Archive | 19 juillet 2019

Apocalypse transferts de Fabio M. Mitchelli

Présentation de l’éditeur :

Un jeu en ligne ultra violent et ultra réaliste… Si réaliste que lorsque les joueurs se déconnectent de la plate-forme, certains d’entre-eux ne prennent pas conscience de leur retour à la réalité, et continuent de tuer… Dans quel monde vivons-nous vraiment ? Sommes-nous les acteurs de nos vies ou n’en sommes-nous que les marionnettes ? Et dans ce cas, qui tire les fils de nos destinées ? Cette banalisation de la violence et du sexe ne finira-t-elle pas par conduire l’humanité aux frontières d’un chaos irréversible ? À l’heure des réseaux sociaux, de l’hyperconnexion, des drogues de synthèse, et de l’impression des armes à feu en 3D, l’adolescence est en passe de supplanter l’adulte et de prendre le contrôle…

Merci à Netgalley et à French pulp éditions pour ce partenariat.

Mon avis :

C’est un livre prenant, du réel au virtuel, ou plutôt un tissage, un entrelacement entre le réel et le virtuel, sans que l’on sache toujours, à l’instar des protagonistes, où se termine l’un, où commence l’autre. Les chapitres sont courts, comme les nouveaux formats des séries télévisées, si ce n’est qu’à leur différence, ils nécessitent une attention soutenue, et suscitent l’envie d’en découvrir un peu plus sur cet univers bouleversé.
Oui, ce livre nous questionne sur notre société, sur ses valeurs ou plutôt sur son absence de valeurs. Y a-t-il vraiment des points positifs dans cette société ? On n’est pas d’où l’on vient, on est ce que l’on devient, et que sont les jeunes devenus ?Je note d’abord l’absence effrayante des parents. Oui, pardon, nous en avons, un puissant PDG qui ne pense qu’au bien-être de sa fille – c’est bien de penser à elle, lui qui ne prend jamais soin d’elle, ne se préoccupe pas réellement d’elle et ignore le mal qu’il lui a fait par son indifférence. J’ai presque envie de dire qu’il est le prototype même du grand bourgeois, pour qui seuls compte les apparences – une fille parfaite et bonne élève, une femme décorative et docile. Nous avons aussi un policier qui aurait sans doute fait un bon père, lui qui a encore en mémoire les valeurs d’un autre temps inculqué par son propre père – sa femme enceinte a été tuée. Alors oui, il est question de transmission, et les jeunes de ce roman (de notre société ?) en manquent cruellement.
Nous nous retrouvons face à des fratries, le niveau de la sphère familial suivant, celui qui est solide, notamment quand les enfants sont orphelins, ou quand les parents sont défaillants. Mais contrairement à d’autres fratries que l’on peut croiser dans la littérature, ses fratries sont tournées vers le négatif, non vers le positif. Ils sont incapables de voir ce qui est important, du début jusqu’à la fin, dans la réalité, ils pensent à la vengeance, non à la justice, ajoutant de la cruauté, de la violence, à ce qui est déjà une situation chaotique.
Comment la vie a-t-elle pu être dévalorisée à ce point ? Comment la mort peut-être ne plus avoir aucune importance ? Certains proposeront des solutions radicales. Et si chacun d’entre nous prenaient ses responsabilités, sans baisser les bras ?