Elle s’appelait Camille de Lucie Galand

édition Didier Jeunesse – 160 pages

Présentation de l’éditeur :

Contraint de passer ses vacances dans la maison d’enfance isolée de sa mère, Lucas pensait s’ennuyer tout l’été. Mais lors d’une promenade en forêt, il aperçoit un faisceau de lumière qui le guide vers une jeune fille à la beauté surnaturelle, puis il s’évanouit. À son réveil, Lucas se met en quête de la jeune fille et réveille un secret familial enfoui depuis bien trop longtemps…

Mon avis :

Tout d’abord, je tiens à remercier les éditions Didier Jeunesse et Netgalley pour leur confiance.
Je suis très ennuyée pour chroniquer ce livre, parce que c’est un livre que j’avais vraiment très envie de lire, et qui n’a pas correspondu à mes attentes. Le début est très classique : le départ en vacances, qui ne plait pas vraiment aux deux adolescents, contraints de suivre leurs parents; Vous me direz, c’est à peu près ce qui se passe pour tous les adolescents. Oui. Cependant, on sent la masse de non dits dans cette famille, une mère qui leur a peu parlé de sa jeunesse, de sa famille et qui retourne sur ses terres natales à un moment où son couple est en difficulté. Je n’ai pas aimé non plus les méthodes éducatives du père, les fameux « tu comprendras plus tard » (qu’est-ce qui t’empêche d’expliquer maintenant ? Ah, oui, la masse de non-dits dans la famille) et le fait de faire culpabiliser son fils pour l’amener à faire ce que son père veut qu’il fasse. Les adultes doivent se comporter en adulte, non utiliser le chantage affectif : il faut dire qu’ils ont bien des choses qu’ils n’ont pas régler, et c’est peut-être le moment de s’y mettre.
J’en aurai presque oublier Camille, fantôme qui est là parce qu’elle est morte en attendant le jeune homme qu’elle aimait. Ils devaient s’enfuir ensemble, elle est morte avant – son coeur n’a pas supporté l’effort et les émotions. Bon. Vu le nombre de personnes de ma connaissance qui sont mortes jeunes à cause d’une maladie de coeur, je peux vous dire que c’est parfaitement crédible. Ce qui l’est aussi, et là, nous basculons dans le « mauvais » conte de fée, c’est cette mère surprotectrice, qui suit à la lettre les conseils du médecin, qui affirme que les émotions peuvent la tuer. J’ai eu l’impression, en lisant cela, de me retrouver au 19e siècle, non en 1980. Les traitements existaient, les opérations aussi – aux conséquences délicates, bien entendues. La mère de Camille apparaît comme une femme (une méchante sorcière ?) qui veut garder sa fille pour elle toute seule et ne consulte pas d’autres médecins, ne fait rien pour qu’elle quitte cette étouffante forêt quasiment maudite – oui, je plaque beaucoup de mon ressenti sur ce livre. Camille est seule, désespérément seule, et ni son amoureux, ni sa meilleure amie ne lui offre le soutien dont elle a besoin – je m’interroge d’ailleurs sur ses relations avec sa meilleure amie, dont les motivations profondes m’ont forcément interrogée (j’adore me creuser la tête).
Camille est un fantôme – oui, j’ai presque oublié de le signaler, prisonnière de son lieu de décès, alors que tous ont continué leur vie. J’aime les personnages de fantômes mais, après avoir lu une oeuvre très forte mettant en scène des fantômes, j’ai trouvé celle-ci assez tiède. Elle offre certes de nombreuses interprétations possibles, d’autant plus que l’écriture est rétrospective, doublement – Lucas raconte, bien plus tard, ce qu’il a vécu cet été-là, renvoyant encore plus dans le passé ce qui est arrivé à Camille, récit caractérisé indirectement, sauf quand Camille elle-même prend la parole, à travers son fantôme ou ses écrits.
Je serai curieuse de savoir ce qu’un(e) lecteur(trice) plus jeune penserai de ce livre.

13 réflexions sur “Elle s’appelait Camille de Lucie Galand

  1. Je t’avoue qu’à la lecture de ta chronique, je ne sais pas trop si je suis tentée mais ta remarque sur les décès de jeunes en raison de problèmes cardiaques m’a quelque peu perturbée, je ne pensais pas cela aussi courant…

    • Courant, je ne sais pas, mais dans mon entourage, j’en connais une demi-douzaine, dont une de mes élèves (qui avait pourtant été opérée de sa malformation). Je connais aussi une jeune femme greffée du coeur à vingt ans, mère d’une petite fille opérée du coeur dès sa naissance, d’autres qui ont du subir des opérations pour mener une vie « normale » (c’est à dire sans traitement quotidien à vie). Donc, je n’ai pas vraiment de statistique à disposition, mais quand on me dit « on ne peut pas mourir d’une crise cardiaque jeune, c’est impossible », je ne sais que trop que c’est faux.

          • Il est plus facile de mourir d’une crise cardiaque à un certain âge, si on n’a jamais fait d’effort, qu’on mange gras, sucré, salé et qu’on boit que si on est jeune et sportif, mais…

              • 72, ça reste un bel âge, tu m’aurais dit 32…

                Churchill est hors catégorie, lui ! Il fumait comme une cheminée, buvait comme un trou, mangeait gras, dormait peu… never sport et mort à passé 90 piges, je pense.

              • Sa propre mère est morte à 92 ans… c’est après, dans la famille, que « c’est moins bien ». Mais quand certaines personnes m’expliquent que, si elle avait « fait attention », si elle avait suivi le régime « comme il faut », si elle avait été suivie… elle sortait du cabinet de son médecin pour son suivi, justement, quand elle est morte (et elle suivait un régime strict depuis au moins vingt ans).. cela m’énerve un peu.
                Oui, c’est une exception qui confirme la règle.

              • Un corps n’est pas l’autre, un métabolisme n’est pas l’autre non plus. Le voisin de mes parents bouffe du sucre par morceau entier, boit, fume, mange gras et ce type n’a pas de cholestérol, pas de diabète, rien ! Il est mince comme une trique, aussi.

                Alors, ils me font rire avec leur « s’il avait fait attention »…

              • On met les gosses de maintenant dans du papier bulle alors que nous, nous courrions sans rien, sans casque, on se cassait la gueule, on saignait des genoux et on n’en est pas mort. Maintenant, si mon petit neveu tombe, tout le monde retient son souffle (pas moi si c’est une bête chute) et sa mère flippe… Laissez-le vivre sa vie de gosse, bordel de merde !

              • Bien sûr que l’on n’en ai pas mort !
                Mais c’est vrai qu’à force de surprotéger les enfants, ou de tout justifier (mon enfant dort en cours, c’est normal), on ne s’en sort pas.

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