Archive | 12 novembre 2019

Agatha Raisin enquête, tome 17 : Cache-cache à l’hôtel de MC Beaton

Présentation de l’éditeur :

Entre son agence de détective qui tourne au ralenti et les réunions des dames de Carsely, Agatha s’ennuie. Aussi, est-elle enchantée lorsque son ex-mari James Lacey l’invite pour des vacances mais – horreur ! – sa conception d’un séjour idyllique est le petit hôtel décrépit de Snoth-on-sea où enfant, il passait ses étés.

A l’occasion du mois celte , une lecture commune avec Adely, du blog lectureenfantparent

Mon avis :

– Tu es vraiment une garce.
– Je sais. Allez, on va manger.

Ah, c’est beau l’amour. Oui, c’est ainsi que James parle à Agatha, alors qu’ils sont partis tous les deux en vacances. C’est James qui a choisi la destination, sans consulter Agatha, parce qu’il a de très bons souvenirs d’enfance dans ce lieu. Et tout a changé. Ce n’est pas tant une charge contre le temps qui passe, mais montrer la réalité de la vie quotidienne anglaise, dans ces coins reculés et oubliés, sans fard. Agatha ? Elle a beau être toujours amoureuse de James, toujours prête à le suivre du moment qu’il veuille bien d’elle, et bien à un moment, clac ! cela ne va plus. Oui, je sais ce que vous allez me dire, si vous avez lu comme moi les seize tomes précédents : comme Mrs Bloxby, nous attendons qu’Agatha cesse enfin de ne penser qu’à James, d’imaginer un avenir avec James, bref, nous espérons qu’elle ira un jour de l’avant – et ce n’est pas gagné !

James semble cependant avoir compris qu’il a un peu exagéré – ne l’avait-il pas fait dès le début, en emmenant Agatha à un barbecue, sans se préoccuper d’elle une seule fois pendant le repas, sans se préoccuper surtout qu’Agatha n’aime pas du tout le barbecue !

Agatha avait horreur des barbecues. Les barbecues, c’était pour les américains, les australiens et les polynésiens, enfin, pour les peuples jouissant d’un climat agréable !
D’après son expérience, les anglais se délectaient de viande à moitié crue servie sur des assiettes en carton dans un jardin infesté d’insectes.

Je vous rassure, Agatha sait aussi prendre la pleine mesure du comportement de James, et lui renvoyer la politesse :

– Est-ce que tu as toujours été un connard prétentieux ou est-ce que c’est moi qui m’en aperçois seulement maintenant ?

Vaste questionnement philosophique. Agatha sera amenée à beaucoup philosopher sur ses relations amoureuses, dans ce tome. D’ailleurs, je n’ai toujours pas parlé de l’aspect policier de ce dix-septième volet de ses aventures. En effet, un meurtre est commis sur la plage de Snoth-on-sea, avec l’écharpe d’Agatha ! Elle est donc la première à être accusée, la première à être innocentée aussi. Qu’importe ! Elle dirige une agence de détective, et il est hors de question qu’un meurtre commis en sa présence reste impuni !

J’aimerai vous dire qu’elle enquête avec ordre et méthode. Le moins que je puisse dire est « pas vraiment ». Heureusement, elle a les membres de son agence de détective qui lui sauvent la mise – ils ont un bel esprit d’initiative, et il est dommage qu’ils restent des personnages assez secondaires, finalement, dans l’intrigue. J’aimerai vraiment les voir davantage, leur donner toute la place qu’ils méritent, plutôt que de lire les éternels retours de Charles et de James dans la vie d’Agatha. De même, j’ai l’impression que M.C. Beaton a ajouté une pincée de Billy Wong ici (sans ses parents), une pincée de Roy là (dans un look improbable) pour contenter leurs fans.

J’ai trouvé aussi que certains rebondissements étaient assez improbables, que certains coupables étaient identifiés trop facilement. Bref, ce n’est pas, à mes yeux, le meilleur tome d’Agatha Raisin, et je regrette qu’il n’existe pas une série dérivée avec les employés de son agence de détective.