Salomé et les femmes de parole de Nathalie Charles

Présentation de l’éditeur :

Salomé entre en 6e, dans un tout nouveau collège. Rêveuse, amoureuse des mots grâce à sa mère traductrice, inventrice d’interviews imaginaires, elle est qualifiée d’« intello » par certains. Timide, elle sait réagir face à l’injustice. Sa grande rivale en classe est Capucine, déléguée et initiatrice de rumeurs. Bientôt, Salomé relève un défi : proposer un nom pour le collège. À cette fin, elle doit être parrainée par un professeur et faire un exposé devant ses pairs pour les convaincre de voter en sa faveur. Capucine se lance aussi dans ce défi. Quel personne célèbre va choisir Salomé ? Dans ce collège, parmi tous ses camarades, saura-t-elle trouver sa place ?

Merci aux éditions Rageot et à Netgalley pour leur confiance.

Mon avis :

Je pourrai presque vous faire une chronique lapidaire, qui tiendrait en quelques mots : bon roman de littérature jeunesse qui aborde la question de la place des femmes dans la société. je tâcherai de faire plus long.
Le roman d’entrée en 6e est un exercice de style, quasiment. Il peut être réussi, ou pas, selon que la personne connaît bien le milieu scolaire ou selon qu’elle verse dans la caricature. Heureusement, c’est la première option qui est la bonne ! Salomé découvre son nouvel univers, entre un frère aîné qui n’a pas du tout apprécié cet environnement – comme je le comprends – et des parents, une cousine un peu plus rassurants. Je note tout de même qu’un fait reste, comme à mon époque : les enfants n’aiment pas que leurs parents prennent rendez-vous avec leurs professeurs.
Oui, il n’est pas facile de trouver sa place dans un nouvel environnement scolaire. Il est encore moins facile d’être soi à un âge où certains veulent surtout passer inaperçu, se fondre dans le moule pour ressembler au plus grand nombre. Il est même des livres de littérature jeunesse pour encourager des adolescentes à ne pas s’affirmer : ce n’est pas le cas ici. Salomé a la chance d’avoir des parents (et une cousine) qui l’encouragent à s’affirmer, non à être une autre, mais à être réellement elle – vrai défi. Hier comme aujourd’hui, il n’est pourtant pas facile de se faire traiter d’intello, et de résister à la tentation de moins travailler, de faire baisser ses notes afin de passer plus inaperçu. Il ne l’est pas non plus de démonter le mécanisme qui fonde la mise à l ‘écart du prétendu « intello », ce qui est fait avec brio.
Au coeur de l’intrigue, trouver un nom pour le collège – et de montrer ainsi que les collèges, comme les rues, portent le plus souvent le nom d’homme. Ce n’est pas qu’il n’existe pas de femmes remarquables, c’est qu’elles ne sont pas suffisamment valorisées – dont acte.
Un regret : la brièveté du roman. J’attends la suite avec impatience.

 

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