Archive | 19 décembre 2019

L’hiver dernier, je me suis séparé de toi de Fuminori Nakamura

édition Picquier – 182 pages

Extrait de la présentation de l’éditeur :

Un journaliste est chargé d’écrire un livre sur un photographe accusé d’avoir immolé deux femmes, mais pourquoi l’aurait-il fait ? Pour assouvir une effroyable passion, celle de photographier leur destruction par les flammes ?

Mon avis : 

Lire, lire beaucoup, c’est se confronter à des univers différents. Le moins que je puisse dire est que je n’ai pas été réceptive à cet univers-là.

Que le sujet soit particulier est une chose, que la narration soit aussi compliquée en est une autre, et je n’ai pas eu envie de basculer dans l’univers de l’auteur. Ce roman nous raconte l’histoire d’un photographe accusé d’avoir immolé deux femmes. Si la première fois, l’acte avait pu passer pour accidentel, la seconde fois, ce ne fut pas le cas.

Le lecteur arrive après – après la condamnation, au moment où l’affaire attire un journaliste, et son éditeur, afin d’écrire un livre sur le photographe. Au cours de ce récit déstructuré, on découvre que quelqu’un d’autres, qui correspond régulièrement avec le photographe, veut aussi écrire un livre. Le premier auteur se lit dangereusement avec la soeur du suspect. En ligne de mire, les « poupées » créées à l’effigie d’une femme, décédée, oui, les poupées ne sont jamais masculines, ou comme cela devient le cas au fil de l’intrigue, toujours vivante. Oui, il est des japonais qui vivent avec des poupées, et, pour citer une de mes élèves « oui, mais ce sont des japonais. Il ne faut s’étonner de rien ». Le journaliste enquête donc aussi sur ce sujet, rencontre le créateur des poupées, quelqu’un qui ne lui paraît pas inquiétant du tout – comme si le fait d’accomplir des actes inquiétants ou hors norme pouvait se voir.

Alors oui, j’ai souvent eu du mal à suivre, je me suis perdue avec les noms qui se ressemblent fortement (et la quatrième de couverture ne les donne pas, donc pas facile de trouver un repère) et les temporalités qui s’entrechoquent. Ce n’est pas tant que l’on joue avec le lecteur, qu’on le questionne – même si j’encourage fortement le lecteur à se poster et à se questionner sur les faits qui nous sont narrés – mais que l’auteur a superposé des strates de création artistique : le photographe, le journaliste, le créateur de poupées, la légende de la première poupée, qui n’est pas sans rappeler « le portrait ovale » d’Edgar Allan Poe, le (les ?) vidéastes. Ce n’est pas une histoire qui nous est racontée, c’est une histoire qui est sans cesse re-crée, jusqu’au dénouement.

A vous de voir si vous avez envie de la lire ou pas.

Les soeurs de la lune – tome 6 de Yasmine Galenorn

Présentation de l’éditeur :

Menolly mène l’enquête. La mort, elle en connaît un rayon puisqu’elle est une vampire. Mais elle n’ira pas jusqu’à conter fleurette aux nécromanciens… Or, l’un d’eux vient d’élire domicile dans les parages. Sans compter qu’une société secrète dévouée à l’Ombre Ailée a invoqué un démon qui veut s’emparer de l’âme de Delilah. Et si tout cela était lié ?

Mon avis :

Je n’avais pas lu cette saga depuis très longtemps, et, ayant acquis les tomes 11 et 12 récemment (voir ma chronique d’hier), je me suis replongée dans ce tome 6, le seul que je n’avais pas lu, puisque je l’avais égaré lors de mon déménagement (si, c’est possible, j’avais tous les autres volumes de 1 à 10).
Je retrouve dans ce tome Menolly, qui n’est pas ma soeur préférée, celle-ci étant Delillah, qui peut se métamorphoser en adorable chaton aux pires moments, et nécessitent quelques aménagements (le bac, la litière…). Menolly n’est pas devenue vampire de son plein gré, c’est le moins que l’on puisse dire, elle en a même subi des actes de torture avant d’être métamorphosée, dont elle porte toujours les traces. La mort de celui qui l’a transformé a certes rompu leur lien, cela ne veut pas dire que Menolly ait totalement surmonté le traumatisme subi.
Seulement, l’heure est grave, et de nouvelles victimes ont été signalées. Qui a pu les tuer ? Ajoutons qu’en faisant du rangement, les soeur découvrent la trace d’une fae qui aurait quitté son fiancé pour retourner sans tambour ni trompette dans l’Autre monde, et qu’une vampire, parfaitement intégrée, a disparu depuis deux jours, cela fait beaucoup dans une même nuit.
L’action ne manque pas dans ce tome, les ennuis non plus, et il ne faut pas demander aux soeurs d’Artigo de fermer les yeux quand des femmes sont menacées – peu importe qu’elles soient humaines, fae ou vampire. Les soeurs ont surtout espoir de vaincre enfin l’Ombre Ailée, même si on sent bien que ce n’est pas encore pour tout de suite.
Une lecture agréable et divertissante, pour peu que l’on aime les vampires et autres créatures nocturnes.
Mention spéciale pour Wilbur et Martin.