La variée était en noir de Jean Failler

Présentation de l’éditeur :

Voici Mary Lester plongée dans le monde étrange des marais de Brière dans le cadre – voulu par un ministre – d’une coopération avec la gendarmerie. Les gendarmes l’acceptent volontiers à condition qu’elle ne fasse pas de vagues et surtout, qu’elle ne se mêle pas d’enquêter sur les incendies qui ravagent des maisons de  » hors venus  » au marais. Évidemment, il suffit d’interdire quelque chose à Mary pour qu’elle ait envie de le faire. Elle ne tarde pas à découvrir que ce qui se passe sur l’Ile aux Vierges est bien plus grave que les incendies, et à s’intéresser à un personnage louche et à sa compagne. Des gens qui ont le bras long, au point de pouvoir empêcher Mary de mener son enquête à bien ? Ils auraient tort de le croire…

Mon avis : 

C’est un livre inquiétant. Si, si, je vous le dis. Il est inquiétant à plus d’un titre. Certes, il faut le replacer dans son époque, celle où le premier ministre d’alors voulait prouver la bonne collaboration entre la gendarmerie et la police : Mary Lester est donc envoyée dans les Marais de Brière pour être la caution politique de cette belle entente. Si vous avez déjà lu une enquête de Mary Lester, vous devez savoir qu’elle n’a vraiment rien qu’une « caution », et tout d’une enquêtrice qui veut mener à bien ses enquêtes. Pas si simple puisqu’un charmant personnage sévit, effraie quasiment tout le monde, au point que personne n’ose porter plainte, et que la gendarmerie laisse faire – surtout ne pas faire de vague !
Ce qui est inquiétant aussi, si vous lisez la couverture, est que le roman est signé « Mary Lester », et non « Jean Failler ». Pourquoi ? L’auteur a été condamné en diffamation pour un de ses précédents romans, parce qu’une personne s’est reconnue dans l’ouvrage – plusieurs mêmes, si j’en crois l’article que j’ai lu à ce sujet. Quid de la liberté de l’écrivain ? Pas gagné, si j’ose dire.
Cette vingt-cinquième enquête nous emmène dans les marais de la Brière où des incendies ont lieu, de manière inexpliquée – enfin, pas pour tout le monde. On sait, on n’a pas de preuve, et en France, on ne peut pas condamner sans preuves. Heureusement, me direz-vous. Je suis bien d’accord. Je dis simplement que pour pouvoir faire cesser ces exactions, il faut aussi se donner les moyens d’enquêter, faire cesser la peur, oser aussi se poser les bonnes questions. Tant que les victimes n’oseront pas porter plainte, tant qu’elles seront terrorisées par leur bourreau, tant que les violences conjugales seront traitées comme de simples disputes causées par la jalousie. Je parlai d’actualité plus haut : force est de constater que les choses n’ont guère changé depuis la publication de ce roman en 2004.
Pas une enquête facile pour Mary Lester, non seulement parce qu’elle est un peu seule contre tous, mais aussi parce qu’un homme ne peut bénéficier d’une telle immunité sans être protégé. Qu’est-ce qui peut bien se passer dans ses marais pour qu’on lui laisse faire sa loi ?
Ce que découvre Mary Lester est tout sauf reluisant. Il est de bonnes personnes. Il en est d’autres qui savent tirer le meilleur, pour eux, de la misère humaine.Cela se passe près de chez nous, il faut simplement ne pas fermer les yeux.

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