Archive | 16 octobre 2019

Jackpot à Pau de Bernard Maignent

Présentation de l’éditeur :

Au retour de sa transhumance, un berger découvre une voiture calcinée avec deux corps à l’intérieur. Affaire de drogue ? Règlement de compte ? De l’inattendu au cœur des montagnes pyrénéennes ! De quoi motiver le commissaire Laffitte, fraîchement débarqué à Pau et pas encore affranchi des coutumes locales. Comme l’idée que le maire de la ville, un certain François Bayrou, veuille mettre son grain de sel dans son enquête. Tension, suspense et même romance hors des sentiers battus, cette affaire sent le soufre, les euros et les magouilles… jusqu’au cœur du pouvoir.

Merci à Netgalley et à Bookelis pour ce partenariat.

Mon avis :

Pour être un jackpot à Pau, c’est un jackpot. Le commissaire Laffite vient tout juste d’arriver à Pau, et franchement, pour sa première enquête, il a vraiment une chance inouïe, contrairement aux victimes : deux hommes morts, carbonisés, dans le coffre d’une voiture. Oui, cela ressemble furieusement à un règlement de compte. Je vous rassure tout de suite : le berger et ses moutons n’auront pas à en souffrir (oui, je ne peux pas résister à la tentation de vous spoiler un peu).  Je vous effraie tout de suite : rien n’est aussi simple qu’il y paraît dans la belle ville de Pau.
Non, on l’avait assuré au commissaire, la ville est parfaitement sécurisée, pas un traffic de drogue depuis une bonne décennie, et c’est le policier assigné à cette tâche qui le dit. De là à dire qu’il n’a pas été capable d’en découvrir un en dix ans, il n’y a qu’un pas que le commissaire n’a qu’une envie : franchir.
Oui, rien n’est simple dans cette ville, et quand la politique s’en mêle, tout peut se compliquer – ou pas : les magouilles ne sont pas toujours là où l’on pense, et il est des hommes politiques qui veulent véritablement valoriser leur ville (fort heureusement pour leurs habitants), qui veulent que la police fasse véritablement son travail.
Une personnalité, que ce commissaire Laffitte, précédé par un flot confus de rumeur dont il a raison de ne pas se préoccuper. Cette nouvelle ville est un nouveau départ, qui le mènera plus loin qu’il ne le pense. La cause ? Une femme, j’ai presque envie de dire « forcément ». Je ne dirai pas une femme qui est son exacte antithèse, je dirai une femme que l’on ne s’attendrait pas à trouver ici, tout simplement parce qu’elle ne sais pas où est sa place, elle ne sait pas quel sens donner à sa vie.
Jackpot à Pau, un polar dans lequel il ne faut pas se fier aux apparences.

Shelton et Felter – tome 1 : La mort noire de Jacques Lamontagne

Présentation de l’éditeur :

Boston, 1924. S’il ne s’était un jour méchamment déboîté l’épaule pendant un combat de boxe, Isaac Shelton exercerait probablement aujourd’hui encore son métier de débardeur sur les quais. Mais contraint à se reconvertir, c’est en qualité de journaliste à la pige qu’il fait la connaissance de Felter, petit libraire passionné de littérature policière. Le premier est athlétique et plutôt beau garçon (si ce n’est un vilain nez cassé, autre souvenir de combat); le second est doté d’un puissant sens de l’observation et d’un esprit d’analyse hors du commun (qualités contrebalancées par un tempérament hypocondriaque et une multitude de tocs). Animés pour l’un par le besoin de décrocher un scoop rémunérateur et pour l’autre par l’envie de ressembler à ses héros littéraires, les deux compères vont s’associer afin de tenter de faire la lumière sur une série de meurtres insolites.

Merci à Netgalley et aux éditions Kennes pour ce partenariat.

Mon avis :

Il est des personnes qui n’ont vraimet pas de chance. Non, je ne parlais pas d’Isaac Shelton, ex-débardeur sur les quais, ex-boxeur amateur, je parle de l’homme politique qui est trouvé mort en pleine rue, parce qu’il a succombé alors qu’il était en compagnie d’une dame de petite vertu et qu’elle a jugé bon de déplacer le corps. Sur les lieux, un petit homme qui ne paie pas de mine relève les faits qui lui permettent de résoudre l’enquête. Un policier ? Pas du tout : un libraire, un homme dont la vie est réglée comme du papier à musique. Il doit être rentré à 20 h 30 chaque jour, pour nourrir ses chats. Il prend des gouttes, pour ses sinus, il prend des médicaments, pour le stress. Felter – tel est son nom – sympathise pourtant avec Shelton, qui est dans une situation financière délicate, et qui, en tant qu’apprenti-journaliste, a besoin d’un scoop, et très vite.
Ce n’est pas tant le scoop qui arrive qu’une nouvelle affaire : un homme est retrouvé mort, étouffé par de la mélasse. Qui a pu commettre un tel acte ? Et comment la victime a-t-elle pu être immobilisée ? Un autre crime est commis, et à nouveau, la victime est noyée dans la mélasse. Alors, cela rappelle à certains une tragédie qui a eu lieu quelques années plus tôt, une tragédie bien réelle, dont l’auteur nous parle à la fin de la bande dessinée : ce désastre a eu lieu dans une distillerie locale, une citerne s’est écroulée, faisant 150 blessés et 21 morts, des chevaux, des chiens succombèrent aussi. Penser que le coupable est une personne qui a été une victime collatérale de cette tragédie s’impose comme une évidence pour les enquêteurs, qui craignent que la liste des victimes ne s’allonge. Tant de personnes travaillaient dans cette distillerie, tant peuvent être jugés responsables. Comment tous les protéger ?
Pendant ce temps, Shelton et Felter enquêtent, ou plutôt, Shelton entraîne Felter dans ses enquêtes, et ce dernier apprécie modérément ce qu’il doit faire, Shelton ayant le don pour le placer dans des situations loufoques – à condition de ne pas craindre l’humour noir, il est des personnes qui se choquent facilement. Le dessin reste très classique, les couleurs sont chaudes, façon sepia, un peu comme si l’on regardait de vieilles photos avec émotion. Le duo d’enquêteurs que tout oppose n’est pas non plus une idée nouvelle, mais j’ai vraiment passé un bon moment en leur compagnie, avec une nette préférence pour Felter – forcément.

 

chez les lectures d’Azilis