Archive | 5 novembre 2019

Les enquêtes de Vipérine Maltais, tome 1 : Mortels Noëls de Sylvie Brien

Présentation de l’éditeur :

Panique au pensionnat ! En ce froid Noël de 1920, une des religieuses qui veillent sur les orphelines a été attaquée dans son sommeil par un fantôme. Mauvaise plaisanterie ? Hallucination ? Tentative d’assassinat ? L’élève Vipérine Maltais mène l’enquête, bien décidée à découvrir ce que chacun s’efforce de cacher. Mais attention, Vipérine : les Noëls sont parfois mortels à Montréal…

Mon avis : 

Vipérine est la neuvième d’une famille de dix enfants – sa mère est morte en mettant au monde Olivine, la dizième de la fratrie. Son père s’est remarié avec une veuve, mère de six enfants, et les siens n’ont plus vraiment de place à la maison. Aussi, Vipérine et Olivine restent-elles au couvent pour les fêtes, avec leur grande-tante qui prend relativement bien soin d’elle, mais aussi une soeur économe qui n’est pas vraiment commode.

D’ailleurs, la soeur est victime d’une agression. Quelqu’un a tenté de la tuer, juste après sa tournée pour récupérer les étrennes du couvent. D’ailleurs, tout au long de son parcours, il en est, des personnes qui n’appréciaient pas la soeur. De plus, la maison du notaire a été le lieu d’un meurtre particulièrement cruel, vingt-cinq ans plus tôt, et toujours irrésolu : les parents du notaire et son petit frère ont été retrouvés morts au pied du sapin. Des personnes furent accusées, mais toutes furent innocentées.

Dans ce beau roman de littérature jeunesse, Sylvie Brien nous fait découvrir la vie quotidienne au Québec dans les années vingt, elle nous montre surtout la condition des femmes, entièrement subordonnées à leur mari par le mariage, rejetées si elles avaient un enfant sans être mariées, condamnées à mourir après un nombre impressionnant de grossesse (dix, quinze….) même si une seule suffit pour conduire à la mort. Le couvent paraît parfois le seul refuge, une sécurité – la certitude de ne pas perdre sa santé en mettant au monde une dizaine d’enfants.

Singulière enquêtrice que Vipérine, lucide sur le monde qui l’entoure, qui n’hésite pas à poser des questions, à effectuer des recherches – que d’autres ont déjà tenté avant elle, preuve que certaines personnes ont vraiment des choses à cacher. Parfois, elle pense faire le bien, le plus souvent, pas du tout.

Vipérine, une héroïne à découvrir : j’ai la chance d’avoir le tome 2 !

 

Lola on ice Premier Challenge par Pascal Ruter

Présentation de l’éditeur :

Entre le patin à glace et Lola, c’est une grande histoire d’amour ! Avec sa meilleure amie Sascha, la jeune fille de 10 ans ne vit que pour l’axel, le back flip ou le lutz. Alors quand les deux amies sont repérées pour passer les sélections de la prestigieuse Ice Academy, le rêve pourrait bien devenir réalité. À la clé, un championnat parrainé par leur idole Tatiana, star du patinage artistique ! Mais entre l’entrée en sixième, les devoirs et un petit frère ultra-collant, Lola arrivera-t-elle à tout concilier ?

Merci aux éditions Didier Jeunesse et à Netgalley pour leur confiance.

Mon avis :

Le patinage artistique ? Un sport dont on ne parle pas tant que cela, un livre sur lequel il n’existe pas tant de livres que cela – je le sais, parce que c’est un sport dont je suivais beaucoup les compétitions étant adolescente, partageant cette passion avec d’autres membres de ma famille. Résultats : quand je cherchais un ouvrage qui s’y rapporte, je ne trouvais rien.

Lola on ice est un roman de littérature jeunesse qui en parle – et oui, il n’y a pas que le football ou le rugby dans la vie, et les filles, les garçons, ont tout à fait le droit de pratique un sport sur glace. Lola et sa meilleure amie Sascha sont toutes les deux des passionnées, elles savent tout sur la moindre figure – mais elles n’appartiennent à aucun club. Cela ne les empêche pas d’être « repérées » et de se voir proposer de participer aux sélections pour rentrer à la Ice Academy.

Est-ce si simple ? Non, bien sûr que non. Si le nom de l’académie m’a rappelé irrésistiblement celui d’une célèbre émission de télé-réalité, la situation est tout autre ici, bien plus réaliste. D’abord, il faut l’accord des parents : Lola et Sascha rentrent en 6e, et contrairement à ce que certains veulent bien dire, ce n’est pas si facile que cela, et leurs parents veulent que leurs résultats scolaires restent bons, voire très bons. (Note : les futurs sportifs de haut niveau que j’ai eu comme élèves étaient aussi au top au niveau scolaire). Puis, les entraînements sont contraignants : les horaires, la durée, le fait qu’ils dérangent l’organisation familiale et empiète sur la vie de famille. Si pour Lola, c’est un plaisir, ses parents lui rappellent aussi qu’elle n’est pas seule et qu’elle a un petit frère qui a aussi besoin d’eux, ou d’elle – Jérôme, le modèle même du petit frère tel que le connaissent tous ceux qui ont un petit frère, né pour embêter ses aînés !

Le roman montre bien à quel point il est difficile de tout mener de front, la vie de famille, le sport de haut niveau et surtout le collège. Il montre aussi les rivalités qui peuvent exister au sein de la Ice Academy : si Lola et Sascha se soutiennent toujours, y compris dans le domaine scolaire, tous n’ont pas cet état d’esprit, le patinage artistique n’est pas forcément un sport d’équipe, même si, pour l’instant, ils portent les couleurs de leur académie.

Lola on ice, un roman positif et réaliste sur le sport et sur l’amitié.