, ce ne sont pour eux que des mots, absolument pas une réalité.

Alors oui, il est agréable de voir une femme prendre sa revanche sur des hommes bien incapables de comprendre réellement ce qu’ils ont fait de mal, des hommes bien incapables de sortir de leur routine pour se poser les bonnes questions. À Natingou City, rien ne sera comme avant, si ce n’est un poète sur les hauteurs de l’Atakora, Ebénézer Dassagoutey, qui chantera son amour pour l’amante perdue.

4 réflexions sur “Western tchoukoutou de Florent Couao-Zotti

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