Archive | 8 octobre 2019

De chair et de sang de John Harvey

Présentation de l’éditeur :

Après trente ans de bons et loyaux services dans la police de Nottingham, l’inspecteur principal Frank Elder a donné sa démission. Il s’est réfugié dans un cottage en Cornouailles, mais le passé continue de le hanter. Il ne s’est jamais remis d’une affaire non élucidée : la disparition, en 1998, d’une adolescente nommée Susan Blacklock. Deux psychopathes condamnés à l’époque pour le viol et le meurtre d’une autre jeune fille restent pour l’inspecteur des suspects idéaux. Apprenant que l’un d’eux va bénéficier d’une libération, Frank Elder s’intéresse de nouveau à l’affaire Blacklock. Il ne se doute pas qu’il va plonger jusqu’au cou dans un drame auquel sera mêlée sa propre famille.

Mon avis :

Soyons clair : je préfère nettement la série Charles Resnick à celle qui met en scène Frank Elder, sans doute parce que celle-ci s’attarde trop sur la vie privée de l’enquêteur. Lui a suivi sa femme au gré de ses pérégrinations professionnelles, leur fille suivait de son mieux, acceptant ces changements d’établissements scolaires, se séparant ainsi de ses amis, renouant d’autres amitiés, pendant que ses parents se séparaient. Et oui, madame Elder avait un amant, avec lequel elle est toujours en relation. Quant à Frank, il vit seul, il a démissionné de la police, mais il reprend du service. Oui, un homme qui avait été soupçonné de la disparition d’une adolescente sort de prison : il avait été condamné pour le viol et le meurtre d’une autre jeune fille. On ne peut pas garder les tueurs indéfiniment en prison. Il semble cependant que la société échoue lamentablement à les réinsérer, peut-être parce qu’ils ont toujours été en marge de la société.

Regardons un peu le destin de Shane Donald, le complice, celui qui était sous la coupe de plus fort que lui. Il a été victime de maltraitance, de violence tout au long de sa jeunesse, de trouvant un peu de réconfort qu’auprès de sa soeur aînée, Irène, qui s’est mariée jeune, pour fuir son milieu, puis a enchaîné les grossesses. Il est ensuite tombé sous la coupe de plus fort que lui. Alors oui, bien sûr, tous les enfants maltraités ne finissent pas ainsi – mais combien d’enfants maltraités croisons-nous dans ce livre ? Ne comptons pas, ils sont beaucoup trop.

Frank Elder suit de loin ce qui se passe, parce qu’il a promis à Helen, la mère de Susan, la dernière disparue, de retrouver sa fille. Bien sûr, personne n’a d’illusion, elle est très certainement morte, sinon, elle aurait donné des nouvelles, à sa mère, à son père, à un ami, un proche, un de ses anciens professeurs qui croyait en elle – elle voulait devenir comédienne. Donc Elder reprend l’enquête – et tout dérape. Le passé demandait à ne pas être réveillé, et le présent est suffisamment tortueux. Certains sont prêts à tout pour obtenir ce qu’ils désirent, les conséquences, les vies humaines comptent peu.

Une lecture en demi-teinte donc, et un dénouement dont les conséquences se feront sans doute sentir dans les tomes suivants (le quatrième n’est pas encore traduit à ce jour).