Archive | 30 mai 2019

Patagonia Tchou-Tchou de Raul Argemi

édition Rivages (Noir) – 265 pages

Présentation de l’éditeur :

Deux hommes embarquent à bord de « La Trochita », un train antédiluvien qui parcourt la Patagonie argentine à petite allure. Haroldo, un ancien marin qui se prétend le descendant de Butch Cassidy, a entraîné son ami d’enfance Genaro, ex-conducteur de métro, dans une aventure risquée : les deux compagnons projettent de prendre en otages les passagers du train pour libérer « Beto », le frère d’Haroldo, prisonnier en transit. En outre, ils comptent bien profiter de l’occasion pour mettre la main sur les sacs de billets qui se trouvent dans l’un des wagons. Cependant, rien ne se passe comme prévu. Il n’y a pas grand monde dans le train — une femme enceinte et son mari, des touristes — et la prise d’otages tourne court ; le conducteur de la locomotive y voit même une diversion ! S’ensuit alors une série d’événements qui va faire de ce voyage une odyssée surréaliste…

Mon avis :

Tout d’abord, je tiens à remercier Belette qui m’a fortement conseillé la lecture de ce livre.

« La Patagoniiiiiiiiie, la Pa-ta-go-nie

La Patagonie est une frontière entre mer et terre le désert et la vie »

Ah, pardon, je me suis trompée de chanson. Pourtant, je puis vous assurer que ce roman met en joie. Il ne fait pas rire aux éclats, non, il n’est pas estampillé « humour », mais il met vraiment le sourire.

Et pourtant, dirons des esprits grincheux, il n’y a pas de quoi rire. Nous sommes dans un train qui roule encore alors qu’il ne devrait plus. Il roule dans des conditions qui causeraient une levée de bouclier chez le moindre syndicaliste. Et pourtant, il roule, il va de gare en gare, il s’arrête parfois plus longtemps que prévu, à cause d’aléas climatiques. Je ne vous parle même pas des aléas humains, parce que « La Trochita » va subir une prise d’otages, par deux personnages hauts en couleurs. D’un côté, nous avons Haroldo, un ancien marin qui se fait appeler Butch Cassidy (il en serait le descendant) et veut à toute force mettre la main sur beaucoup d’argent, et libérer son frère, prisonnier emmené dans une nouvelle geôle. Pour cela, il a enrôlé un ami, Genaro, ancien conducteur de métro, pour lui prêter main forte.

Vous vous en doutez, rien ne se passe de manière classique, ne serait-ce qu’à cause des voyageurs qui se sont retrouvés dans ce train. Auquel va ma préférence ? Difficile à dire, si ce n’est que tous les chemins semblent mener à la Patagonie, y compris les routes électorales. Je n’ai garde d’oublier le football – sommes-nous au pays de Diego Maradona, oui ou non ?

Alors oui, on rit, on crie, on s’organise comme on peut, on fait avec les moyens du bord, ou on ne fait pas. On accueille un nouvel habitant pour ce monde – oui, on peut aussi accoucher dans un train – on en prend un autre en otage, et on tente de mener son projet à bien. Ou pas.

Une citation pour terminer, et qui sait ? donner envie de lire ce roman :

— Vous savez que c’est un endroit bizarre, la Patagonie ? répondit-il, en retournant la question. C’est plein de morts vivants.
— Eh ! Ce n’est pas comme Buenos Aires ! Qui est plein de parvenus vivants.