Blessures invisibles d’Isabelle Villain

Présentation de l’éditeur :

Le major Maraval est retrouvé mort à son domicile, une balle dans la tête, son arme à la main.La thèse du suicide est pourtant très vite abandonnée par le groupe du commandant Rebecca de Lost, et les pistes militaires et familiales se multiplient.Dans le même temps, le « tueur au marteau », demeuré silencieux depuis l’enterrement du capitaine Atlan, décide de reprendre du service.Deux enquêtes sous haute tension. Un final explosif !

Merci à Joël des éditions Taurnada pour ce partenariat et sa confiance.

Mon avis :

Nous retrouvons dans Blessures invisibles l’équipe de Mauvais genre – ce qui reste de cette équipe. Ses membres tentent de se remettre de ce qu’ils ont vécu, et ce n’est pas simple. L’après est rarement montré en littérature policière – l’après immédiat, si, pas l’après dans le sens où les jours ont passé, où la vie est censée avoir repris son cours, et où il faut vivre, quand même, et continuer à enquêter. Parce que les morts ne se sont pas arrêtés une fois Mauvais Genre refermé. Parce qu’il est des Blessures invisibles.

L’action se passe en 2016. Après les attentats. Après Charlie. Après l’Hypercacher. Après Saint-Etienne du Rouvray. Il est les blessures physiques. Il est les blessures invisibles, celles que l’on ne voit pas, avec lesquelles il faut vivre.

Le major Maraval est dans ce cas. Il n’a pas été victime des attentats, non. Il est militaire et il est atteint du syndrôme de stress post-traumatique. Il a enchaîné les missions. Il a dû tuer, voir d’autres se faire tuer. Il n’est pas question d’étouffer un horrible scandale (comme c’est souvent le ressort dans les séries télévisées), il est question de montrer ce qu’est réellement le métier de militaire, ce que cela entraîner pour ces hommes pour qui l’armée, c’est toute leur vie. Alors oui, l’armée a mis des décennies à reconnaître cette maladie. Oui, la manière dont elle est soignée, les traitements mis en place ne sont pas encore très au point mais elle a réellement commencé à prendre en charge ceux qui en souffrent.

Le Major souffrait-il au point de se suicider ? Ses proches ne le croient pas. Le groupe du commandant Lost enquête donc et découvre des faits troublants. Eux aussi sont, comme Maraval, des hommes et des femmes entièrement dévoués à leur métier. Aussi est-ce un coup de tonnerre quand le « tueur au marteau » refait son apparition, continuant le cheminement macabre de ses meurtres.

Non, rien n’est facile à gérer, ni physiquement, ni émotionnellement. Rebecca, ses hommes se soutiennent, et doivent aussi toujours être vigilant contre ce tueur si peu saisissable et si proche. Un personnage, à la lisière de l’équipe, m’a intéressé : le nouveau légiste. Je l’ai trouvé profondément humain, gérant à sa manière son approche de son travail. Il dérange un peu les enquêteurs – parce qu’il est différent de son prédécesseur, et il est toujours dur de ne plus travailler avec une personne que l’on appréciait beaucoup. C’est humain, là aussi.

La vie, la mort. La fin de vie. Elle est évoquée, là aussi, non sous forme de débat, mais sous forme de choix, personnels – forcément personnels. Cela amène le lecteur à s’interroger – sur nous, sur les autres, sur ce que nous sommes prêts à entendre de nos proches.

Et là, je me rends compte que mon ton est devenu un peu docte, distancié, ce qui ne retranscrit en rien l’intensité de ce roman. Le lecteur, avec les enquêteurs, croit souvent être sur une piste, avoir trouvé – enfin – avoir la certitude de ce qui s’est passé : rien n’est jamais terminé tant que le mot fin n’a pas été apposé.

Blessures invisibles est une enquête prenante, aux personnages attachants – et j’espère que nous retrouverons à nouveau le commandant Rebecca de Lost pour de nouvelles enquêtes.

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