Dernière chance pour Alex Cross de James Patterson

édition Jean-Claude Lattès – 349 pages

Présentation de l’éditeur :

Alex Cross est habitué aux affaires criminelles les plus complexes et les plus atroces, mais aucune d’elles n’aurait pu le préparer à trouver un jour, devant sa porte, une collègue chargée d’une terrible nouvelle.
La famille d’Alex Cross a été kidnappée par un psychopathe du nom de Thierry Mulch, qui menace de la supprimer. Fou de rage, malade d’inquiétude, Cross ferait tout pour sauver les siens – Bree, Nana Mama et ses merveilleux enfants. Mais Mulch se moque de l’argent et plus encore de la pitié ; il a voué son existence à l’étude de la psychologie du criminel parfait. En volant au secours de sa famille, Cross découvre enfin la sinistre vérité : Thierry Mulch ne souhaite pas devenir un criminel parfait, il veut en fabriquer un. Et il a choisi Alex Cross comme cobaye pour son expérience perverse de confrontation du bien et du mal.

Mon avis :

Ceci est la vingt-deuxième enquête mettant en scène Alex Cross, et depuis la douzième, j’ai un peu décroché. J’ai d’ailleurs fait l’impasse sur plusieurs d’entre elles, la vingt-et-unième notamment, et ai constaté quelques ratés dans la série. Si vous souhaitez découvrir cet auteur, tournez-vous plutôt vers les toutes premières enquêtes, là où la vraisemblance a encore droit de cité.

Ici, ce n’est pas vraiment le cas. La famille d’Alex Cross est en danger – depuis plusieurs volumes, elle est toujours en danger. Je ne compte pas le nombre de fois où les compagnes successives d’Alex Cross ne furent des cibles, voire des victimes pour ses adversaires. Femme et mère, dans le cas de Maria et de Christine, enlevée alors qu’elle était enceinte. Seulement, cette fois-ci, c’est sa famille tout entière qui l’est, en ayant été kidnappée par un tueur en série, qui veut forcer Alex Cross à devenir un tueur à son tour. Le marché est simple : soit tu tues, soit je tue un des membres de ta famille. Contrairement à son comportement dans un volume précédent, le docteur Cross n’est pas naïf est il sait pertinemment que Mulch n’épargnera personne. Il n’est à aucun moment question de rédemption possible, et le portrait du tueur, et de ceux qui gravitent autour de lui, est édifiant : ils aiment tuer. Ils n’ont aucune crainte du châtiment, ni de la justice des hommes, ni de la justice divine, puisqu’ils ne croient pas. Par contre, ils excellent à manipuler les autres, en brandissant, justement, cette menace de justice divine. Sauf qu’il ne faut pas confondre meurtre de sang froid et légitime défense, donc acte.

L’auteur utilise toujours la recette qui a fait son succès : des chapitres courts, percutants, une enquête menée tambour battant, et Alex Cross qui reste humain, adjectif qui recouvre beaucoup de comportement, mais certainement pas de sacrifier des innocents pour sauver les siens. Si, comme moi, vous êtes sensibles à la géolocalisation des romans, vous découvrirez que celui-ci se passe en partie en Virginie-Occidentale, dans le Nebraska, et pour terminer en Louisiane – ou comment visiter les Etats-Unis des White trash.

Alex Cross est noir, et cela n’échappe pas aux policiers qui ne le connaissent pas et voient avant tout un noir, et non pas le docteur émérite, qui dut enquêter sur tant de cas difficiles. Damon n’est pas le fils de ce brillant membre du FBI, il est un garçon noir, qui vient d’une banlieue « difficile ». Mulch est blanc, rose, pourrai-je dire, si j’étais aussi moqueuse que ses camarades de classe. Les enfants sont cruels, ils le sont d’autant plus quand leur victime ne reçoit aucun soutien de la part des siens. Même enfance, ou presque, pour son alter ego, si ce n’est que l’élevage d’alligator remplace les cochons. L’absence totale d’empathie est aussi un point commun. Heureusement, une enfance douloureuse ne signifie pas que l’on deviendra un brillant tueur.

Et là, bien sûr, je me retrouve dans la case « invraisemblance » – l’écriture de Patterson est efficace, elle empêche de se poser trop de questions sur comment tels ou tels faits est possible.Par contre, j’ai aimé revoir John Sampson, son éternel coéquipier, aussi présent dans ce volume qu’Aaliyah, la jeune policière qui est un soutien constant pour Alex Cross. Autres figures marquantes : Minerva Frost et son fils alliés précieux – parfois, un coup de pouce du destin ne fait pas de mal.

Les fans apprécieront, les autres devraient commencer par un autre volume, pour mieux cerner l’univers de l’auteur.

10 réflexions sur “Dernière chance pour Alex Cross de James Patterson

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