Cachemire rouge de Christiana Moreau

Présentation de l’éditeur :

Trois destins liés par un fil rouge, celui d’un précieux cachemire tissé de manière ancestrale. Toscane. Alessandra est fière de la qualité des pulls et étoffes qu’elle vend dans sa boutique de Florence. Une fois par an, elle va s’approvisionner en Asie. Jusqu’à ce coup de foudre pour le cachemire rouge filé par une jeune fille, Bolormaa. Dans les steppes de Mongolie, celle-ci mène une existence nomade avec sa famille, en communion avec la nature. Mais, lorsqu’un hiver glacial décime leur troupeau de chèvres, elle doit quitter ses montagnes pour travailler à l’usine en Chine. C’est là qu’elle rencontre XiaoLi. Bientôt, dans l’espoir de se construire un avenir meilleur, les deux amies font le choix du départ. De l’Asie à l’Europe, du Transsibérien jusqu’en Italie, elles braveront tous les dangers pour prendre leur destinée en main et tenter de réaliser leur rêve.

Mon avis :

Tout d’abord, je tiens à remercier les éditions Préludes et Netgalley pour leur confiance. Ayant beaucoup aimé le premier roman de Christiana Moreau, je n’avais pas osé demander le second en partenariat. Il a suffi d’un commentaire sur mon blog pour que je me lance, et je ne le regrette pas.

Oui, ce roman est différent du premier, mais il nous parle à nouveau de destin de femmes. L’une est une bergère, une nomade devenue ouvrière, tout comme XiaoLi, qui a tenté l’aventure de la migration avec elle, la seconde dirige une boutique à Florence qui conçoit et vend pulls, étoffes de grande qualité face à l’afflux de produits bas de gamme, la troisième est une galeriste qui privilégie la créativité. La narration alterne entre elles, donnant la priorité à Bolormaa, tout simplement parce que c’est elle qui a le parcours le plus intense, le plus riche de ce roman. Grâce à elle, nous assistons à la transformation d’une culture. C’est la fin, presque la fin, du nomadisme traditionnel en Mongolie. Les jeunes rêvent d’une vie meilleure, et se retrouvent dans des usines, logeant dans des appartements très modernes – enfermés dans des cités, pour résumer. Bolormaa tente de conserver une partie des traditions, grâce à sa créativité. Pour s’en sortir, elle tente le voyage jusqu’en Italie, espérant retrouver Alessandra, qui lui avait laissé sa carte. Compliquée, le voyage ? Bien sûr ! Il est question d’un voyage clandestin, avec des passeurs, une traversée de la Russie, le remboursement des dettes contractées par le voyage, remboursement sans fin qui fait de l’Italie une petite Chine, bien à l’abri des regards. Que le voyage est simple, par contre, quand il est effectué par une commerçante européenne !

Le commerce est le point central, pour ne pas dire le problème. Cette « petite Chine » prospère dans une feinte indifférence des autorités, loin de toute sécurité. Des travailleurs ? Plutôt des esclaves, qui doivent satisfaire des demandes, des commandes toujours plus grandes.

Vision désespérante du XXIe siècle ? Non, pas uniquement, plutôt un bel hymne à l’amitié féminine (alors que le cinéma nous montre davantage des amitiés masculines), qui appelle à la solidarité, à l’envie de protéger l’autre, mais aussi à l’envie de se dépasser.

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