D’Elizabeth à Teresa de Marian Izaguirre

Présentation de l’éditeur :

La mystérieuse Teresa Mendieta, gérante d’un hôtel situé sur la Costa Brava, a disparu sans laisser de traces. Philippe, son ancien maître d’escrime, tente désespérément de la retrouver et interroge ses proches, tissant au fil des témoignages le portrait d’une femme complexe.
Sa disparition pourrait-elle être liée au passé de l’hôtel et de ses premiers habitants ? Car Teresa a précieusement gardé un journal intime rédigé sous forme de lettres, celui d’Elizabeth Babel, une jeune anglaise muette et isolée, qui habita dans le même lieu cent ans plus tôt. Malgré le siècle qui les sépare, plusieurs secrets et expériences communes semblent étrangement unir les deux femmes…
Véritable hommage au pouvoir de l’écriture et de la transmission, D’Elizabeth à Teresa entremêle les destinées de deux personnages féminins inoubliables.

Merci à Netgalley et aux éditions Les escalles pour ce partenariat.

Mon avis :

Je serai presque rapide, je n’ai pas aimé ce livre parce que je n’ai pas aimé le destin de ses deux héroïnes. Simple et efficace manière d’écrire un avis. Je reconnais aussi que, si j’ai lu ce roman en deux sessions, il faut vraiment rester toujours concentré tant il est parfois difficile de savoir qui parle, ou à quelle époque nous nous situons. Et je ne parle même pas de la durée de l’action, qu’il est parfois difficile d’évaluer.

Prenons par exemple Elizabeth – la première par ordre chronologique, la seconde par sa place dans le récit. Elle est sourde, et à cette époque, la surdi-mutité n’était pas accompagnée, mais alors pas du tout de la même manière. Pourtant, l’on pressent que la vie d’Elizabeth aurait pu être différente, si elle avait intégrée la bonne école plus tôt, si elle avait appris la langue des signes – ou plutôt, si on lui avait fait intégrer cette école, si on lui avait fait apprendre cette langue. A la mort de son père, sa mère se remarie, et si son beau-père prend soin d’elle, dans cette famille recomposée (mot qui n’était pas employé à l’époque, il était cependant coutumier de voir des veufs, des veuves se remarier rapidement pour la sécurité de leurs enfants), elle se retrouve assez vite isolée, écrivant pour se faire comprendre, s’écrivant à elle-même pour conserver des faits marquants de sa vie. Elle ne s’invente même pas une amie imaginaire, amie qu’elle n’a jamais eu, sauf peut-être Gertrude, la fille de son beau-père, pendant un temps assez bref. L’attitude des autres, à cause de sa surdité, est révoltante. J’ai envie de dire : « point », parce qu’elle-même laisse passer les occasions de se révolter, d’écrire ce qu’elle pense. A travers elle, nous voyons, de loin, de très loin, la première guerre mondiale, puis la guerre d’Espagne, et à force de mettre de la distance avec les gens, avec le monde, je me suis aussi sentie d’être distante avec elle.

Pour Teresa, je serai presque tentée de dire : « même combat ». Teresa est « mystérieuse », nous dit le quatrième de couverture. Pas tant que cela. Son destin, après le premier tiers du livre, est reconstitué par son maître d’armes français. Au passage, je tiens à dire que je ne connais pas la ville de Perpignan, je n’y suis jamais allée, mais la vision qui est donnée de cette ville est pour le moins pessimiste. Pour revenir à Teresa, elle cache des choses, oui, mais sa « vie » sentimentale, sans attache, n’est pas un mystère, presque pas du moins, elle qui traverse la frontière pour retrouver son amant, marié. Enfant, elle a grandi auprès d’une mère qui ne pensait qu’à elle-même, négligeant sa fille, mais refusant que son père s’en occupe. Aurait-il fait mieux ? Disons qu’il aurait fait différemment. Teresa, en tout cas, sera stigmatisée du simple fait qu’elle est la fille de sa mère.

Je pourrai disserter, presque sans fin, pour savoir si Teresa et Elizabeth sont vraiment connectées. Est-ce vraiment utile de l’affirmer ? Ce qui est sûr est que Teresa, seule, sans mère pour sa soutenir, avec des proches que j’ai parfois trouvés franchement indiscrets (bienvenue dans l’obscurantisme), sans amis, met ses pas dans ceux d’Elizabeth, la seule personne qui lui parle, même si c’est à des décennies de distance.

A vous de voir si vous souhaitez vous laisser tenter.

4 réflexions sur “D’Elizabeth à Teresa de Marian Izaguirre

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.