Archive | 1 novembre 2019

11 années de lecture

Bonjour à tous

Ce n’est pas que j’ai hésité avant de rédiger ce billet, c’est plutôt qu’il me trottait dans la tête depuis un certain temps.

Tout d’abord, une évidence : voici onze ans, je me suis inscrite sur un forum de lecture, le forum Partage-Lecture . Il n’avait que quelques mois d’existence, et j’ai mis à peu près un an avant de participer activement. C’est grâce à ce forum que j’ai eu mon premier partenariat (Le dissident chinois de Nell Freudenberger), que je me suis investie peu à peu dans le forum, devant marraine pour guider les nouveaux membres, puis modératrice depuis déjà quelques années – au moins six ans.

Si j’aime beaucoup ce forum, c’est parce que c’est grâce à lui que j’ai écrit mes premières critiques, et que j’ai crée mon premier blog, avant d’ouvrir celui-ci en 2012. Si je l’aime beaucoup aussi, tout comme Au fil des lignes  auquel je me suis inscrite plus tard, c’est qu’il permet vraiment d’échanger autour de ses lectures, et non de juger.

Non, parce que, dans la vie, vous vous trouvez parfois/de temps en temps/souvent juger pour ce que vous lisez, alors que vous n’avez rien demandé à personne.

C’est aussi pour cela que, d’après un bibliothécaire, les bornes ont été crées dans les bibliothèques pour que, justement, les usagers n’aient pas à parler de leurs lectures – par peur d’être jugés.

Parfois, oui, vous rencontrez des gens sympas qui vous disent : « ah, vous aussi, vous aimez Montalbano ?  » ou « c’est bien, vous lisez Rousseau ».

Parfois, vous rencontrez des gens qui vous insultent parce qu’ils n’aiment pas ce que vous lisez. Voire parce qu’ils n’aiment pas que vous lisiez. Oui, je me suis déjà fait insulter parce que je lisais dans les transports en commun, parce que je lisais, seule dans un salon de thé – et je suis ravie, même si c’est bien différent, de voir que tout le monde a le nez sur son portable, parce que même si c’est différent (bis), je ne suis plus la seule à qui l’on peut dire « ce n’est pas bien ». Et bien si, cela l’est. C’est bien de faire ce que l’on veut, et si cela vous dérange, je ne vous demande rien.

Plus simplement, vous rencontrez aussi des gens qui vous dérangent dans votre lecture, parce que vous lisez un roman policier, et que ce n’est « pas grave » qu’ils vous dérangent parce que ce n’est « qu’un roman policier ». En me disant que mes lectures ne sont pas importantes à vos yeux, en les dévalorisant, vous ne vous dites même pas que ces remarques peuvent être blessantes. Je vous parlerai aussi de cette personne qui m’a sommé de me justifier parce que je lisais un roman de littérature jeunesse dans les transports en commun, et qu’il estimait que j’avais passé l’âge, que je devais lire mieux. Je me suis passée de ses conseils, forcément. Aussi, je trouve très important de ne jamais dévaloriser les lectures de mes élèves, ou de tout jeune, moins jeunes qui m’entourent, de ne pas dire non plus que cette lecture sera trop difficile pour lui, pour elle. Chacun est libre de lire ce qu’il veut, comme il veut, quand il veut, libre aussi de ne pas lire, de faire des pauses, d’avoir des pannes de lecture, de ne pas avoir le temps de lire.

Partageons la lecture, ne l’entravons pas.