Archive | 15 décembre 2019

Frank Sinatra dans un mixeur de Matthew McBride

Présentation de l’éditeur :

Il faut une certaine dose de courage pour braquer une banque au volant d’une camionnette de boulangerie. Ou une certaine dose de bêtise. En tout cas, ça ne passe pas inaperçu. Et quand il s’agit de remettre la main sur le butin, flics et voyous se lancent dans la course. Pour Nick Valentine, ex-policier devenu détective privé, c’est l’occasion rêvée de se refaire. À chaque loi qu’il transgresse, à chaque bourbon qu’il descend, à chaque cachet d’Oxycontin qu’il avale, il s’approche un peu plus du jackpot. Ou de la noyade dans le Missouri.

chez les lectures d’Azilis

Mon avis :

Après Soleil rouge, qui nous avait permis de découvrir l’industrie du Missouri, Frank Sinatra dans un mixeur nous permet de découvrir la police et les privés qui travaillent dans ce bel état américain. Prenez Nick Valentine, il cumule : cet ancien policier est devenu détective privé, et par esprit pratique, vit dans son office avec Frank Sinatra – son chien, née de mère Yorkshire et de père inconnu. Lui et son maître sont véritablement complémentaires, autant le maître boit de l’alcool avec une constance merveilleuse, ayant d’énormes difficultés à obtenir l’ivresse en dépit des quantités ingurgitées, autant le chien vide sa vessie avec une énergie démesurée, au point que le maître se demande comment un si petit corps peut contenir autant de liquide.

Ce n’est pas la seule singularité de cet état : un braquage vient d’être commis. Banal, me direz-vous. La différence est que le braqueur a utilisé une camionnette de boulangerie, et que son complice n’est même pas un bras cassé, plutôt un boulet de compétition – et encore, il est des boulets qui sont charmants, lui ne l’est pas, ne reculant devant rien pour garder pour lui l’argent du braquage, pas vraiment brillamment exécuté. Seulement, les commanditaires tiennent à avoir ce pour quoi ils ont envoyés ces deux brillants spécimens de voleurs. Plus de personnes peuvent se partager le butin et être tentées d’accroitre leur part, plus ils ont envie de diminuer le nombre d’associés.

Pendant ce temps, Valentine collabore avec la police, au sujet de l’assassinat déguisé en suicide d’un directeur d’une agence bancaire. Il est des personnes qui ne sont vraiment pas douées pour maquiller un meurtre. Si cela vous rappelle quelqu’un, c’est normal – même si l’on est dans le Missouri, les bras cassés seraient vraiment fort nombreux dans un même lieu.

Ce roman est relativement court (256 pages) et il est sombre, noir, violent, sanglant. Nous sommes face à des hommes pour qui la vie humaine ne compte pas, mais alors vraiment pas. Tous les moyens sont bons pour obtenir des résultats, la cruauté et le sadisme donnent de la créativité à ses hommes dépourvus d’humanité. Alors oui, au milieu d’eux, Ron, l’enquêteur qui demande l’aide de Valentine, fait figure de rareté. Certes, lui aussi a rêvé d’une vie meilleure, lui aussi a tout plaqué derrière lui, une jeunesse sans confort, vouée au travail dès avant le lever du soleil. Comme il le dit à Valentine, répondant à sa question, il ne regrette pas son choix, lui qui conduit à la vitesse d’un cheval qui va au pas et s’intoxique joyeusement les poumons. Il faut de tout pour constituer les Etats-Unis.

Mais l’anti-héros du livre, c’est véritablement Valentine.Nous suivons ses errances alcoolisées, ses promenades avec Frank, ses coups de sang, ses enquêtes aussi – non parce qu’il enquête tout de même. Il sait aussi mettre parfaitement à profit le métier qu’il a exercé avant – un peu trop bien sans doute aux yeux de certains. Il a une véritable tendresse pour son cabot, qui le lui rend à sa manière, jusqu’au dénouement. Le chien reste toujours le meilleur ami de l’homme.

Une citation pour la route :

Big Tony dit que nous n’avions qu’une solution, que nous devions agir vite et bien. Il dit qu’une fois cette ligne franchie, on ne pourrait plus revenir en arrière.
Je dis que les seules lignes qui m’intéressaient étaient les lignes tracées à la craie autour de leurs cadavres.

La Famille Cerise, tome 4 : La grotte mystérieuse de Pascal Ruter

Présentation de l’éditeur :
Ce matin à Savigny-les-Mimosas, il a tellement neigé que l’école est fermée ! Une aubaine pour les jumelles Cerise et les frères Belpom qui s’empressent de partir se balader en forêt, équipés tels de vrais trappeurs ! Toujours avides d’aventures, ils découvrent une bien étrange grotte …
Ajoutez à cela, un oiseau rare, des bandits, des peintures rupestres, un message énigmatique et un mystérieux trésor, et vous obtiendrez un délicieux mélange de rires et de rebondissements !
Mon avis :
En chroniquant le tome 3, je disais : « Si vous aimez l’humour, la fantaisie et la campagne, alors ce livre est fait pour vous et vos enfants. » Je pourrai dire la même chose de ce tome 4, si ce n’est que ce sont ajouter la neige et la fermeture (provisoire, heureusement) de l’école. Les jumelles Cerise et les frères Belpom ne se posent pas de question sur les manières d’occuper ce temps libre qui se présente à eux : vive la nature ! Rien ne vaut une bonne promenade dans la neige. Enfin, une promenade… une exploration ! Les quatre enfants partent littéralement sur les traces de Prosper, le grand-père des jumelles Zouille et Yoyo, mais aussi sur celle de leur héros, l’explorateur John Paris. Ah ! John Paris, il n’a peur de rien ! Alors partir dans la neige de manière suréquipée (enfin, selon le point de vue des quatre enfants), ce ne serait rien pour leur héros. Leur instituteur, d’ailleurs, n’est pas en reste, lui qui part skier avec son amie Gladyne, tout juste revenue d’Australie. Ah si seulement il osait… Non, pas manger avec elle le pain d’épices en forme de kangourou qu’elle lui a rapporté d’Australie, ça, c’est fait. S’il osait lui dire ce qu’il ressent pour elle. Mais leur promenade se compliquera elle aussi.
Oui, l’on peut croire que le froid, la neige apporte du répit et du rêve à tout le monde. Et bien non ! Il est des personnes qui, au lieu de poursuivre leurs rêves, poursuivent des réalités bien matérielles, et tant pis si cela fait un peu mal à d’autres.
C’est à un vrai roman d’aventures hivernales que nous avons à faire. Si le danger est réel, l’humour, et surtout la solidarité, sont bien présents et permet de passer un bon moment de lecture. Ce livre nous rappelle aussi d’être toujours attentif à ce (ceux ?) qui nous entoure – voir le journal de bord final.