Archive | 6 mai 2019

Le faucon maltais de Dashiell Hammett

p. 489-p. 622

Mon avis :

C’est un classique. Faut-il le préciser ? Joe Gores a d’ailleurs écrit un pré-quel, Spade et Archer, qui invente un passé aux deux personnages.

« Vous ne pensez pas que je sois malfaisant. Vous me prenez juste pour un abruti », p. 619. Spade, c’est le privé par excellente – cynique, surtout en ce qui concerne les femmes, enfin, quand il parvient à les comprendre, parce que les blanches colombes peuvent s’attacher à leur patron.
Le faucon maltais, c’est l’histoire d’une statuette, dont on parle beaucoup, mais que l’on ne voit pas. C’est l’histoire d’une obsession pour cet oiseau, cette légende née dans le passé, fantasme des professeurs d’histoire et des collectionneurs. Le faucon maltais, c’est aussi une histoire de femme : Effie, la secrétaire fidèle, Brigid, l’irlandaise mystérieuse, Iva Archer, la femme mariée fatale. En fait, à part Effie, toutes méritent le titre de femme fatale, pour des raisons différentes. A Brigid, personne ne résiste, ou presque.
En fait, l’oeuvre comporte plus de personnages invisibles, c’est à dire de personnages dont on parle, dont on commente les actions, que de personnages visibles, agissants. Le premier de la liste, c’est Miles Archer, dont l’ombre va planer sur tout le roman. Il n’était pas doué, nous dit Sam, du moins jusqu’à un certain point. Et ce sont ses compétences, et le fait qu’il soit l’associé de Spade, qui le détermine à aller au bout de l’enquête : comment devenir un détective réputé si l’on n’est même pas fichu de trouver l’assassin de son associé ? Si sa femme, Iva, est bien réelle, pour ne pas dire encombrante, son frère Phil a beau s’activer dans l’ombre, il n’apparaît pas réellement dans le récit, si ce n’est en filigrane. Je n’ai garde d’oublier le premier possesseur du faucon Maltais, la mère d’Effie, qui ne pense pas beaucoup de bien de Spade, ou encore Jacobi, le capitaine. Certes, nous le croisons bien vivant, mais pas pour très longtemps.
Avant de refermer cette avis, une dernière citation : « Troisièmement, je suis détective et me demander de traquer des criminels pour les laisser filer après, c’est comme demander à un chien de chasse d’attraper un lapin et de le relâcher ».