Archive | 15 avril 2019

La Punition qu’elle mérite par Elizabeth George

Présentation de l’éditeur :

Ludlow, bucolique bourgade du Shropshire, tombe dans l’effroi lorsque le très apprécié diacre Ian Druitt est accusé de pédophilie. Placé en garde à vue, le suspect est retrouvé mort, pendu. La commissaire Isabelle Ardery, qui a été dépêchée sur les lieux depuis Londres et qui se débat avec ses problèmes d’alcool, a bien envie de classer l’affaire en suicide. Mais c’est sans compter la sagacité du sergent Barbara Havers. Coachée à distance par l’inspecteur Thomas Lynley, la Londonienne gaffeuse et accro à la nicotine flaire le pot aux roses : et s’il ne s’agissait pas d’un suicide ? N’en déplaise à Isabelle Ardery, Lynley et Havers vont reformer leur duo de choc pour observer de plus près la vie de cette petite ville qui semblait si paisible. Car, derrière leurs allures de gentils retraités ou d’étudiants fêtards, les habitants de Ludlow ont tous quelque chose à cacher…

Merci à Netgalley et aux éditions Presse de la cité pour ce partenariat.

Mon avis :

Quatorze ans. Oui, quatorze ans que je n’ai pas lu un roman d’Elizabeth George : je le sais, je travaillais encore dans mon ancien collège quand je l’ai lu ! Ce sont donc des retrouvailles avec des personnages que je n’ai pas vu depuis longtemps.
Il s’en est passé, des événements, dans leur vie. Barbara Havers, toujours aussi brut de décoffrage, est à deux doigts de se faire muter au fin fond de l’Angleterre après sa dernière insubordination en date – respecter les ordres, si cela ne permet pas de faire progresser les règles, très peu pour elle. Cette nouvelle affaire sera donc l’occasion pour elle de prouver qu’elle est capable de rester dans les clous. Malheureusement pour elle, ce n’est pas Linley qui l’accompagne dans sa mission, mais Isabelle Ardery. La commissaire ne peut pas sentir Havers. Elle est de plus empêtrée dans ses problèmes personnels, et ne rêve que d’une chose pour sa vie professionnelle : réussir à faire muter Barbara le plus loin possible, avec Linley si possible.
Leur mission est quasiment une enquête pour ce qu’en France nous nommerions les boeufs carottes : un homme s’est suicidé dans sa cellule après avoir été accusé de pédophilie. Son père ne peut croire qu’il s’est suicidé, lui qui était croyant et respecté dans son église. Bien sûr, vous me direz que tous les pères croient leur fils innocent. Cependant, certains petits faits gênent Barbara, pas pour l’enquête de pédophilie – les deux femmes n’en sont pas chargées – mais au sujet de la procédure qui a conduit Ian Druitt en prison. La manière d’agir de certains témoins est particulièrement étonnante, certains se livrent sans problème, d’autres ont recours à des chemins de traverse assez étonnants.
L’enquête est assez longue à se mettre en place, et il faut vraiment s’accrocher pendant le premier quart du roman pour poursuivre sa lecture. Nous sommes au fin fond de l’Angleterre, nous découvrons, finalement, la vie quotidienne de ses personnes loin de la capitale. Nous découvrons aussi un fait qui remet tout ou presque en cause. Fin de la première partie, et début de la véritable enquête, si j’ose dire, avec cette fois-ci Linley et Havers au commande.
La réussite de leur mission provient de leur parfaite connaissance l’un de l’autre – ce qui, si vous vous souvenez du premier tome de leurs aventures, n’était franchement pas gagné. De leur parfaite connivence aussi : ils sont capables de jouer un parfait duo, sachant parfaitement leur rôle respectif, capable de monter un interrogatoire, presque une scène de théâtre, dans le but d’amener le témoin là où ils souhaitent l’amener. Leur but est simple, finalement : la justice et la vérité. Pas si facile, quand certaines personnes font tout pour que l’on n’y arrive pas.
En effet, si l’on réfléchit bien, quoi de plus révoltant qu’une accusation de pédophilie chez un homme qui travaillait au contact des enfants ? Sauf qu’aucune enquête n’a été réellement mené et que tous les parents d’enfants contactés disent à quel point tout allait bien, à quel point les conseils donnés étaient utiles. Oui, je spoile un peu, mais Ian Druitt était un hyperactif du dévouement à autrui, impliqué dans de multiples associations, y compris la très peu religieuse stérilisation des chats errants, une personne qui n’en contactait une autre que parce qu’elle avait un lien avec l’une ou l’autre de ses associations. Alors ???
Il est question, aussi, du lien parent/enfant, parce que nous allons en croiser, des familles dysfonctionnelles, dans ce roman. Pour reprendre, en la modifiant un peu, une phrase que j’ai entendue un jour, ce n’est pas ce qu’ils font qui est le pire, c’est ce qu’on les croit capable de faire. A ce sujet, ma préférence va vers le jeune Finn, soutien inconditionnel post-mortem de Ian Druitt, au look de rebelle improbable, amateur de boissons fortes, nanti d’une mère ayant un poste à responsabilité dans la police et d’un père… et bien disons qu’il est toujours très amoureux, et très dépendant de sa femme.
Un roman très intéressant, pour ceux qui ont la patience de lire un pavé de 672 pages.

15 avril 2010 à 13 h 38 – naissance de mon blog

J’en avais le sentiment confus : j’ai commencé à bloguer le 15 avril 2010, le premier article a été publié à 13 h 38. IL fut suivi de deux autres : à 17 h 16 et 17 h 36. Coïncidence ? Trois articles, en comptant celui-ci, seront aussi publiés aujourd’hui.

Voici neuf ans, j’étais au 36e dessous, et je ne pensais pas que mon blog durerait plus de deux mois. Si j’ai changé de plateforme depuis, force est de reconnaître que je blogue toujours et que je n’oublie pas ce qui m’a poussée à ouvrir ce blog voici neuf ans.

Dresser un bilan ? Pas vraiment, pas envie, si ce n’est que j’essaie de rester fidèle à ce que je suis, de ne pas écrire quelque chose que je ne penserai pas (évident, non ?) et de ne pas regretter non d’avoir écrit un article, mais de ne pas en avoir écrit un.

Pour les un an du blog, je postai une photo d’Espéranza et de ses chatons. Vous pouvez reconnaître, entre ses deux frères roux,

Annunziata, fille unique d’Espéranza. Je vous propose donc une photo prise ce matin d’Annunziata :

Bonne journée à tous !

Quand on n’a que l’amour par Nick Alexander

Mon avis :

On parle souvent de « zone de confort », pour dire qu’il faut en sortir. En lisant ce roman sentimental, peut-on dire que j’en suis sortie ? Oui. Peut-on dire que j’ai apprécié ce que j’ai lu ? Non.
J’ai aimé… le contexte historique. Les années Thatcher, ces années de révolte, de grève, mais ces années où les réformes sont passées en force. Et maintenant, le Brexit – les anglais ont voté, et même les anti-Brexit s’inclinent, ne manifestant pas, ou peu – il faut que Sean amène sa fille à une manifestation, parce que cette trentenaire n’avait jamais manifesté de sa vie. Il n’est jamais trop tard pour se bouger – ou pas.
Je n’ai pas aimé le personnage de Catherine, qui par-delà sa mort, récrit son histoire et celle de son mari, lui révélant des choses qu’elle aurait pu dire plus tôt ou garder pour elle. Dire ses secrets post-mortem, un classique depuis au moins César de Marcel Pagnol. Après… Catherine a voulu que son mari soit heureux après elle, elle a voulu qu’il ne l’idéalise pas. Je pourrai presque dire « mission parfaitement accomplie ». C’est aussi l’occasion de se pencher sur les personnes qui ont croisé leur route … pour en prendre une autre après.
Il est question de transmission aussi, de ce qu’on laisse ou non à ses enfants. Sean a grandi dans un milieu bourgeois très corseté, Catherine dans un milieu ouvrier, chaleureux et plutôt déjanté : on reconnait bien les moeurs d’une époque : combien de jeunes hommes aisés sont allés s’amuser avec des filles « du peuple », pour ensuite se caser « comme il faut » ? Beaucoup. Sean est une exception.
Un roman qui n’était pas pour moi.
Merci à Netgalley et aux édtions Amazon Publishing pour ce partenariat.