Archive | 5 mai 2019

Sudestada de Juan Saenz Valiente

Présentation :

Georges est un détective peu scrupuleux. Il a un sale caractère, il n’est pas aimable. Les affaires matrimoniales, il en a soupé. Il n’est pas payé pour faire du social.
Quand le mari de la célèbre chorégraphe Elvira Puente débarque dans son cabinet, persuadé qu’elle a un amant, Georges est loin de se douter que cette enième filature va bouleverser sa vie…

Mon avis :

J’ai découvert cette bande dessinée argentine au détour du prix SNCF du polar et c’est avec étonnement que j’ai parcouru ce livre. Oui, étonnement, parce que la couverture semble nous entraîner vers quelque chose, et la lecture nous entraîne bien loin de ce que je pouvais croire.

Georges est détective privé vieillissant. Il en a assez de son travail, de ses missions, de ses planques, de ses petites enquêtes, notamment pour ses patrons qui veulent s’assurer que leurs futures employées ne leur mentent pas. Ce jour, il doit enquêter sur Elvira Puente, à la demande de son mari, qui soupçonne la chorégraphe de la tromper. Alors, oui, il fait son travail, mais surtout, il découvre le travail d’Elvira, son travail sur les corps, ces corps de danseurs, les corps vieillissants aussi. Presque pour la première fois, Georges s’intéresse réellement à la personne qu’il file, à la personnalité de celle-ci, au point de découvrir autant sur elle, sur ses proches que sur lui-même.

Peu de textes dans cette bande dessinée, les mots prononcés porteront d’autant plus. Les images elles-mêmes nous parlent, elles qui nous montrent parfaitement l’imperfection des corps et leur liberté, tout imparfait fussent-ils. Elle nous parle aussi d’amour, du temps qui passe, des secrets de famille que l’on pressent et qui empêche, littéralement, d’avancer, et de bien d’autres choses encore.

Ce sera ma première lecture de bande dessinée pour le mois espagnol et sud-américain.

Choucroute maudite de Rita Falk

Présentation de l’éditeur :

Bienvenue dans le village de Niederkaltenkirchen, Bavière, pour une comédie policière haute en couleur. Le commissaire Franz Eberhofer, viré de Munich pour raisons disciplinaires, se la coulait douce dans sa bourgade natale : les patrouilles finissaient invariablement devant une bière chez Wolfi, en promenade avec Louis II – son chien –, dans la boucherie de son copain Simmerl ou à table avec sa mémé sourde comme un pot. Ça, c’était jusqu’à ce que les membres de la famille Neuhofer claquent l’un après l’autre, avec la mère retrouvée pendue dans les bois, le père électricien électrocuté, et le fils aîné aplati façon crêpe sous le poids d’un conteneur. Ne reste plus que Hans, le fils cadet.
L’enquête s’annonce déprimante. Mieux vaut prendre des forces et avaler consciencieusement les robustes charcuteries locales.

Mon avis :

Le fin fond de la campagne bavaroise, il n’y a que cela de vrai, du moins, pour le commissaire Eberhofer. A la suite d’un léger souci professionnel – très léger – il a été décidé de le mettre au vert. Enfin, disons qu’à ce stade, ce n’est plus du vert, mais le désert vert. Les choses ont été bien faites : à Niederkaltenkirchen, vit aussi la famille du commissaire. Son père, d’abord, est un fan absolu des Beatles ce qui rend la cohabitation avec son rejeton un peu délicate. Sa mémé, sourde, est une excellente cuisinière et il en profite largement. Elle est aussi une inconditionnelle des promotions en tout genre – comment lui faire plaisir ? une promo ! Reste Leopold, frère aîné du commissaire, fils chéri de la famille, mariée à une belle roumaine – vive l’union européenne.

Il ne se passe jamais rien, dans ce patelin, au point que pour occuper le commissaire, on va presque le renvoyer à la circulation, avec des conséquences inattendues et drôles. Il faut dire que le commissaire, que l’on aurait tendance à qualifier trop vite de danger public, est très soucieux de la sécurité de ses semblables, et de sa capacité à enquiquiner ceux qui veulent le contraindre à faire quelque chose qu’il n’a pas envie de faire. Ah, si, pardon, quatre décès successifs ont eu lieu, quatre décès dans une même famille. Non, ce ne sont pas des meurtres, pas du tout, ce sont des accidents et un suicide. Il est vraiment des familles qui sont frappés par le sort.

Ce n’est pas l’enquête qui est l’intérêt principal de ce livre, c’est la personnalité d’Eberhofer, qui décide d’enquêter à sa manière, et pas tout le temps, pour faire toute la lumière sur es étranges coïncidences et sur les profits certains que certains en ont tiré. Oui, le commissaire est parfois bien plus préoccupé par sa vie sentimentale à laquelle il tente de donner un semblant d’existence que de tout savoir sur ses meurtres qui ne préoccupent plus grand monde – puisque la famille Neuhofer n’existe plus du tout. Sa non-enquête l’emmène pourtant très loin – heureusement qu’il n’était pas seul sur le coup et que certains coupables ont tous les défauts des méchants de série B. L’on est un polar humoristique et culinaire ou on ne l’est pas. La preuve : les recettes nous sont données à la fin du livre.

 

L’abbaye blanche de Laurent Malot

Présentation de l’éditeur :

Meurtres, amour et conspiration : une recette de la manipulation.
À Nantua, dans le Jura, Mathieu Gange élève seul sa fille de six ans. Sa femme a disparu depuis plusieurs mois sans donner d’explication. Flic intègre, il fait ce qu’il peut pour assurer sa mission, quand soudain la violence s’abat sur ce coin du monde où il ne se passe presque jamais rien.
Deux hommes sans lien apparent sont assassinés coup sur coup, puis on retrouve un cadavre mutilé dans la forêt. À mesure qu’il démêle les fils, Gange est entraîné dans une enquête dont les enjeux le dépassent. Notables véreux, secte, affaire d’État : le cocktail est explosif. Mais Gange ne peut pas renoncer. La disparition de sa femme n’est peut-être pas innocente…

Mon avis :

Ce livre était au fond de ma PAL depuis un certain temps, et le mois du polar m’avait permis de l’en tirer.

Nous sommes dans le Jura, une région calme, très calme. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’il ne s’y passe jamais rien, mis à part un vol de vélo, mais presque. Cependant, un homme est assassiné, puis un autre, et l’on retrouvé un troisième homme torturé et assassiné dans la forêt.

Seulement, j’ai lu ce livre depuis trois mois, les deux paragraphes ci-dessus datent de cette époque, et en dépit de mon excellente mémoire, je n’en ai pas gardé un souvenir immense – la preuve, puisque déjà je « bloquais » en février. J’ai fait le choix (après tout, je veux toujours être « juste » dans ce que je rédige) de ne pas feuilleter le livre de nouveaux, ou chercher de quelconques notes – parce que les livres qui m’ont vraiment marqué, je peux encore en parler des années après.

Ce que je me souviens ? Un enquêteur, un de plus, qui a des soucis de couple, sa femme est partie, lui laissant leur fille, qui ne comprend pas pourquoi sa mère est partie en coupant tout contact. Une de plus. Soit je lis vraiment beaucoup, soit cette thématique est vraiment très courante. Du coup, la disparition de sa femme lui fait un tout petit peu s’écarter de certaines pistes – pour ne pas dire que ses obsessions le font merdoyer un peu. Bref, un récit policier dans lequel la vie personnel de l’enquêteur parasite un peu l’enquête. Oui, elle est résolue, mais ayant pris connaissance de l’existence d’un tome 2, et ayant lu son résumé, je me dis que je ne retrouverai pas certains personnages aimés dans le 1 – ce qui ne m’empêchera pas de la sortir de ma PAL en son temps.