Archive | décembre 2019

Billet de mauvaise humeur – vous êtes averti(s)

Aujourd’hui, je suis de mauvaise humeur. Et cela ne passe pas.

Je lis pourtant un bon livre, j’ai rédigé un avis sans souci, il pleut mais ce n’est pas une tempête comme d’autres personnes sont en train de la subir dans le sud de la France (pensées pour eux), mes proches vont aussi bien qu’ils le peuvent et les chats sont en forme. Donc, tout va assez bien, alors quelle est la cause de cette mauvaise humeur ? J’ai cherché, j’ai trouvé, et je l’illustre par une citation, tirée du treizième tome des soeurs de la lune de Yasmine Galenorn.

Une bonne nouvelle, quelle que soit sa nature, est toujours matière à célébration.

Je suis entièrement d’accord avec cette phrase : une bonne nouvelle est une bonne nouvelle, et c’est presque une absurdité de devoir le répéter.

Hier, un proche a partagé une bonne nouvelle sur un réseau social. C’était une bonne nouvelle – et ce matin encore, c’est une bonne nouvelle. Sauf qu’il est des personnes pour dire que ce n’en était pas une. What ?????? D’où un début d’énervement, une légère boule au ventre ce matin. J’ai en effet, et plus souvent qu’à mon tour, expérimenté ce phénomène. J’ai déjà annoncé de bonnes nouvelles me concernant à des proches – pas des très proches, je vous rassure tout de suite. Et là, les réactions, bonjour (ou plutôt, au revoir).

– Oh, mais c’est horrible !

Attends, je t’annonce, avec un grand sourire, une nouvelle qui n’apporte que du positif dans ma vie, et toi, tu me fais comprendre que ce n’est pas une bonne nouvelle ? Que c’est même une très mauvaise nouvelle ? Pour ma part, quand une personne obtient ce qu’elle désire, que cela apporte du plus à sa vie sans rien ôter à personne d’autres, je ne vois pas pourquoi réagir ainsi.

Début de piste : certaines de ses bonnes nouvelles s’écartent de la norme. C’est fou le nombre de personnes qui savent mieux que vous ce qui est bon pour vous.
Seconde piste : il est des personnes, qui, voyant ce supplément de joie chez les autres, au lieu de l’accepter, cherchent ce que eux ont en moins (d’après eux, bien sûr), ce qui leur manquent, et au lieu de chercher à aller mieux, agressent l’autre. Se sentent-ils plus heureux ainsi ? Aucune idée.

Est-ce que je me sens mieux en ayant écrit ce billet de mauvaise humeur ? Sincèrement oui. Je le publie donc.

Les filles au chocolat, tome 6 : Coeur cookie de Cathy Cassidy

Présentation de l’éditeur :

Jake vient juste de découvrir que son père a longtemps mené une double vie et qu’il a quatre demi-sœurs cachées : Honey, Summer, Skye et Coco. Déjà bouleversé par cette nouvelle, il voit en plus son quotidien à Londres avec sa mère tourner au cauchemar. Et il n’a nulle part où se réfugier. À part peut-être chez ses demi-sœurs dans le Somerset ? Mais il ne connaît rien de cette nouvelle famille… Est-ce qu’il y sera le bienvenu ? D’autant qu’il arrive en plein milieu du tournage d’une émission de télé-réalité…

Mon avis :

Sixième et dernier tome des aventures des filles au chocolat. Cette fois-ci, ce n’est pas une fille qui est la narratrice, mais Jake Cooke, surnommé depuis longtemps Cookie. Honey a découvert son existence dans le tome 5, il est le fils que son père a eu avec une autre femme alors que sa mère attendait leur quatrième enfant. Ne croyez cependant pas que le père menait une double vie – pas vraiment : il a laissé un gros virement à la jeune femme de 18 ans, et a disparu de sa vie, et de celle de son enfant. La jeune femme s’est donc débrouillée comme elle a pu. Elle a refait sa vie, a eu deux autres enfants. J’ai presque envie de dire : pourquoi ? Nous ne le saurons pas, évidemment, je ne peux m’empêcher de me dire, dans un roman qui, bien que jeunesse, bien que très coloré du point de vue de la couverture, nous sommes face à une constante sociale : quand un homme se met en couple avec une femme qui a déjà un enfant, il en veut un « à lui », et tout le monde trouve ça normal. Parce qu’il est déjà bien gentil d’avoir accepté cet enfant, même s’il passe son temps à l’humilier, même si l’enfant est obligé de raser les murs pour éviter sa colère – que subissent aussi ses enfants biologiques.

La solution ? La fuite. Retrouver un logement, un travail, ce qui est tout sauf facile, et, comme souvent, un compagnon, comme si le salut ne pouvait venir que d’un homme et non de soi. Note : Charlotte, la mère de quatre des cinq filles au chocolat, a fait exactement la même chose. Je m’interroge : la conjoncture économique ferait-elle qu’une femme soit obligée de se mettre en couple pour vivre décemment, parce qu’aucune carrière ouverte aux femmes ne lui permettrait de vivre seul, ou faut-il y voir un modèle de livres qui apprend qu’une femme doit nécessairement être en couple, et ne peut concevoir sa vie seule ? Même constat pour la jeune génération, presque toutes ont un garçon dans leur vie.

Mais revenons à Jake, qui débarque dans le Somerset, et nous offre un regard différent sur les quatre soeurs. Forcément, nous en savons plus que lui. Aussi, il est agréable de lire, de voir le décalage entre ce que croit deviner Jake – et la réalité, que les cinq membres de la famille ne manqueront pas de lui dévoiler peu à peu, tout comme il leur dévoilera les véritables raisons de sa visite. Les gens ne sont jamais aussi méchants qu’on ne peut le penser, les gens ne sont jamais aussi privilégiés qu’on ne le pense.

Un sixième tome en forme d’adieu pour une famille que l’on quitte sans que tout ait été résolu. Disons cependant qu’une certaine stabilité a été atteinte.

 

les enquêtes de Vipérine maltais : Le secret du choriste de Sylvie Brien

Présentation de l’éditeur :

Qui a tenté d’assassiner Idala, le jeune choriste ? Tout le monde, au collège du Portages semble avoir des raisons de vouloir se débarrasser du pauvre garçon… Vipérine Maltais, l’apprentie détective est appelée à la rescousse. Il n’y a qu’elle dans tout le Québec pour résoudre une énigme aussi embrouillée. Ses seuls indices ? Un parapluie, un bout de réglisse et une machine à écrire détraquée…

Mon avis :

J’aime quand les livres ne prennent pas les jeunes lecteurs pour des idiots. Vous allez me dire que c’est heureusement de plus en plus fréquent. Certes. Je salue cependant la richesse de ce livre, qui ne craint pas de montrer une réalité que beaucoup ne veulent pas raconter.

Idola. Ou Idala. Cela dépend des personnes qui l’appellent, mais pour ses proches, il est Idala. Il est dans le comas, à la suite d’un accident : un lustre est tombé sur lui pendant le concert du collège. Accident ? Tentative de meurtre ? L’assurance ne veut pas payer, en tout cas, non par avarice, mais parce que l’assureur, ami avec soeur Saint-Ignace, croit à la tentative de meurtre : une lettre anonyme, parvenu au collège après l’accident, va dans ce sens.

Ce livre, en plus d’être une enquête policière prenante, nous en apprend beaucoup. Sur l’esclavage. Ah, il paraît que tout a été dit à ce sujet, que ce n’est pas intéressant, que cela ne nous concerne pas (traîner sur les réseaux sociaux est mauvais pour les neurones). Et bien justement si : ce livre nous rappelle que même le pays qui se targue de ne pas avoir été esclavagiste, d’avoir offert l’asile aux esclaves en fuite, traitait ses propres natifs de la même manière. Je ne vous parle même pas du sort des indiens canadiens, dont il est déjà question dans le second volume des enquêtes de Vipérine. Ce n’est pas mieux est un euphémisme. Je ne vous parlerai pas non plus du poids de la religion,; métaphore tellement usée que l’on en oublie ce qui se cache réellement derrière cette expression. Il ne s’agit pas simplement de vivre selon les préceptes de la religion catholique, il s’agit, dans ses familles nombreuses où aucune contraception n’est utilisé (la contraception a existé bien avant sa légalisation), d’avoir un fils, une fille, ou les deux, qui entrent en religion. Cela amène Vipérine, qui découvre grâce à un personnage la véritable signification de son prénom (une fleur) à s’interroger : sa soeur aînée Méline a pris le voile juste après le remariage de leur père. Etait-ce vraiment son choix ? Et sa tante Saint-Ignace ? A-t-elle vraiment choisi d’entrer en religion ? Toutes ses questions ne trouveront pas de réponses, mais Vipérine a la chance d’avoir une tante franche et ne manquant pas d’audace.

Il ne faudrait pas non plus oublier Idala, absent, forcément, au coeur de toutes les recherches. Ce que Vipérine découvre est poignant, et nous interroge sur le sort de tous ses enfants, qui n’ont pas orphelins, non, pas au sens strict du terme : Idala a perdu son père, puis sa mère, et c’est son beau-père qui l’élève, ne se rendant même pas au concert de son beau-fils, parce qu’il a autre chose à faire – à chaque fois. Son histoire fait écho à celle de Vipérine, qui n’a pas vu son père depuis de longs mois – et encore, si elle avait été un garçon, elle sait bien qu’elle n’aurait pas été ainsi négligée.

Un livre poignant.

 

L’hiver dernier, je me suis séparé de toi de Fuminori Nakamura

édition Picquier – 182 pages

Extrait de la présentation de l’éditeur :

Un journaliste est chargé d’écrire un livre sur un photographe accusé d’avoir immolé deux femmes, mais pourquoi l’aurait-il fait ? Pour assouvir une effroyable passion, celle de photographier leur destruction par les flammes ?

Mon avis : 

Lire, lire beaucoup, c’est se confronter à des univers différents. Le moins que je puisse dire est que je n’ai pas été réceptive à cet univers-là.

Que le sujet soit particulier est une chose, que la narration soit aussi compliquée en est une autre, et je n’ai pas eu envie de basculer dans l’univers de l’auteur. Ce roman nous raconte l’histoire d’un photographe accusé d’avoir immolé deux femmes. Si la première fois, l’acte avait pu passer pour accidentel, la seconde fois, ce ne fut pas le cas.

Le lecteur arrive après – après la condamnation, au moment où l’affaire attire un journaliste, et son éditeur, afin d’écrire un livre sur le photographe. Au cours de ce récit déstructuré, on découvre que quelqu’un d’autres, qui correspond régulièrement avec le photographe, veut aussi écrire un livre. Le premier auteur se lit dangereusement avec la soeur du suspect. En ligne de mire, les « poupées » créées à l’effigie d’une femme, décédée, oui, les poupées ne sont jamais masculines, ou comme cela devient le cas au fil de l’intrigue, toujours vivante. Oui, il est des japonais qui vivent avec des poupées, et, pour citer une de mes élèves « oui, mais ce sont des japonais. Il ne faut s’étonner de rien ». Le journaliste enquête donc aussi sur ce sujet, rencontre le créateur des poupées, quelqu’un qui ne lui paraît pas inquiétant du tout – comme si le fait d’accomplir des actes inquiétants ou hors norme pouvait se voir.

Alors oui, j’ai souvent eu du mal à suivre, je me suis perdue avec les noms qui se ressemblent fortement (et la quatrième de couverture ne les donne pas, donc pas facile de trouver un repère) et les temporalités qui s’entrechoquent. Ce n’est pas tant que l’on joue avec le lecteur, qu’on le questionne – même si j’encourage fortement le lecteur à se poster et à se questionner sur les faits qui nous sont narrés – mais que l’auteur a superposé des strates de création artistique : le photographe, le journaliste, le créateur de poupées, la légende de la première poupée, qui n’est pas sans rappeler « le portrait ovale » d’Edgar Allan Poe, le (les ?) vidéastes. Ce n’est pas une histoire qui nous est racontée, c’est une histoire qui est sans cesse re-crée, jusqu’au dénouement.

A vous de voir si vous avez envie de la lire ou pas.

Les soeurs de la lune – tome 6 de Yasmine Galenorn

Présentation de l’éditeur :

Menolly mène l’enquête. La mort, elle en connaît un rayon puisqu’elle est une vampire. Mais elle n’ira pas jusqu’à conter fleurette aux nécromanciens… Or, l’un d’eux vient d’élire domicile dans les parages. Sans compter qu’une société secrète dévouée à l’Ombre Ailée a invoqué un démon qui veut s’emparer de l’âme de Delilah. Et si tout cela était lié ?

Mon avis :

Je n’avais pas lu cette saga depuis très longtemps, et, ayant acquis les tomes 11 et 12 récemment (voir ma chronique d’hier), je me suis replongée dans ce tome 6, le seul que je n’avais pas lu, puisque je l’avais égaré lors de mon déménagement (si, c’est possible, j’avais tous les autres volumes de 1 à 10).
Je retrouve dans ce tome Menolly, qui n’est pas ma soeur préférée, celle-ci étant Delillah, qui peut se métamorphoser en adorable chaton aux pires moments, et nécessitent quelques aménagements (le bac, la litière…). Menolly n’est pas devenue vampire de son plein gré, c’est le moins que l’on puisse dire, elle en a même subi des actes de torture avant d’être métamorphosée, dont elle porte toujours les traces. La mort de celui qui l’a transformé a certes rompu leur lien, cela ne veut pas dire que Menolly ait totalement surmonté le traumatisme subi.
Seulement, l’heure est grave, et de nouvelles victimes ont été signalées. Qui a pu les tuer ? Ajoutons qu’en faisant du rangement, les soeur découvrent la trace d’une fae qui aurait quitté son fiancé pour retourner sans tambour ni trompette dans l’Autre monde, et qu’une vampire, parfaitement intégrée, a disparu depuis deux jours, cela fait beaucoup dans une même nuit.
L’action ne manque pas dans ce tome, les ennuis non plus, et il ne faut pas demander aux soeurs d’Artigo de fermer les yeux quand des femmes sont menacées – peu importe qu’elles soient humaines, fae ou vampire. Les soeurs ont surtout espoir de vaincre enfin l’Ombre Ailée, même si on sent bien que ce n’est pas encore pour tout de suite.
Une lecture agréable et divertissante, pour peu que l’on aime les vampires et autres créatures nocturnes.
Mention spéciale pour Wilbur et Martin.

Les soeurs de la lune, tome 11 de Yasmine Galenorn


Edition Milady – 408 pages

Présentation de l’éditeur :

C’est la Saint-Valentin, et alors que nous nous préparons pour le mariage de notre amie Iris, le Conseil de la communauté surnaturelle est victime d’un attentat à la bombe, la situation dégénère. Les Koyanni, les coyotes métamorphes diaboliques, sont de retour, et Newkirk, leur nouveau chef de meute, s’est allié avec un groupe de sorciers hors-la-loi. Et voilà que l’Ombre Ailée, le seigneur démoniaque, envoie un nouvel émissaire sur Terre. De quoi faire de notre vie un véritable enfer…

Mon avis :

Il s’est passé cinq ans entre la traduction du tome 10 et celle du tome 11, traduit en 2019, écrit en 2012. La situation pourrait cependant être pire : nous avons bel et bien la suite de la série, avec Delilah, ma soeur préférée. Ah, Delilah : ses boulettes de poils qu’elle vomit régulièrement, ses paniers dans lesquels elle aime dormir, sa souris qui couine avec laquelle elle adore jouer. Oui, Delilah se métamorphose en un adorable chaton joueur sous le coup des émotions – ou en panthère dans le cadre d’une grosse bagarre.

Et, malheureusement, les bagarres ne manquent pas, les ennemis non plus. L’Ombre ailée, qui ne se fait pas oublier, et veut toujours prendre le pouvoir. Les Koyanni repointent le bout de leur museau, alors que les soeurs pensaient en être débarrassées. Je ne vous parle pas non plus des trafiquants de tout poils, toujours actifs. Du côté humain, ce n’est pas mieux : des agiteurs, qui n’ont rien à envier aux pires racistes et homophobes qui soient, veulent le retour des membres d’Outremonde chez eux, que ces monstres soient éradiqués. Si ces slogans ne vous rappellent rien, réfléchissez bien, vous avez des précédents bien trop proches de nous – et ce n’est sans doute pas un hasard si Tim et Jason amènent leurs amis LGBT pour contrecarrer les manifestants extrémistes : être ostracisés, malmenés, agressés, violés parce qu’éloignés des normes établies, ils savent trop bien ce que cela signifie.

N’oublions pas Camille, la soeur aînée, celle qui est le pilier de la famille et qui a subi le pire dans le tome 10, avec, en plus, un père qui ne lui a apporté aucun soutien après coup. Pas de guimauve : pardonner à leur père sa trahison n’est vraiment pas à l’ordre du jour. Mais Delilah comprend qu’elle doit murir, être plus forte, ne serait-ce que pour ses soeurs, qui comptent sur elle.

J’ai l’impression de ne pas en dire tant que cela sur l’intrigue, si ce n’est qu’elles n’ont pas un moment de répit, que ce soit pour se protéger, pour combattre, ou pour aider les leurs. Mention spéciale pour Wilbur, qui révèle quelques-uns de ses secrets. Mention spéciale aussi pour les agressions dont sont victimes les femmes et qui à aucun moment ne sont banalisées. Beaucoup moins facile qu’on ne le pense quand on parcourt un tantinet la littérature vampirique.

Un très bon tome, à recommander à tous les fans des soeurs d’Artigo.

A genoux de Michaël Connelly

Edition Points – 278 pages

Présentation de l’éditeur :

Le corps du Dr Stanley Kent vient d’être retrouvé au belvédère naturel proche de Mulholland Drive : deux balles dans la nuque, style exécution. Nouvellement affecté à la section homicide spécial, l’inspecteur Harry Bosch découvre vite que le Dr Kent avait accès à des matières radioactives utilisées dans Le traitement de certains cancers féminins. et que ces matières ont disparu. Aux yeux de l’agent spécial du FBI Rachel Walling, que Bosch aime encore malgré leur rupture après le fiasco d’Echo Park, ce meurtre et cette disparition risquent fort de marquer le début d’un attentat terroriste à la bombe Sale. Donc conflit ouvert et cette fois, Bosch n’est pas sûr d’avoir le dessus : il y a certes de la parano dans les services de la sécurité du territoire mais la menace islamiste est bien réelle…

Mon avis :

Echo Park suite – ou pas. Harry Bosch et son nouveau coéquipier sont appelés sur la scène d’un meurtre : un docteur a été tué. Pire : sa femme a été retrouvée, ligotée et bâillonnée sur leur lit – vivante, heureusement. Le motif de cette agression et de ce meurtre ? Le docteur avait accès à du césium, utilisé pour soigner certains cancers, et il a été menacé pour le voler. Il a fait ce qu’il a pu, laissant un message sur les lieux de son vol, contraint et forcé, mais si ce qu’il a fait a sauvé sa femme, lui a bel et bien été tué. Pourquoi ? Les tueurs comptaient-ils revenir et achever son épouse, n’en ont-ils pas eu le temps ? Ou bien a-t-il vu leurs visages ? A Harry Bosch de résoudre cette énigme. Enfin, s’il en a le temps : nous sommes dans l’Amérique post 11 septembre, et le FBI prend très au sérieux ce risque d’attentat.

Alors oui, l’enquête va vite, très vite, quitte à se jeter dans la première fausse piste qui se présente, tant que certains mots-clefs sont entendus par la victime, ou par un témoin. Les choses vont parfois trop vite, et il est des personnes qui agissent d’abord, et réfléchissent à l’utilité de ce qu’ils ont fait après. Harry Bosch ? Il ne se fait pas vraiment d’amis dans cette enquête, et il peut même véritablement compter sur les doigts d’une main ceux à qui il peut faire véritablement confiance. Que pèse la résolution d’un crime face à un potentiel attentat ? Personne ne semble tenir, à part Harry, ce raisonnement pourtant très simple : si l’on trouve le meurtrier, on remontera aussi la piste des fameux terroristes potentiels.

En dépit du sujet, j’ai trouvé ce volume des enquêtes d’Harry Bosch presque léger – il ne contient que 278 pages. L’enquête est très vite résolue, que ce soit en terme de son déroulement proprement dit que le temps qui a été consacré à celle-ci. Et si Harry se montre toujours aussi irrespectueux des règles qui l’empêchent de mener son enquête à bien, force est de constater qu’il se retrouve encore et toujours avec des co-équipiers qui n’ont pas la même vision de l’entente entre les services que lui, ni la même vision du bon déroulement de leur carrière. Harry le comprend, néanmoins – il a l’habitude, en quelque sorte.

Un polar solide, pas ennuyeux, mais tout de même en deçà de ce que j’ai pu lire de la série Harry Bosch.

 

 

L’amour est dans le chai par Tamara Balliana

Présentation de l’éditeur :

Léonie, aspirante actrice dont la carrière n’a jamais réellement décollé, est de retour dans son village natal de Cadenel. Désabusée, elle n’a d’autre choix que de remplacer sa sœur Laetitia, en congé maternité, au domaine viticole où celle-ci travaille. Mais dès son retour, elle tombe nez à nez avec Enzo, son voisin d’enfance qu’elle a toujours détesté. Comme un fait exprès, alors qu’elle pensait qu’il avait lui aussi quitté la région, leurs chemins ne cessent de se croiser. Heureusement, Léonie peut compter sur le soutien de ses nouvelles amies du clan des célibataires malgré elles pour lui redonner le sourire.

Alors que Léonie trouve peu à peu ses marques dans cette nouvelle vie, il ne reste qu’une seule ombre au tableau : Enzo. Comment faire pour s’en débarrasser ? Ou alors une trêve est-elle possible entre eux ?

Mon avis :

Troisième romance que je lis en peu de temps, et pour ceux qui me connaissent, vous savez que ce n’est pas vraiment mon genre.

Il est vrai que j’ai moins apprécié ce livre que les deux autres romances lues cette semaine – ou que les autres romans de cette auteure. Pourquoi ? J’ai trouvé cette romance très classique. Nous avons d’un côté une jeune femme, qui a quitté la province pour tenter une carrière de comédienne à Paris, et elle n’a pas véritablement réussi. Si elle revient dans son village natal, c’est pour remplacer sa soeur Laetitia, sur le point de partir en congé maternité. La solidarité familiale, c’est bien – techniquement, Léonie n’est pourtant pas la personne qui maîtrise le mieux le sujet. Zas ! Elle retrouve son pire ennemi, Enzo, son quasi-jumeau – à la suite d’un accident, les deux enfants, désormais grands, sont nés le même jour. Enzo lui a pourri la vie depuis tout ce temps, et tous les deux ont bien l’intention de continuer à se chamailler. J’ai eu l’impression en découvrant leurs aventures qu’ils n’avaient pas vraiment grandi, et que j’avais en face de moi deux collégiens – et encore, il en est de plus matures. Leurs mésaventures, l’énergie qu’ils mettent à s’envoyer des piques, à se déranger l’un l’autre ne m’ont pas vraiment passionné, et je me demandais seulement quand ils allaient enfin évoluer. Oui, cela arrive, heureusement, mais le développement de l’intrigue reste très classique, comme tous les autres événements qui surviennent, d’ailleurs. Trop classiques à mes yeux, d’ailleurs, à l’image de se retour au village natal.

L’amour est dans le chai est un roman qui ne fut pas désagréable à lire, mais il ne contient pas ce petit plus qui m’a fait aimer Quand l’amour s’en mail.

 

 

Frank Sinatra dans un mixeur de Matthew McBride

Présentation de l’éditeur :

Il faut une certaine dose de courage pour braquer une banque au volant d’une camionnette de boulangerie. Ou une certaine dose de bêtise. En tout cas, ça ne passe pas inaperçu. Et quand il s’agit de remettre la main sur le butin, flics et voyous se lancent dans la course. Pour Nick Valentine, ex-policier devenu détective privé, c’est l’occasion rêvée de se refaire. À chaque loi qu’il transgresse, à chaque bourbon qu’il descend, à chaque cachet d’Oxycontin qu’il avale, il s’approche un peu plus du jackpot. Ou de la noyade dans le Missouri.

chez les lectures d’Azilis

Mon avis :

Après Soleil rouge, qui nous avait permis de découvrir l’industrie du Missouri, Frank Sinatra dans un mixeur nous permet de découvrir la police et les privés qui travaillent dans ce bel état américain. Prenez Nick Valentine, il cumule : cet ancien policier est devenu détective privé, et par esprit pratique, vit dans son office avec Frank Sinatra – son chien, née de mère Yorkshire et de père inconnu. Lui et son maître sont véritablement complémentaires, autant le maître boit de l’alcool avec une constance merveilleuse, ayant d’énormes difficultés à obtenir l’ivresse en dépit des quantités ingurgitées, autant le chien vide sa vessie avec une énergie démesurée, au point que le maître se demande comment un si petit corps peut contenir autant de liquide.

Ce n’est pas la seule singularité de cet état : un braquage vient d’être commis. Banal, me direz-vous. La différence est que le braqueur a utilisé une camionnette de boulangerie, et que son complice n’est même pas un bras cassé, plutôt un boulet de compétition – et encore, il est des boulets qui sont charmants, lui ne l’est pas, ne reculant devant rien pour garder pour lui l’argent du braquage, pas vraiment brillamment exécuté. Seulement, les commanditaires tiennent à avoir ce pour quoi ils ont envoyés ces deux brillants spécimens de voleurs. Plus de personnes peuvent se partager le butin et être tentées d’accroitre leur part, plus ils ont envie de diminuer le nombre d’associés.

Pendant ce temps, Valentine collabore avec la police, au sujet de l’assassinat déguisé en suicide d’un directeur d’une agence bancaire. Il est des personnes qui ne sont vraiment pas douées pour maquiller un meurtre. Si cela vous rappelle quelqu’un, c’est normal – même si l’on est dans le Missouri, les bras cassés seraient vraiment fort nombreux dans un même lieu.

Ce roman est relativement court (256 pages) et il est sombre, noir, violent, sanglant. Nous sommes face à des hommes pour qui la vie humaine ne compte pas, mais alors vraiment pas. Tous les moyens sont bons pour obtenir des résultats, la cruauté et le sadisme donnent de la créativité à ses hommes dépourvus d’humanité. Alors oui, au milieu d’eux, Ron, l’enquêteur qui demande l’aide de Valentine, fait figure de rareté. Certes, lui aussi a rêvé d’une vie meilleure, lui aussi a tout plaqué derrière lui, une jeunesse sans confort, vouée au travail dès avant le lever du soleil. Comme il le dit à Valentine, répondant à sa question, il ne regrette pas son choix, lui qui conduit à la vitesse d’un cheval qui va au pas et s’intoxique joyeusement les poumons. Il faut de tout pour constituer les Etats-Unis.

Mais l’anti-héros du livre, c’est véritablement Valentine.Nous suivons ses errances alcoolisées, ses promenades avec Frank, ses coups de sang, ses enquêtes aussi – non parce qu’il enquête tout de même. Il sait aussi mettre parfaitement à profit le métier qu’il a exercé avant – un peu trop bien sans doute aux yeux de certains. Il a une véritable tendresse pour son cabot, qui le lui rend à sa manière, jusqu’au dénouement. Le chien reste toujours le meilleur ami de l’homme.

Une citation pour la route :

Big Tony dit que nous n’avions qu’une solution, que nous devions agir vite et bien. Il dit qu’une fois cette ligne franchie, on ne pourrait plus revenir en arrière.
Je dis que les seules lignes qui m’intéressaient étaient les lignes tracées à la craie autour de leurs cadavres.

La Famille Cerise, tome 4 : La grotte mystérieuse de Pascal Ruter

Présentation de l’éditeur :
Ce matin à Savigny-les-Mimosas, il a tellement neigé que l’école est fermée ! Une aubaine pour les jumelles Cerise et les frères Belpom qui s’empressent de partir se balader en forêt, équipés tels de vrais trappeurs ! Toujours avides d’aventures, ils découvrent une bien étrange grotte …
Ajoutez à cela, un oiseau rare, des bandits, des peintures rupestres, un message énigmatique et un mystérieux trésor, et vous obtiendrez un délicieux mélange de rires et de rebondissements !
Mon avis :
En chroniquant le tome 3, je disais : « Si vous aimez l’humour, la fantaisie et la campagne, alors ce livre est fait pour vous et vos enfants. » Je pourrai dire la même chose de ce tome 4, si ce n’est que ce sont ajouter la neige et la fermeture (provisoire, heureusement) de l’école. Les jumelles Cerise et les frères Belpom ne se posent pas de question sur les manières d’occuper ce temps libre qui se présente à eux : vive la nature ! Rien ne vaut une bonne promenade dans la neige. Enfin, une promenade… une exploration ! Les quatre enfants partent littéralement sur les traces de Prosper, le grand-père des jumelles Zouille et Yoyo, mais aussi sur celle de leur héros, l’explorateur John Paris. Ah ! John Paris, il n’a peur de rien ! Alors partir dans la neige de manière suréquipée (enfin, selon le point de vue des quatre enfants), ce ne serait rien pour leur héros. Leur instituteur, d’ailleurs, n’est pas en reste, lui qui part skier avec son amie Gladyne, tout juste revenue d’Australie. Ah si seulement il osait… Non, pas manger avec elle le pain d’épices en forme de kangourou qu’elle lui a rapporté d’Australie, ça, c’est fait. S’il osait lui dire ce qu’il ressent pour elle. Mais leur promenade se compliquera elle aussi.
Oui, l’on peut croire que le froid, la neige apporte du répit et du rêve à tout le monde. Et bien non ! Il est des personnes qui, au lieu de poursuivre leurs rêves, poursuivent des réalités bien matérielles, et tant pis si cela fait un peu mal à d’autres.
C’est à un vrai roman d’aventures hivernales que nous avons à faire. Si le danger est réel, l’humour, et surtout la solidarité, sont bien présents et permet de passer un bon moment de lecture. Ce livre nous rappelle aussi d’être toujours attentif à ce (ceux ?) qui nous entoure – voir le journal de bord final.