Le big boss de Bill James

édition Rivages/noir – 334 pages.

Présentation de l’éditeur :

Elle s’appelle Mandy mais a décidé qu’elle serait « Noon ». Elle a 13 ans, vit dans une cite et a fait les gros titres des journaux : elle a pris une balle perdue lors d’un règlement de comptes entre truands. Cependant, l’histoire se révèle plus complexe ; Mandy transportait de la drogue pour le compte d’un gang et l’examen balistique démontre qu’elle était visée. Qui pouvait avoir intérêt a sa mort ? Du côté de la police, l’enquête s’enlise car le torchon brûle entre le chef de la police Mark Lane et son adjoint, le retors Desmond Iles. Mais comme toujours, c’est le superintendant Colin Harpur qui tirera son épingle du jeu.

Mon avis :

Je découvre la série Harpur et Iles avec cet opus, découvrant en même temps que de nombreux titres n’ont pas été traduits en français – ou restent encore à traduire pour le plus grand plaisir des lecteurs, c’est selon. Ce n’est rien de dire que ce n’est pas vraiment l’entente entre eux. C’est encore moins l’entente avec le chef de la police, Mark Lane, qui sort tout juste d’une grande dépression nerveuse et ne va pas vraiment bien. En plus, l’affaire qui leur est tombée dessus est tout sauf facile, paisible, jouable. Que des revendeurs de drogue de réseaux différents se tirent dessus, en pleine rue, en pleine journée, est déjà hautement pénible (que fait la police, franchement ?) mais qu’une gamine de treize ans ait été tuée, alors là, franchement (bis), rien ne va plus. Surtout, il ne faut pas longtemps avant que la police ne découvre – et ne garde l’information pour elle, après tout, enquêter, c’est enquêter, on ne va pas tout dire à la presse, qui laisse sous-entendre que la police « couvre » le chef des dealers. Ce n’est pas vrai, puisque ce n’est pas lui le responsable. Il faut pourtant bien le trouver. Il faut pourtant parvenir à s’entendre dans la police, entre ceux qui veulent infiltrer un policier dans l’un des réseaux de drogue, et ceux qui ne veulent surtout pas, se rappelant le désastre récent qui a entraîné la mort d’un policier infiltré.

De l’autre côté, nous avons le chef du réseau. Il est un homme qui a plus de points communs avec les policiers qu’on ne le pense. Il réfléchit toujours à ce qui se fait, ne se fait pas, est bouleversé par la mort de Mandy parce que franchement, il n’avait absolument pas voulu cela, et croit ses hommes quand ils lui disent qu’ils n’ont pas tiré sur elle. Il tient à une certaine forme de respectabilité : il a une maison somptueuse (qui n’est pas sans rappeler celle du chef de la police), il est séparé de sa femme et a la garde de ses enfants (la justice est bien faite), Il a aussi des contacts privilégiés avec un policier, qui le tient, moyennant finance, informé de beaucoup d’événements, et ne rêve que d’une collaboration plus poussée avec la police « comme cela existe ailleurs », dit-on. Autant vous dire que l’image de la police en prend sérieusement un coup si tel est le cas ! Le livre a été écrit en 1996, et je trouve bon de m’en souvenir, et aussi de lire des polars des années 90, un peu oublié à notre époque où l’on zappe énormément. En tout cas, c’est quasiment la guerre dans les services de police, pas seulement une guerre ouverte, non, mais une guerre où toutes les ruses sont permises pour parvenir à ses fins, surtout quand un (oui, il suffit d’un) policier est un « ripoux » . Je ne me permettrai pas de juger son intelligence : son sens de la ruse, du louvoiement, son instinct de protection sont très forts. Pour le sens de la justice, le véritable rôle de la police, vous repasserez.

En lisant ce livre, j’ai vraiment eu l’impression de voir une police débordée, débordée par l’ampleur du trafic de drogue, qui contamine même les tous jeunes adolescents, débordée par les luttes internes, le mal-être des policiers, la corruption aussi, et les « gangsters », ayant un souci de respectabilité, tout en subissant des luttes, internes et externes. Je n’ai garde d’oublier les vies sentimentales des uns et des autres, très compliquées. Et si les « gangsters » s’expriment de manière châtiée, ce n’est pas vraiment le cas des policiers.

Un auteur que je suis ravie de (re) découvrir.

 

3 réflexions sur “Le big boss de Bill James

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