Archive | 6 janvier 2020

Le petit garçon qui voulait être Mary Poppins

édition Le cherche-Midi – 224 pages

Présentation de l’éditeur :

C’est l’histoire de Guille… C’est l’histoire d’un petit garçon débordant d’imagination qui voue un amour sans bornes à Mary Poppins. L’histoire d’un père un peu bougon, qui vit seul avec ce fils sensible et rêveur dont il a du mal à accepter le caractère. D’une institutrice qui s’inquiète confusément pour l’un de ses élèves qui vit un peu trop dans ses rêves. D’une psychologue scolaire à qui on envoie un petit garçon qui a l’air d’aller beaucoup trop bien. Quel mystère se cache derrière cette apparence si tranquille, et pourtant si fragile ?

Merci aux éditions Le cherche-Midi et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

Une découverte, pour moi. Celle d’un auteur, de son univers, d’une sensibilité aussi. Je dois dire que sans cette sublime couverture, je serai peut-être passée à côté de ce livre, et j’aurai eu tort.

C’est un livre en forme de puzzle pour le lecteur, en forme de puzzle aussi pour les personnages qui doivent comprendre ce qui se passe – et le dénouement ne sera pas celui que l’on attendait. Il faut oser sortir des sentiers battus, il faut oser faire confiance aux enfants.

Et l’enfant, dans ce récit, se nomme Guille. Il est le fils d’un couple aimant, issu de deux cultures différentes, espagnole pour le père, Manuel, anglaise par la mère. La fantaisie n’est pas forcément du côté que l’on croit, et Amanda, la mère de Guille, hôtesse de l’air, a un amour immodéré pour les comédies musicales qu’elle fait partager à son fils. Les comédies musicales, et surtout Mary Poppins, le film mais aussi la version scénique, à laquelle on ne pense pas forcément en France : les comédies musicales ont finalement peu percé dans notre pays. Autant dire que son père, qui l’élève seul maintenant qu’Amanda a dû accepter un travail à Dubaï, ne le comprend pas vraiment, lui qui ne correspond pas à l’idée qu’il se fait d’un garçon, d’un fils. Il fait pourtant de son mieux pour s’occuper de lui, seul.

Guille est entouré de personnages féminins bienveillants : son institutrice, qui se préoccupe de lui au point d’envoyer voir la psychologue scolaire, même si tout semble aller bien. Repérer des petits indices qui semblent insignifiants est très important.

En contrepoint, nous avons l’histoire de Nazia, une petite fille d’origine pakistanaise qui est la seule véritable amie de Guille dans cette école, peut-être parce qu’elle aussi est différente. Ce que l’on perçoit de sa vie, du destin qui pourrait être le sien montre à nouveau à quel point il faut être attentif à tous ses petits signes – et ne surtout pas hésiter à parler.

Je le dis souvent : la parole ou l’absence de parole peut faire basculer une vie. Guille parle, et il est des personnes qui l’écoutent véritablement, qui vont aussi véritablement écouter et entendre ce qu’il a à dire. Les mots sont magiques, ne l’oublions pas.