Lune d’automne par Clarissa Goenawan

Présentation de l’éditeur :

Japon, 1994. Par une nuit pluvieuse, Keiko Ishida est poignardée à plusieurs reprises et abandonnée sur l’asphalte. Pour Ren, le frère qu’elle a élevé et aimé comme une mère, sa mort est une catastrophe incompréhensible. Avide d’explications, il quitte aussitôt sa ville pour celle de sa sœur, emménage dans son appartement et accepte le poste de professeur qu’elle occupait. Mais plus Ren essaie de se rapprocher de Keiko, plus celle-ci lui échappe. Qui était-elle réellement?
Hanté par des rêves et des réminiscences étranges, troublé par l’une de ses élèves, Ren entame sans le savoir un voyage intérieur qui mettra au jour de douloureux secrets.

Mon avis :

Ce que j’aime chez la maison d’édition Les escales, c’est sa capacité à publier des romans singuliers. Lune d’automne ne fait pas exception.
Ren aimait sa soeur aînée Keiko. Pourtant, elle avait choisi de partir loin de sa famille, de devenir professeur loin d’eux. Ren et Keiko ne se voyaient pas, mais se téléphonaient régulièrement. Dans une société aussi traditionaliste que le Japon, son choix de vie ne laisse pas de surprendre. Son assassinat choque, forcément. Ren veut comprendre ce qui est arrivé à sa soeur. Il veut comprendre qui était sa soeur, aussi se met-il quasiment dans ses pas : il loge là où elle logeait, il reprend le métier qu’elle exerçait, il rencontre un de ses amis dont la fille, qui est so élève (et par extension, était celle de sa soeur) le trouble.
Ce n’est pas qu’il lui est difficile d’enquêter, c’est que les codes de la société japonaise sont tels que simplement questionner les autres pour en savoir plus sur sa soeur, lui qui se rend compte qu’il ne sait quasiment rien sur elle, sa vie, ses amours, ses espoirs est tout sauf évident. Aussi prend-on avec lui des chemins de traverse, nous plongeons-nous dans ses souvenirs, dans ceux de ses propres amours pour en arriver à comprendre qui est Ren, et qui était Keiko.
La pression sociale est immense, sur les hommes, et surtout sur les femmes – encore et toujours ai-je envie de dire. Ce poids est inimaginable vu de France. Il cache un tabou encore plus grand : l’incapacité à aimer son enfant.
Le silence recouvre le récit, cette incapacité à parler, à dire, à échanger parce que dire ce que l’on ressent vraiment, voir ce qui se passe vraiment semble aussi inimaginable. Ren est celui qui dit, celui qui force à dire aussi, comme un révélateur qui, presque à l’usure, force les autres à prendre conscience de ce qu’ils ressentent, de ce qu’ils ont fait, vraiment.
Reste Keiko, qui reste toujours dans ses pensées, même à la fin du récit, comme un guide pour… Ne pas faire les mêmes erreurs qu’elle ? Exprimer ses sentiments, enfin ? Ren, dans ce récrit rétrospectif – il nous montre le devenir d’un de ses amis quelques années plus tard – semble parfois incroyablement seul, avec une vie parsemée de quelques courtes idylles, pour ne pas dire étreintes, qui ne sont pas restées dans sa vie. La fin offre, sinon l’apaisement, du moins un pas vers plus de quiétude.
Lune d’automne, un livre au goût tendre et amer.

Merci à Netgalley et aux éditions Les escales pour ce partenariat.

2 réflexions sur “Lune d’automne par Clarissa Goenawan

  1. Un livre avec des personnages japonais, ça m’intéresse – même si l’auteur est de Singapour. Mais ce qui me retient plus, pour le coup, c’est la maison d’édition – j’ai souvent (trop souvent) été déçue…

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