L’hiver dernier, je me suis séparé de toi de Fuminori Nakamura

édition Picquier – 182 pages

Extrait de la présentation de l’éditeur :

Un journaliste est chargé d’écrire un livre sur un photographe accusé d’avoir immolé deux femmes, mais pourquoi l’aurait-il fait ? Pour assouvir une effroyable passion, celle de photographier leur destruction par les flammes ?

Mon avis : 

Lire, lire beaucoup, c’est se confronter à des univers différents. Le moins que je puisse dire est que je n’ai pas été réceptive à cet univers-là.

Que le sujet soit particulier est une chose, que la narration soit aussi compliquée en est une autre, et je n’ai pas eu envie de basculer dans l’univers de l’auteur. Ce roman nous raconte l’histoire d’un photographe accusé d’avoir immolé deux femmes. Si la première fois, l’acte avait pu passer pour accidentel, la seconde fois, ce ne fut pas le cas.

Le lecteur arrive après – après la condamnation, au moment où l’affaire attire un journaliste, et son éditeur, afin d’écrire un livre sur le photographe. Au cours de ce récit déstructuré, on découvre que quelqu’un d’autres, qui correspond régulièrement avec le photographe, veut aussi écrire un livre. Le premier auteur se lit dangereusement avec la soeur du suspect. En ligne de mire, les « poupées » créées à l’effigie d’une femme, décédée, oui, les poupées ne sont jamais masculines, ou comme cela devient le cas au fil de l’intrigue, toujours vivante. Oui, il est des japonais qui vivent avec des poupées, et, pour citer une de mes élèves « oui, mais ce sont des japonais. Il ne faut s’étonner de rien ». Le journaliste enquête donc aussi sur ce sujet, rencontre le créateur des poupées, quelqu’un qui ne lui paraît pas inquiétant du tout – comme si le fait d’accomplir des actes inquiétants ou hors norme pouvait se voir.

Alors oui, j’ai souvent eu du mal à suivre, je me suis perdue avec les noms qui se ressemblent fortement (et la quatrième de couverture ne les donne pas, donc pas facile de trouver un repère) et les temporalités qui s’entrechoquent. Ce n’est pas tant que l’on joue avec le lecteur, qu’on le questionne – même si j’encourage fortement le lecteur à se poster et à se questionner sur les faits qui nous sont narrés – mais que l’auteur a superposé des strates de création artistique : le photographe, le journaliste, le créateur de poupées, la légende de la première poupée, qui n’est pas sans rappeler « le portrait ovale » d’Edgar Allan Poe, le (les ?) vidéastes. Ce n’est pas une histoire qui nous est racontée, c’est une histoire qui est sans cesse re-crée, jusqu’au dénouement.

A vous de voir si vous avez envie de la lire ou pas.

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