Tangerine par Christine Mangan

Présentation de l’éditeur :

Tanger, 1956. Alice Shipley n’y arrive pas.
Cette violence palpable, ces rues surpeuplées, cette chaleur constante  : à croire que la ville la rejette, lui veut du mal.
L’arrivée de son ancienne colocataire, Lucy, transforme son quotidien mortifère. Ses journées ne se résument plus à attendre le retour de son mari, John. Son amie lui donne la force d’affronter la ville, de sortir de son isolement.
Puis advient ce glissement, lent, insidieux. La joie des retrouvailles fait place à une sensation d’étouffement, à la certitude d’être observée. La bienveillance de Lucy, sa propre lucidité, tout semble soudain si fragile… surtout quand John disparaît.
Avec une Tanger envoûtante et sombre comme toile de fond, des personnages obsessionnels apprennent à leurs dépens la définition du mot doute.

Mon avis :

Je tiens à remercier Harper Collins France et Netgalley pour m’avoir donné l’occasion de découvrir ce roman.
Là, c’était la partie facile de la rédaction de l’avis. En effet, je n’ai pas du tout aimé ce livre.
Vous me répondrez que Joyce Carol Oates a beaucoup aimé ce livre, cela est précisé sur la couverture.
J’ai le droit de ne pas aimer les mêmes oeuvres que Joyce Carol Oates. J’ai le droit aussi de penser qu’un argument d’autorité n’est pas forcé de me convaincre et que je peux aussi dire ce que je pense, sinon, à quoi bon ?
L’action se passe à Tanger, en 1956 – cette ville apparaît presque hostile puisqu’Alice, la narratrice ne sort pas de sa chambre, se refusant à tout, y compris à faire les courses. Seul son mari, John est en contact, est son contact avec le monde extérieur. La faute de John, semble-t-il, qui a choisi pour leur couple une autre existence que celle de tous les autres couples d’expatriés. A vrai dire, on ne les croise pas beaucoup, on entend juste vaguement parler de Charlie, qui travaille avec John, travail dont finalement on ne saura pas grand chose non plus. Ou alors, je n’ai vraiment pas été attentive lors de ma lecture.
Arrive alors la seconde narratrice, Lucy, issue du passé d’Alice. Elles ont fait leurs études ensemble, dans le Vermont, elles étaient inséparables, unies pendant quatre ans par leur ressemblance, par leur goût commun, par leur isolement aussi : Alice est orpheline, sous la tutelle de sa tante, tout comme Lucy. L’histoire de leur passé, tout comme de leur présent, nous est raconté selon leur point de vue superposé, selon leur subjectivité également, dans la presque indifférence de ceux qui les entourent. A la différence d’Alice, Lucy s’approprie la ville, son présent comme son passé, elle passe outre les moqueries et les humiliations de John – elle n’appartient pas véritablement à leur monde, elle a donc nettement plus de « ressources » – quelles que soient les choses que l’on cache sous ce mot.
Il est beaucoup question dans ce livre de manipulation, de dépendance (financière, affective) et de passivité : les mots ne suffisent pas, les mots sont menteurs, et certains sont incapables de véritablement agir.
Bref, Tangerine fut pour moi une rencontre ratée.

2 réflexions sur “Tangerine par Christine Mangan

    • Oui, et ce n’est pas à la hauteur du « racolage ». Mais, à de rares exception près, tout le monde adore. D’ailleurs, j’ai commencé un roman de Victor Del Arbol dont une partie se passe à Tanger, et les 75 premières pages sont bien plus prometteuses !

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