Archive | 13 avril 2019

Haut le choeur de Gaëlle Perrin-Guillet

Présentation de l’éditeur :

« Quand je sortirai, tu seras la première prévenue… Je saurai te retrouver ». Depuis qu’Eloane Frezet, la tueuse en série la plus abjecte de ces dernières années, a prononcé ces mots, Alix Flament vit dans l’angoisse que la criminelle sanguinaire s’évade de prison… Alors, quand la journaliste reçoit un coup de téléphone d’Eloane en pleine nuit, elle comprend que la meurtrière va honorer sa promesse… Une promesse de sang.

Merci à Joël, des éditions Taurnada, pour sa confiance.

Mon avis :

Que se passe-t-il après ? Après que le tueur a été jugé et condamné ? En l’occurrence, il s’agit d’une tueuse. Elle se nomme Eloane Frezet, elle est une femme tueuse en série, cas rare, et elle purge sa peine de prison depuis six ans. Eloane a fasciné, une journaliste, Alix Flament  lui a même consacré un livre, basé sur leurs entretiens.

A force d’être gavé de séries télévisées mettant en scène des « psychopathes », l’on en oublie la véritable définition de ce mot. Oui, Eloane était parfaitement intégrée socialement, on peut même dire qu’elle menait une vie ordinaire. Il suffit d’une rencontre. Il suffit aussi de « sortir de sa zone de confort ». Oui, l’on ne saura pas dans le roman ce qui a poussé cette infirmière, au seuil de la trentaine, à vouloir travailler dans une prison, sortir de sa zone de confort n’est qu’une idée de ma part – presque une formule toute faite, un peu comme qualifier de « psychopathe » tout tueur.

Retourner aux origines, une base que l’on oublie souvent. Penser qu’avant Eloane, il y avait le tueur dont elle veut poursuivre l’oeuvre. Il a été un enfant invisible. Il a été un homme que l’on ne voyait pas vraiment, qui vivait là, à côté des autres et non avec les autres. Un homme qui semblait inoffensif. Un homme que l’on oublie un peu au cours de cette enquête parce qu’il est mort, de mort naturelle – pas de violence, pas d’évasion spectaculaire – et parce que ses motivations n’ont jamais été comprises. Enfin, si, elles l’ont été par Eloane, par elle seule, ce qui reste totalement opaque pour les enquêteurs.

Et l’après, me direz-vous ? L’après, c’est une route semée de violence après l’évasion d’Eloane, qui se plaît à semer des indices, difficiles à interpréter, pour le lecteur, pour la police, pour Alix aussi, qui se retrouve au coeur de l’enquête avec son mari, légiste de son état. Ce n’est pas faute d’enquêter, ce n’est pas faute de se replonger dans le passé – rien n’est facile au cours de cette intrigue menée tambour battant. Je me suis littéralement laissée emportée par cette course contre la montre pour qu’Eloane ne termine pas ce qu’elle a continué.

Un roman policier prenant.

Et une dédicace, à notre chef de choeur.

 

Homer Pym et le garçon du film d’Anne Plichota et Cendrine Wolf

Présentation de l’éditeur :

Voilà cinq ans que le père d’Homer Pym a disparu, en plein tournage d’un film sur les voyages mythiques d’Ulysse. Même la police a renoncé à le chercher. Le jour de ses douze ans, Homer reçoit en cadeau Bibi Two, une gerbille très spéciale qui le conduit dans un monde parallèle, peuplé d’êtres extraordinaires. Le garçon découvre alors l’impensable : son père est prisonnier du film qu’il a créé ! Homer et ses meilleurs amis, Lylou et Sacha, vont devoir faire preuve de ruse et de courage pour libérer M. Pym. D’autant qu’il n’est pas le seul à être bloqué dans le mauvais monde… Amitié, dangers, suspense, phénomènes étranges… L’aventure n’a pas fini de surprendre Homer et sa bande !

Merci aux éditions Hachette et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

Je commence mon avis par un fait simple : dans ce livre, les deux romancières s’adressent à des lecteurs un peu plus jeunes que pour leurs séries habituelles, Oska Pollock, Tugdual ou 5/5. Après les banalités, passons à l’originalité : Homer est un collégien tout ce qu’il y a de plus normal, il a des amis, un animal de compagnie, il s’ennuie parfois au collège. Seulement, son père, cinéaste, a disparu depuis cinq ans, et depuis, sa mère se noie littéralement dans le travail, et laisse sa jeune soeur prendre le relais et s’occuper de son neveu préféré.
Mais, et le mais est énorme, un nouvel événement bouleverse sa vie, levant un pan de la disparition de son père, le plongeant dans un monde mythologique. En effet, nous connaissons presque tous, même vaguement, Ulysse et son Odyssée. Connaissons-nous tous les détails ? Mieux : savons-nous ce qu’il devint à son retour d’Ithaque ? Oui, si l’on a poursuivi sa découverte du mythe en dehors de l’oeuvre d’Homère, il est très rare de le faire.
C’est dans ce monde parallèle que se situe la clef de la disparition de son père. Se pose aussi le problème de la création de personnages dans une oeuvre : que se passe-t-il quand ceux-ci se retrouvent projetés dans le monde dit « réel » ? Vaste question, à laquelle l’intrigue mouvementée tente d’apporter des réponses. Oui, Homer est un tout jeune adolescent, et il est bien moins libre que d’autres héros pour mener sa quête à bien. Il a certes des alliés, dont une gerbille qui s’exprime en vers, et qui cache très certainement sa véritable identité – comme d’autres.
En dépit de la gravité qui point à l’horizon – l’un des personnages n’est-il pas interné depuis cinq ans – le récit réserve des plages d’humour et d’aventures pures. Oui, un braquage peut être fort drôle, même si ce n’est pas pour tout le monde.
Une réécriture du mythe d’Ulysse à découvrir – l’Antiquité inspire toujours, et pas seulement Rick Riordan.