Où bat le coeur du monde de Philippe Hayat

Présentation de l’éditeur :

Darry Kid Zak s’apprête à monter sur l’une des plus grandes scènes de Paris pour y donner son dernier concert. Comment Darius Zaken, l’enfant muet et boiteux, grandi dans la Médina de Tunis des années 1930, est-il devenu l’un des plus grands jazzmen du XXe siècle ?

Merci aux éditions Calmann-Lévy et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

Bienvenue pour un voyage à travers le temps, grâce à la musique. Nous commençons par la fin, nous savons quel grand musicien de jazz est Darry Kid Zak, nous découvrons comment, au cours d’un récit rétrospectif, il l’est devenu. Un jazzman qui a vécu très longtemps, qui donne certes son ultime concert, mais qui a surtout donné des concerts toute sa vie et qui a toujours auprès de lui la femme qu’il aime, Stella.

Nous assistons à un voyage musical, au récit de ce long apprentissage, pendant lequel Darry cherche sa voie, lui à qui la violence a ôté sa voix. Il lui faut aller contre les préjugés de la sociétés, quels qu’ils soient et quelle que soit cette société. Il lui faut écouter, affiner toujours son écoute, en se référant aux différents style de jazz qu’il identifie (ce dont je suis, pour ma part, bien incapable). Il lui faut aussi braver les interdits, aller au bout de ses rêves, poussé en partie par Lou, qui lui a offert son premier instrument, Lou, qui n’est pas allée au bout de son propre rêve de théâtre. Il lui faut aussi braver sa mère, ou  plutôt aller contre ce qu’elle souhaite pour lui. Stella, sa mère, a été rejetée par sa communauté d’origine quand elle s’est mariée avec le père de Darius. Veuve, elle a dû s’en sortir, et même gravir les échelons un à un pour son fils, fils qui, en retour, doit faire honneur à sa famille, au souvenir de son père, et s’intégrer dans la communauté juive. Et devenir un jazzman blanc n’est pas vraiment ce qui semble le mieux pour cette communauté.

Il faut dire qu’elle est bien mal en point, dans ce pays qui n’existe plus tel qu’il était à l’époque, rejetée par les musulmans comme par les français, qui ne s’émeuvent pas vraiment du sort qui lui est fait. C’est un voyage à travers la violence, de la seconde guerre mondiale à l’indépendance de la Tunisie, en passant par les Etats-Unis et la ségrégation, montrant ainsi que la musique n’a pas de frontière, ni de couleur.

Livre magnifique, émouvant, qui nous fait vraiment entendre la musique de ces passionnés.

 

 

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