Archive | 29 mai 2019

La vie rêvée de Chloé Chevalier par Céline De Rosa

Présentation de l’éditeur :

Chloé a dix ans et vit à Paris avec ses parents et son jeune frère Ethan, de deux ans son cadet. C’est une préadolescente bien en avance sur son âge, une solitaire férue de civilisations anciennes et de lecture qui, dès que l’occasion se présente, s’isole dans sa chambre. Des amis, elle n’en a pas. Des amis, elle n’en veut pas vraiment. À son âge, elle est déjà consciente que le monde n’est pas si beau… Ses parents décident de quitter le douillet seizième arrondissement de la capitale et leurs professions plus qu’enviables pour vivre une belle expérience en Australie. Leur façon de voir la vie va changer. Du tout au tout. Mais ce n’est que le début d’une longue série d’histoires extraordinaires. Un livre pour se distraire, voyager et apprendre… des tas de choses !!! Pour les curieux… petits et moins petits !

Merci à Netgalley et à Butterfly éditions pour ce partenariat.

Mon avis :

Ce livre est le premier d’une série, et c’est plutôt une bonne nouvelle. Il se présente sous la forme d’un journal intime, et le moins que je puisse dire est que Chloé a une personnalité hors-normes, que bien peu d’auteurs oseraient faire adopter à leur héroïne, qui se doit d’être plus consensuelle. En effet, Chloé est plus mature qu’une enfant de son âge, elle attend avec impatience son entrée en sixième tout en ayant aucune illusion sur les êtres humains. Ouille, me direz-vous. Ouille ont pensé ses parents, qui lui ont fait consulter une psy qui est sûre que Chloé est normale, et qu’aucune séance ne lui permettra de ressembler à ce que souhaitent ses parents. Oui, elle n’a pas inventé une pathologie là où cette pathologie n’existe pas. Oui, Chloé n’a pas d’amis, ou plutôt, elle en a peu, parce que l’injustice la révolte; les préjugés aussi, et cette immersion d’un an en Australie ne va pas la faire changer d’avis.
L’Australie peut parfois faire rêver. C’est l’envers de ce rêve que montre Chloé. Pour ses parents, pas de soucis : ils appartiennent à un milieu socialement aisé, ils peuvent se permettre de prendre une année sabbatique parce que, jusqu’à présent, ils ont tout misé sur leur carrière, brillante il faut bien le dire, et en ont oublié de profiter de la vie. Ils se rattrapent, donc, et ne relâchent pas la pression sur leurs enfants. La scolarité en Australie, oui, mais les cours par correspondance français aussi, doublant ainsi la charge de travail – et pour avoir étudié par correspondance pendant quatre ans, je peux vous dire que ce n’est pas facile. Elle, son frère et ses parents profitent de la vie, des plages, du surf, ils découvrent aussi la nourriture, pas forcément terrible, et source d’obésité pour beaucoup d’australiens. Il est question des aborigènes, aussi, des personnes différentes, rejetées avec l’approbation, et bien, du plus grand nombre. L’apparence est ce qui compte.
Ce roman est préconisé à partir de huit ans, je pense cependant qu’il peut aussi toucher un lectorat plus âgé.

 

Le blues du chat de Sophie Chabanel

Présentation de l’éditeur :

Un chat dépressif, des crevettes roses, une cérémonie qui tourne au drame, des fours solaires et un curé bien trop séduisant : autant d’ingrédients pour une enquête-cocktail menée par l’étonnante commissaire Romano et son fidèle adjoint Tellier. Duo aussi improbable qu’efficace. Qui a tué l’ancien banquier véreux en pleine remise de Légion d’honneur ? Ce ne sont pas les suspects qui manquent, mais il s’agira quand même de mettre la main sur le bon.

Ma chronique :

Oui, j’ai déjà un article programmé ce jour. Mais j’ai besoin d’écrire. Le blues du chat, je l’ai lu le week-end dernier, et j’ai attendu pour rédiger mon avis. Mon actualité personnelle influence-t-elle mon jugement ? Peut-être. Il n’empêche : Ruru, le chat recueilli par la commissaire, est peut-être dépressif, mais c’est certainement une certaine catégorie de vétérinaire qui a trouvé le moyen de s’en mettre plein les poches pour des problèmes qui n’en sont pas réellement. Remontée, moi ? Oui, mais ce n’est pas contre l’autrice, elle ne fait qu’exposer un phénomène de société (spéciale dédicace à mon vétérinaire qui a passé beaucoup beaucoup de temps à soigner mes chats réellement malades).

Le commissaire Romano enquête, et doit gérer aussi un supérieur qui a des idées très arrêtées sur le management, et elle des idées très arrêtées sur les manières de contourner les choses. La mort du banquier en plein cocktail ? Le pauvre. Il meurt de la manière la pire qui soit pour quelqu’un qui souffre d’allergie : son traitement n’a pas fait effet, parce qu’on l’a remplacé par un placebo. Le pauvre. Non, ne pensons pas à toutes les personnes qu’il a ruinées, à son associé qui est parti en prison à sa place, à sa femme pas si heureuse que cela. Non, pensons à ce pauvre homme riche parti trop tôt et qu’il s’apprêtait à inonder le marché avec des fours solaires. L’écologie, c’est cool, surtout si cela rapporte et permet de redorer son blason très très terni.

Oui, j’ai passé un moment très agréable grâce au commissaire, à ses hommes, et à ce pauvre Ruru contraint de maigrir.