Archive | 24 mai 2019

Mois espagnol en musique – Nilda Fernandez

C’est quand un artiste vous quitte que l’on se souvient des souvenirs qu’il nous a déjà laissé. Et qu’il serait bon, aussi, de penser aux artistes que l’on aime avant qu’ils meurent.

Nilda Fernandez était né à Barcelone, en 1957. Arrivé en France à l’âge de six ans, il a sorti son premier disque en 1981 mais c’est son album Nilda Fernandez paru en 1991 qui l’a vraiment fait connaître. Mon préféré reste Innu Nikamu paru en 1997.

En extrait, ce duo partagé voici un peu plus de trois ans avec Patrick Bruel.

 

Je ne suis pas un serial killer de Dan Wells

Présentation de l’éditeur :

John Wayne Cleaver est un jeune homme potentiellement dangereux. Très dangereux. Jugez-en plutôt : garçon renfermé, pour ne pas dire sociopathe, il vit au milieu des cadavres à la morgue locale, tenue par sa mère et sa tante, il a une certaine tendance à tuer les animaux et, depuis son plus jeune âge, il nourrit une véritable passion pour les tueurs en série. Ainsi, son destin semble tout tracé. Mais conscient de son cas, et pas spécialement excité à l’idée de devenir un serial killer, John a décidé d’en parler à un psy et de respecter quelques règles très précises. Ne nourrir que des pensées positives à l’égard de ses contemporains. Ne pas s’approcher des animaux. Éviter les scènes de crime. Ce dernier commandement va néanmoins devenir très difficile à suivre lorsqu’on retrouve autour de chez lui plusieurs corps atrocement mutilés. Y aurait-il plus dangereux encore que John dans cette petite ville tranquille ? Aurait-il enfin trouvé un adversaire à sa taille ?

Mon avis :

En cours de lecture, j’ai ressenti le besoin d’en savoir plus sur cet auteur, sur ce qui avait pu le pousser à écrire un tel livre, et à en faire une trilogie. Dans sa dédicace, il fait allusion à son frère Robison qui a été publié avant lui. Faut-il y voir une clef ? Non, une émulation, les deux frères ont participé au même groupe d’écriture et ont même édité ensemble un recueil – contrairement à ce que l’on m’a appris pendant mes études de lettres, je ne pense pas que l’on puisse dissocier totalement l’homme de l’oeuvre, je ne crois pas que ce soit une part inconsciente et inconnue qui écrive l’oeuvre.

Parlons-en, maintenant, de cette oeuvre. John Wayne Cleaver porte le nom d’un célèbre acteur. Il porte aussi le nom d’un tueur en série – mais là, ce n’était pas le but recherché. Il vit avec sa mère, la soeur jumelle de celle-ci, et, de temps en temps, sa soeur Lauren (comme Lauren Bacall, leur père était passionné de cinéma) fait son apparition à Clayton, ce trou paumé du Dakota du Nord dans lequel il ne se passe jamais rien. Son problème est simple : il sait qu’il a tout le potentiel pour devenir un tueur en série, et a mis en place des mécanismes pour ne pas succomber à ce qu’il ressent, des mécanismes qui lui permettent presque de passer pour un adolescent ordinaire. Certes, tout savoir sur presque tous les tueurs en série, avoir écrit de magnifiques dissertations sur eux n’aident pas vraiment à l’apaisement. C’est du moins l’avis de sa mère, qui le fait suivre par un psy, homme charmant au demeurant, même si je m’interroge sur la notion de secret professionnel. Ah, j’oubliai : John donne un coup de main à sa mère dans l’entreprise familiale, un funérarium. Oui, de quoi l’aider à gérer ses pulsions, quoi que l’on dise. L’entreprise n’allait pas très très bien – la preuve, sa mère était dans l’impossibilité d’embaucher du personnel. Seulement, un meurtre a été commis, puis un autre, et encore un autre. Je n’irai pas jusqu’à dire que le rêve de John se réalise, mais presque : un serial killer a débarqué en ville.

Alors oui, John se passionne pour le sujet, parce que les victimes le touchent parfois de très près. Lui qui tente de mener une vie qui semble aux yeux des autres la plus normale possible est en passe de voir ses efforts ruinés. Cette passion ne plait pas à tout le monde, son attitude face aux morts et aux mutilations subies encore moins. Ce roman m’a interrogée sur ce que l’on nomme l’humanité, sur ce qui nous définit en tant qu’être humain. Il nous donne à voir de l’intérieur un être qui n’arrive pas à éprouver des émotions pour autrui, qui ne se sent à l’aise qu’avec les morts. Il nous montre aussi, en un basculement, le ressenti du tueur, ses faiblesses, qui ne sont pas forcément celles que l’on pourrait trouver dans un film  ou un roman qui voit les serial killer uniquement comme des machines à tuer. Certes, ici aussi, il est question de tout faire pour les empêcher de nuire, mais pas que. Oui, je parle de « basculement », et je ne veux pas indiquer de quoi il s’agit, parce que cela nous fait réellement sortir du cadre du thriller pur et dur.

J’ai enchaîné avec la lecture des deux autres tomes.